On appelle souche ou rhizôme (4) les tiges souterraines
(1) De pièæ, racine.
ÉLÉMENTAIRE. à À
de certaines plantes vivaces qui, courant sous terre, poussent de leur extrémité antérieure de nouvelles feuilles et de nouvelles fleurs, à mesure que leur extrémité postérieure se déiruit. Tel est ce qu'on nomme ordinairement racine dans l’éris flambe de nos jardins et dans le muguet qui embaume nos bois ombragés. On voit par là qu’un grand nombre de plantes appelées ordinairement acaules (4), c’est-à-dire sans tige, comme Ja pâquerette, Ja violette odorante, ont sous terre une véritable tige plus ou moins développée. Ce qu’on nomme la hampe est alors en réalité un pédoncule.
39. Le bulbe (2) ou oignon est une tige souterraine arrondie en bas, plus ou moins conique en haut (fig. 11, 12). De sa partie inférieure naissent des racines, et du milieu de ses écailles ou tuniques s’élance le rameau qui porte les fleurs, véritable pédoncule auquel on donne improprement le nom de tige.
Quelques auteurs regardent le bulbe comme un bourgeon souterrain : alors les pellicules ou bases des anciennes feuilles en forment les écailles ou tuniques; le plateau qui les soutient est la tige souterraine, et les filaments qui en descendent sont les racines, La jacinthe, le porreau ont des bulbes à tunique (fig. 41); le Lis blanc, un bulbe à écailles (fig. 12). On ne trouve de bulbes que dans les monocotylédones.
40. Enfin, le tubercule (3), dont on à un exemple si familier dans la pomme de terre, est aussi une tige souterraine, courte, renflée, et ordinairement assez irrégulière. Il diffère du bulbe en ce qu’il n’est jamais formé de tuniques ni d'écailles, mais d’une masse charnue et continue, enveloppée d’un épiderme ; en ce que les racines ne partent pas toutes ensemble d'un point commun, mais naissent sans aucun ordre déterminé sur toute sa surface; et, enfin, en ce que sur divers points de celle-ci sont répandus des bourgeons appelés yeux, qui produisent des rameaux portant des feuilles et des fleurs. Ce sont
(1) D'u, sans, el caulis. tige. — (2) De bulbus, oignon, — (3) De tuber, trufle.
15 BOTANIQUE ces yeux qui permettent de partager les pommes de terre en plusieurs morceaux quand on les plante.
A. Anciennement, on nommait le bulbe et le tubercule racines bulbeuses, racines tubéreuses; mais cette manière de parler est évidemment inexacte, puisqu'il est facile de constater que le bulbe et le tubercule verdissent par l'action de la lumière. On ne peut plus donner ces noms qu'à certaines racines charnues, qui, comme celles des orchis (fig. 10), des dahlias (fig. 9), ne sont, à proprement parler, ni des tubereules, ni des bulbes.
42. De ces humbles tiges souterraines au séipe magnifique du palmier et au fronc gigantesque du peuplier et du sapin la distance paraît énorme, et pourtant leur mode de développenent est tout à fait identique. C’est dans ces tiges colossales qui portent jusqu'aux nues leur couronne majestueuse, et sem-
,blent défier les siècles et les vents, qu'il convient le mieux d'étudier le mode de croissance des végétaux.
QUESTIONNAIRE
@est-ce que la tige ?— Quels sont ses caractères distinctifs? — Qu'entend-on par souche, par bulbe et par tubercule ? — Pourquoi ne sontils pas des racines ?