PENDANT DEUX ÉTÉS
COMPARAISON DÉS STATISTIQUES. — INFLUENCE DE LA DISTRIBUTION DES EAUX POTABLES SUR LES CHIFFRES DE LA MORTALITE. — PROJET D'ÉCONOMIE POUR LA PROVISION D'EAU ACTUELLEMENT DISPONIBLE. — LES DEUX CANALISATIONS.
Dans un rapport du mois de mars 1888 (1), je m'efforçais detablir après Liebermeister, MM. Michel (de Chaumont), Brouardel, Chantemesse etWidal, etc.:
1° Que les eaux potables sont, dans les grandes villes, le véhicule le plus ordinaire de la fièvre typhoïde ;
2° Que, quand on donne une provision suffisante d'eau indemne de toute contamination, on diminue le nombre des cas dans une proportion à peine croyable;
3° Qu'à cet égard, la situation sanitaire de Paris laisse à désirer ; que si des améliorations ont été réalisées par rapport à l'état de choses antérieur, nous sommes encore loin de la perfection.
A la suite de ce rapport, le Conseil d'hygiène du département de la Seine renouvela des vœux qu'il avait émis à plusieurs reprises, à savoir :
Que l'exécution des travaux destinés à amener à Paris
(1) La fièvre typhoïde à Paris et, sa prophylaxie (séance du Conseil d'hygiène du 26 mars 1888), et Études d'hygiène puolique, 2" série, p. 111.
l'eau des sources acquises par la Ville fût hâtée ; qu'on rendît obligatoire pour les propriétaires l'abonnement aux eaux de source.
Les différentes circonstances qui sont survenues dans le cours de la présente année donnent une triste actualité à cette question. Dans le Journal des Débais du 15 septembre dernier, le Dr Daremberg qui, l'un des premiers, en 1884, entreprit une campagne sur la nécessité d'augmenter notre provision d'eau, la reprend aujourd'hui sous ce titre significatif: l'Eau et la fièvre typhoïde à Paris. Après avoir passé en revue les résultats fournis par la Statistique municipale pendant les six derniers mois, après avoir rappelé les travaux publiés jusqu'à ce jour sur la matière, il termine en conseillant aux Parisiens d'exiger de leurs futurs députés qu'ils réclament du Gouvernement les moyens d'amener à Paris des sources abondantes d'eau pure. Sur ce point, l'ancienne députation de Paris était unanime ; il est probable qu'il n'y aura guère plus de dissentiment dans la nouvelle. Mais les meilleures volontés se heurtent à des obstacles qu'on ne pourra vaincre qu'avec une infatigable persévérance et des efforts de plusieurs années. Pendant ce temps, combien le typhus abdominal enlèvera -t-il de citoyens utiles qu'on eût pu conserver et protéger? Nul ne peut le dire.
Au mois de janvier 1889, les conditions étaient meilleures qu'à la même époque de l'année précédente ; il suffit de comparer les tableaux de statistique correspondants pour le constater. De février à juillet 1888, il se produit une diminution persistante du nombre des décès. En janvier, il y en a 160 ; de janvier jusqu'au 1er juillet, le chiffre mensuel ne dépasse pas 65 ; en juillet il s'élève à 84, mais
cette aggravation accidentelle disparaît en août, qui ne compte que 52 décès ; il y en a 62 en septembre (1).
Tableau général des décès et des entrées dans les hôpitaux à lasuite de la fièvre typhoïde en 1888.