‹ Etudes des fleurs botanique, élémentaire, descriptive et usuelle (volume 3)Chapitre 40 sur 322 · À. ÉTAMINES · texte numérisé non relu

À. ÉTAMINES

34. Un troisième cercle, de même nature que les pétales, mais plus central, plus caché et presque inaperçu, quoique de la plus haute importance, est celui des éfamines (1) (fig. de 112 à 191).

135. Une étamine complète se compose essentiellement de deux parties, qui sont le filet et l’anthére. Le filet (fig. 119) est la partie in'érieure de l’étamine, cette mince colonne par laquelle elle est attachée tantôt sur la corolle (fig. 143, 114, 1146), tantôt sur le calice (fig. 115, 148), tantôt à la base du point central, nommé thalamus (2) (fig. 120, 191). Le fé sert de support à l’anthére (3) (fig. 142 a), espèce de petit sac membraneux qui la termine, et dont la cavité intérieure est formée le plus ordinairement de deux loges soudées ensemble, Une étamine qui manque de filet, qui n’a que l’anthère, est appelée sessile. L’anthére est remplie d'une petite poussière visqueuse nommée pollen (4) (fig. 4112 p). C’est le pollen que les abeilles vont butiner dans les fleurs pour en composer la cire de leurs alvéoles. Il est destiné à ètre transporté sur le carpelle pour le rendre fertile.

136. D'après le point d'insertion des étamines, M. de Candolle a formé trois grandes classes de plantes exogènes. Ce sont les corolliflores, quand les étamines sont portées par la corolle, comme dans la primevère (fig. 124); les caliciflores, lorsqu'elles sont plantées sur le calice, comme dans le poirier (fig. 115, 148); et les fhalamiflores, quand elles naissent sur le réceptacle, nommé thalamus, comme dans les renoncules fig, 499).

137. Les étamines d'une même fleur sont appelées définies, quand on en compte au plus une douzaine ; trdéfinies, quand il y en à un nombre plus grand.

(1) De stamen, fil. — (2) D'& #nc0c, fleuri. — (à) De Ga)uuos, lit — (4) De pollen, fleur de farine.

Définies ou indéfinies, les étamines sont tantôt libres Gui distinctes, comme dans le Lis (fig. 143, 444, 115, 416) ; tantôt soudées ou connées (1) (fig. 117, 148, 119). Dans ce dernier cas, elles peuvent encore être soudées, où par les anthères, comme dans la famille des composées (fig. 119), appelée pour cette raison famille des synanthérées (2), ou par les filets, et alors elles peuvent être réunies en un, deux, trois ou plusieurs groupes distincts, dont chacun porte le nom d’adelphie (3): c'est monadelphie (lg. 117), quand il n’y en a qu'un, comme dans la mauve; c’est diadelphie (fig. 118), quand il y en a deux, comme dans le pois, le haricot, etc. Il va même des plantes où les étamines sont soudées tout à la fois et par les filets et par les anthères: telles sont les courges ; et d’autres où les étamines sont soudées avec le style du carpelle, comme les orchis (fig. 109).

138. Les étamines sont égales entre elles, comme on [le voit dans les anémones, ou #négales, et alors elles suivent quelquefois, dans cette inégalité, une espèce de symétrie. Ainsi, tantôt il y en a quatre, dont deux plus grandes, comme dans le grand mufle-de-veau (fig. 107, 120), c’est ce qu’on nomme la didynamie (4); tantôt il y en a six, dont quatre plus longues, c’est la fétradynamie (5), comme dans le chou-colza (fig. 98 bis et 121).

139. Les étamines sont dites encore al{ernes ou opposées, et cette dénomination peut nous offrir une remarque intéressante ; c’est que, dans les trois premiers cercles qui servent au carpelle comme de rempart, les sépales ou segments du calice, les pétales ou segments de la corolle et les étamines sont disposés avec tant de symétrie que l’espace laissé vide par l’entre-deux des parties d’un premier cercle est ordinairement rempl. par la partie correspondante du cercle suivant. Les pétales alfernent ainsi avec les sépales, les étamines avec

(1) De cum, avec, natus, né. — (2) De cuv, ensemble, gvÜrout, anthères. —(8) D'édehpdc, frères. — (4) De Êls, deux, et dÜvzuts, puissance, — (5) De TÉTEU, quaire, el Jüvauts, puissance.

les pétales, et les étamines d’un second cercie, quand elles sont sur deux rangs, comme dans l’æiilet, avec les étamines du cercle précédent. Ceite disposition a presque toujours lieu (fig. 103, 113, 116): les -étamines sont alors dites. alernes, comme dans la, bourrache, le bouillon-blanc. Mais elles; sont nommées opposées (fig. 114), quand il arrive qu'elles. correspondent au milieu des lobes de la corolle, comme dans la primevère. .

140. La nature du filet des élamines est analogue à celle des pétales, comme nous l'avons dit (fig. 134); en eflet, l’on voit très-souvent ces organes se changer l’un en l’autre. C’est ce qui a lieu dans les fleurs qu’on nomme doubles ou pleines. Délices des amateurs, résultat de leurs longues cultures, elles sont pour le botaniste des monstres, dans lesquels. les étamiues ont été changées en pétaies.

141. Certaines étamines offrent une particularité remarquable : c’est leur irritabilité. Ainsi, qu'on examine, par un soleil ardent, les fleurs de l'épine-vinette : on verra leurs six étamines étalées contre les pétales ; mais si l’on touche avec la pointe d’une épingle la base de leurs filets, ils se redresseront vivement contre le style. Le sparmannia d'Afrique, bel arbrisseau de nos orangeries, montre, au milieu de ses corolles blanches, des étamines à anthères irritables, s’éloignant vivement du style quand on les touche. Les causes de ces phénoinènes ne sont pas entièrement connues, mais la lumière est la condition indispensable de leur production,

142. Les plantes acotylédones n’offrent pas d’étamines visibles, telles que nous venons de les décrire, Cependant l'observation moderne, avec ses instruments puissants, a découvert dans beaucoup de ces plantes certains organes. qu’on suppose remplir les fonctions d’anthères, et que, pour cette raison, on a appelés anthéridies,

B. CARPELLE.

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