FAMILLE. — CONIFÈRES
Nous voici arrivés dans la famille des arbres verts (V. D.), c’est-à-dire de ceux qui ne se dépouillent jama's de ieur feuillage, mème pendant la saison des frimas. En élevant nos regards vers le ciel pour contempler leurs cimes majestueuses, n'oublions pas de bénir la Providence, dont ils sont un des présents les plus utiles : leur bois sert à toutes nos constructions; leur résine est employée journellement dans la médecine et dans les arts; et quand vient le deuil de la nature, quand les autres arbres abandonnent leurs feuilles flétries au souffle de l’aquilon, Jeur verdure persistante est pour nous un signe d'espérance, qui nous console des beaux Jours perdus en nous en promettant le retour.
Asseyons-nous quelques instants sous leur sombre feuillage, et analysons leurs caractères distinctifs. Ce sont, comme nous venons de le dire, des arbres ou des arbrisseaux à feuilles persistant ordinairement pendant l'hiver et à suc résineux. Leurs fleurs sont monoïques où dioiques; celles à étamines sont disposées en chatons ; les carpellées deviennent
des cônes ou strobiles, à écailles membraneuses ou ligneuses et imbriquées, plus rarement des baies succulentes. Dans les premiers, les graines sont placées à la base des écailles, qui sont creusées pour les recevoir ; dans les baies, elles sont plus ou moins contenues dans une enveloppe charnue, L'embryon, cylindrique, placé au centre d’un périsperme charnu, offre tantôt 2 cotylédons opposés, tantôt, et c’est le plus souvent, plusieurs cotylédons verticillés. Ce dernier caractère, quand il se présente, sépare les Conifères de toutes les autres plantes dicotylédonées.
le Triv : ABIÉTINÉES. — Fruit en forme de cône, formé d'écailles imbriquées, ligneuses ou coriaces. -
CCCCXXXI. Larix (Tournef.). MÉLÈZE.
Fleurs monoïques ; cônes ovoîdes , latéraux, à écailles obtuses, membraneuses, également minces dans toute leur longueur ; graines ailées; feuilles tombant à l'automne.
1415. L. Europea (D. C.). M. »'Europe. — Pinus larix (L.). — Abies larix (Lamk.). "AS
Asbre élevé, droit, ferme, à bois rouge, $ras et fort dur; f. molles, d’un vert tendre, d’abord en faisceaux de 15-20, puis devenant solitaires à mesure que les rameaux s’allongent ; chatons carpellés ovales, à écailles de deux espèces au moment de la floraison : les unes appliquées, entières et vio-
lettes, les autres étalées ou réfléchies, échancrées au sommet,
avec une petite pointe dans l'échancrure, d’un fauve roussàtre avec une nervure d’un vert jaunâtre (celles-ci ne sont que les bractées des premières et ne subsistent plus au moment de la maturité) ; fl. à étamines en chatons jaunâtres. 5. Avril-mai.
Semé dans les montagnes du Bugey : Oyonnax; Lélex ; Hauteville, ete. — Bois anglais.
CCCCXXXII. Apres (Tournef.). SAPIN.
Fleurs monoïques ; cônes oblongs-cylindriques, à écailles coriaces, également minces dans toute leur longueur ; graines ailées; cotylédons verticillés; feuilles persistantes, raides, solitaires, sans gaine à la base.
1416. A. pecTiNATA (D. C.). S. A FEUILLES DISTIQUES. — À. vulgaris (Poir.). — Pinus picea (L.). (Vulg. Sapin argenté.) Arbre élevé, à branches verticillées, étalées horizontale-
ment, presque pendantes ; f. linéaires, légérement échancrées au sommet, d'un vert sombre sur leur face sup., marquées sur l’inf. de deux lignes d'un giauque blanchätre et de 3 lignes vertes, disposées en dessous des rameaux sur deux rangs régulièrement opposés, comme les barbes d’une plume ; cônes dressés, à écailles très-obtuses. 5. Avril-mai. (V. D.)
Le Mont-Pilat;, Pierre-sur-Haute; l’Argentière ; là Grande-Chartreuse; et toutes les hautes montagnes du Bugey et du Valromey.—-Planté dans les parcs. 1417. A. EXCELSA (Poir.). S. ÉLEVÉ. — Pinus abies (L.). (Vulg. Epicéa.)
Arbre élevé, à branches verticillées, étalées et même un peu pendantes; f. linéaires, aiguës, vertes sur les deux faces, éparses sur les rameaux, mais de telle sorte qu’en dessous elles ne les recouvrent pas entièrement et s’écartent de chaque côté pour former l’éventail ; cônes pendants, à écailles hui ou un peu incisées au sommet. b. Avril-mai.
