‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 39 sur 322 · À. CALICE · texte numérisé non relu

À. CALICE

120. La forme du calice explique son nom. Cest l’enveioppe immédiate et particulière d’une fleur complète (fig. 102, 103, 106, 107). Il est régulièrement de couleur verte et de nature foliacée; quand il est coloré autrement qu’en vert, on l'indique toujours dans les descriptions.

121. D'après les anatomistes, le calice fait suite à l’écorce du pédoncule, et n’en est que le développement. Or, comme, toutes les fois que les étamines et le carpelle n’ont qu’une seule enveloppe florale, elle fait suite à l'écorce du pédoncule, on est obligé de dire, dans la rigueur du langage scientifique , que Fenveloppe florale simple est toujours un calice, quelle que soit sa couleur. Voilà pourquoi toutes les monocotylédones

ÉLÉMENTAIRE. DJ n’ont en réalité qu'un calice et point de corolle, parce que leur enveloppe: florale est toujours unique. Iest: bien vrai que dansun: grand nombre des plantes de cette classe, comme le dis (fig:.4108), les six pièces de l'enveloppe: paraissent disposées sur deux rangs, en sorte que trois semblent plus intérieures et trois plus extérieures; quelquefois même celles-ci sont vertes et celles-là colorées, de manière à représenter un calice-et une corolle, comme dans l'éphémére de Virginie de nos jardins, dans la sagittaire de nos marais; mais ce n’est ià qu'une apparence : en examinant attentivement les six pièces de l'enveloppe florale, il est facile de se convaincre que, quoique disposées sur deux rangs, elles n’ont cependant qu'un seul point d’origine commun, et se continuent manifestement toutes les six: avec la partie la plus extérieure du pédoncule. Elles ne forment done véritablement qu'un seul #t même organe, qui-est le calice. Pour éviter toute confusion, nous nommerons périanthe (1) l'enveloppe florale, toutes les fois qu'elle sera simple, en l'appelant calicinal, quand ce périanthe sera vert, et pétaloidal, quand il sera coloré.

122. Le calice est toujours regardé comme formé de plusieurs pièces, tantôt sans adhérence, tantôt plus ou moins soudées ; ces pièces se nomment sépales (2).

Le calice est dit polysépale (3) (fig. 98 bis), quand les sépales sont libres dès leur base et dans toute leur étendue, de telle sorte qu'on puisse enlever chacun d'eux sans déchirer les autres ; et il est dit monosépale (4) (fig. 98, 102, 103, 106, 107), quand les pièces qui les forment sont soudées entre elles dans une partie ou dans la {otalité de leur longueur. Ainsi , le calice du chou-colza est polysépale, celui de l'œillet, monosépale.

123. On distingue trois parties dans le calice monosépale ; ces parties Sont : le fube, le limbe ex la gorge. Le tube (fig. 98) est la portion inférieure, dont les pièces sont adhérentes et

{ , }| 0 . En 4 Q) De TREpL, autour, avÜoc, la fleur, — (2) De sepio, j'enveloppe et déiends. — (8) De roXde, beaucoup. — (1) De LOVos, seul.

soudées; le Zinbe (fig. 101) est la partie supérieure, dont les pièces sont indépendantes et toujours plus ou moins ouvertes ; ia gorge (fig. 106) est la ligne où le tube finit et où le limbe commence.

Le calice monosépale peut être plus ou moins profondément divisé.

S'il ne l'est pas du tout, le cal ce est nommé extiers sides divisions, très-peu profondes, n’atteignent pas le milieu du calice, elles se nomment des lobes ou des dents. Le calice est alors appelé bilobé, tridenté, quinquédenté, selon qu'il a deux, trois ou cinq de ces petites divisions.

Si les divisions atteignent le milieu du calice ou à peu près, eiles se nomment des fissures. Le calice est appelé brfide, quand il en à deux : Ex. : la verveine; quinquéfide, lorsqu'il en à cinq, comme dans le silene conica, etc.

Enfin, si les divisions atteignent presque jusqu'au fond'du calice, elles portent le nom de partitions, et alors le calice est bipartit, quand il en a deux : Ex. : les orobanches; tripartit, quand il en a trois, comme dans l’anona triloba : quadripartit, quand il en à quatre, comme la veronica officinals, ete.

Le calice monosépale peut encore être régulier où irrégulier. est régulier, quand toutes ses divisions sont de même forme et de mème grandeur : Ex. : l'œillet. N est irrégulier, quand les parties correspondantes n’ont ni une même figure, ni une grandeur égale : Ex. : la capucine.

124. Relativement à sa durée, le calice peut être fugace, caduc où persistant. X est fugace, quand il tombe avant l'épanouissement de la fleur, comme dans les pavots ; caduc, quand il ne tombe qu'avec la corolle, comme dans les renoncules ; persistant, lorsqu'il subsiste longtemps encore après la chute des pétales, comme on le voit dans les primevéres. Quand le calice persistant se dessèche sur le fruit, il se nomme yarcescent (4): nous en avons un exemple dans le fréfle.

(1) De marcescens. se fanant,

Les autres noms donnés au calice seront expliqués dans le vocabulaire.

125. Le calice, avons-nous dit, est lenveloppe immédiate et particulière d’une fleur complète ; il ne faut done pas le confondre avec les écailles, l'involuere et la spathe.

Les écailles (fig. 98 é), ainsi nommées pour leur ressemblance avec les écailles de poisson ou de serpent, sont de petites feuilles appliquées à la base du calice et lui servant de support ; on les voit très-bien dans l’œillet.

126. L'involuere (1) (fig. 97 b) est un grand calice qui renferme plusieurs fieurs, comme dans lé chardon, la scabieuse. À la première vue, on est tenté de ne prendre que pour ‘une seule fleur leur nombreux assemblage , d’où résultent les fleurs composées, et alors on est porté à confondre l'involuere et le calice ; mais il est facile de se convaincre, par une observation plus attentive, que l’involucre, à écailles généralement nombreuses, renferme une grande quantité de petites fleurs véritables.

127. La spathe (2) (fig. 96) est une sorte d’nvolucre ou de calice très-imparfait qui quelquefois accompagne les fleurs dans les monocotylédones. La spathe est ordinairement membraneuse et coriace, comme dans le narcisse, l'iris. Elle enveloppe, en forme de sac ou de cornet, les fleurs avant leur développement, et s'ouvre ou se brise lorsqu'elles s'épanouissent. La spathe des arum est la plus remarquable de toutes ; sa couleur est du plus beau blanc dans le calla œthiopica.

B. CoROLLE.

128. Le calice n'est qu'un premier rempart, que la grossière enveloppe d’un second vêtement qui fixa d’abord les re- . gards, et d’où peut-être naquit la Botanique. Brillant coloris, parfums suaves, formes variées, beautés de toute espèce, la main du Créateur lui a prodigué tous ses dons. Sa position, sa

(1) D'involvere, renfermer. — (2) De crabe, espèce de vêtement.

56 BOTANIQUE forme et son éclat, qui en font comme la couronne de Ja plante, lui ont valu le nom gracieux de corolle (4).

129. Quoique son tissu soit mou et délicat, la Corolle fait suite au corps ligneux, ou à la partie située entre la moelle et l'écorce dans les plantes annuelles; elle diffère done essentiellement du calice, qui fait suite à l’écorce. Ses couleurs sont très-variées ; elle est quelquefois verte, comme on le voit dans la vigne, mais elle ne présente jamais la couleur noire pure ni le mélange du blanc et du noir. Non seulement les mèmes fleurs peuvent offrir diverses nuances, mais les plantes de la même espèce peuvent avoir des fleurs de différentes couleurs; comme on le voit dans les violettes, qui ont souvent des fleurs blanches. Il arrive même que la teinte des pétales peut changer aux diverses époques dela vie de fleur, comme la pulmonaire nous en offre un exemple. On a observé que les fleurs bleues peuvent passer au rouge et au blanc, mais que jamais les jaunes ne passent au bleu, ni les bleues au jaune. Il est à remarquer que la couleur blanche devient plus commune dans les fleurs à mesure qu’on avance | vers les pôles.

130. On appelle pétales les divisions qui composent la corolle. Si elle est composée de parties entièrement libres, elle est polypétale (fig. 98, 99, 100) ; elle est #onopétale (fig. de 101 à 107), quand ces pièces sont plus ou moins soudées ensemble. Ainsi, la rose est polypétale, et la campanule, monopétale. Les pétales sont donc à la corolle ce que les sépales sont au calice.

131. La partie inférieure et rétrécie du pétale, celle par laquelle il est attaché, se nomme son onglet (fig. 124 6) ; la partie supérieure, élargie, de forme variée, qui surmonte l’oxglet, forme la lame ou le limbe (fig. 1 d a); sa gorge est, comme dans le calice, la ligne où l'onglet finit et où le tube commence, Dans les corolles monopétales, un tube remplace les onglets,

(1) De corolla, petite couronne.

132. La corolle est aussi tantôt régulière, lantôt trrégulière ; régulière, elle se présente en croix, cloche, entonnorr, soucoupe, roue, étoile, rosace, ete. (fig. 98, 101, 102, 103, 104): érfégutière, ét alors, cé sont des gueules, des mufles, des casques, ds franges, des nacelies, des ailes de papillon, etc. (Hg. 99, 100, 10%, 106, 107, 109). Ce serait nous engager dans un dédalé que de les décrire ici; d’ailleurs, elles le seront en leur lieu, parce que c’est en grande partie de la corôllé que Se tirent les caractères de détermination.

433. Nous dirons seulement que ces formes, aussi variées que leurs nuances, téndent toutes au même but; car la corolle, comme un élégant et léger pavillon, sert de voile à des organes plus importants, et réfléchit sur eux les rayons du sôlet? Mais elle n'a qu'une beauté éphémère, est inutile à la nutrition de la plante, et ne répand dans l’air que ses émanations embaumées.

QUESTIONNAIRE

De quelles parties se compose une fleur complète? — Qu'est-ce que la fleur incomplète? — Comment s2 divisent les parties de La fleur à raison de leur importance ? — Quels sont les organes protecteurs? — Qu'est-ce que le calice ?—A quelle partie du pédoncule correspond-il ?— Que fautilenconclure pourles monocotyleédones?— Qu'entend-onpar périanthe ? — Commentnomme-t-on les divisions du calice ? — Quels sont les divers noms qu’on lui donne? — Que sont les écailles, l'involucre, la spathe ?— Que dire de La corolle, de sa différence anatomique avec le calice, de ses diverses couleurs, de ses divisions ? —Quelles sont les formesprincipales des eorolles régulières et irrégulières? — Quelle est la destination de La corolle?

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