Forêts des-hautes montagnes : la Grande-Chartreuse; le Jura et le Haut- Bugey. — Planté dans les parcs.
CCCCXXXIIT. Pinus (L.). PIN.
Fleurs monoiques ; cônes formés d’écailles ligneuses, renflées vers leur sommet en forme de petit monticule ; graines ailées, à aile caduque; cotylédons verticillés; feuilles persistantes, raides, réunies par petits faisceaux de 2-5, entourés d'une gaine membraneuse à la base.
1418. P. syzvestris (L.). P. pes rorèrs. (Vulg. Pin commun.)
Arbre à branches verticillées ; f. géminées, droites, raides, piquantes, glaucescentes, canaliculées d’un côté, convexes de l’autre, égalant à peu près ou dépassant peu les chatons des fleurs à étamines ; graines à aile 3 fois au moins plus longue qu’elles ne le sont elles-mêmes; cônes pédonculés et pendants, à écailles s’ouvrant facilement. b. Avril-mai. (V. D.)
Bois des montagnes. — Planté dans les parcs.
b. P. rubra (Mill.). (Vulg. Pin d'Ecosse.) Jeunes pousses rougeitres ; cônes
plus petits, loujours plus courts que les feuilles. — Cultivé dans les parcs. -
1419. P. puuizr0 (Hænke). P. NAN.
Arbuste à tronc ascendant, ordinairement rameux dès Ja base; f. géminées, vertes, raides, piquantes, dressées, un peu courbées en faulx ; graines à aile 2 fois seulement plus longue qu’elles ne le sont elles-mémes ; cônes sessiles, dressés, ovales et obtus. b. Juin-juillet.
Sommet du Jura, sur la montagne d’Allemogne (Reuter).
din ti à cit dt Ée À
ILE Trisvu : JUNIPÉRÉES. — Fruit en forme de baie
succulente,
CCCCXXXIV. JuxiPERUS (L.). GENÉVRIER.
Fleurs dioïques, celles à étamines en petits chatons ovales, formés d’écailles en bouclier, portant à leur bord inférieur 3-7 anthéres uniloculaires; fleurs carpellées entourées de 3 écailles concaves et soudées à la base ; fruit globuleur, charnu, renfermant 3 graines osseuses (1). Arbustes à feuilles persistantes.
1420. J. coumuxis (L.). G. commux. (Vulg. Genièvre.)
Arbrisseau peu élevé, dressé, à rameaux étalés; f. frésétalées, subulées, piquantes, glauques-blanchâtres en dessous, verticillées 3 à 3; baies noires, couvertes d’une poussière d’un glauque-bleuâtre, beaucoup plus courtes que les feuilles. &. FI. avril-mai. Fr. août-octobre. (V. D.)
Coteaux incultes, bois taillis. C.
1421. J. nana (Wild). G. nain.
Sous-arbrisseau couché ou tombant, à rameaux arqués vers la terre ; f. courbées vers la tige, lancéolées-hnéaires, se terminant en pointe piquante, verticillées 3 à 3; baies noires, couvertes d’une poussière d’un glauque bleuâtre, égalant presque les feuilles. &. FI. juin. Fr. août-octobre.
Sommités du Jura, sur le Colombier, sur le Reculet et sur le Sorgiaz.
CCCCXXXV. Taxus (Tournef.). Ir.
Fleurs dioïques, celles à étamines en petits chatons ovoïdesglobuleux, formés d’écailles en bouclier, portant à leur face inférieure 3-8 anthères uniloculaires disposées en cercle ; fruit charnu, ouvert au sommet, contenant À seule graine sans lui adhérer (2). Arbustes ou arbres à feuilles persistantes.
1422. T. BACCATA (L.). I. A BAIES.
Arbuste ou arbre très-rameux, à bois rouge; f. d’uh vert noir, linéaires, à bords un peu roulés en dessous, disposées sur 2 rangs opposés; baies d’un beau rouge clair à la maturilé, contenant 1 graine brune et luisante. tb. F1. marsavril. Fr. août-octobre. (V. D.)
Sous les rochers de Torcicu; forêts de sapins des Monts-Dain, de Rufieu et de tout le Valromey.—Pares et jardins.
(1) L'enveloppe charnue du fruit est formée par les 3 écailles de l'involucre. qui s accroissent avec lui et finissent par l’enfermer entièrement. .(2) L'enveloppe charnue de la graine résulte de l'involuere de l'ovaire, qui, d'aburd très-pelit et en anneau, s'aceroit et prend a forme d'une coupe.