‹ Études d’hygiène publique (volume 4)Chapitre 11 sur 26 · AVIS · texte numérisé non relu

AVIS

1° 11 est très important d'empêcher les enfants de taquiner et de maltraiter les chiens et les chats.

2° Les mauvais traitements, dangereux surtout parce qu'ils excitent les animaux et exposent aux morsures, sont passibles de contraventions en vertu de la loi du 2 juillet 1850 pour la protection des animaux domestiques.

3° Les parents, civilement responsables des actes de leurs enfants, sont prévenus que des instructions spéciales sont adressées aux agents pour qu'ils surveillent l'application rigoureuse de cette loi.

4° Il est expressément recommandé, lorsqu'un enfant aura été mordu par un chien errant, de porter le fait à la connaissance du commissaire de police, qui prendra les mesures nécessaires (enquête sur ranimai, examen de celui-ci au point de vue de la rage, invitation aux parents de conduire l'enfant mordu à l'Institut Pastem-).

(2) Lue au Conseil dans la séance du 23 décembre 1887.

LA RAGE CPIEZ LES ENFANTS

Voici les renseignements que j'ai pu recueillir sur cette enfant :

Le 13 octobre dernier (5 semaines avant son admission), les parents étaient allés passer le dimanche à la Varenne. Ils déjeunaient dans un restaurant dont le propriétaire avait deux chiens, un terre-neuve et un boule-dogue.

L'enfant jouait avec le terre-neuve, lorsque l'autre chien survint, se jeta sur elle et lui fît une blessure au-dessous de la paupière inférieure du côté droit. De quelle manière ? Il est impossible de le savoir. Les uns disent avec la patte, les autres avec la gueule. Le restaurateur prétendit que son chien n'était pas malade, « il cherchait bien à mordre, il est vrai, depuis deux jours, mais la raison en était qu'il avait été agacé par quelques clients ».

La plaie saigna suffisamment pour qu'on fût obligé de conduire l'enfant chez un pharmacien ; celui-ci déclara que la blessure n'avait aucune gravité et qu'il était parfaitement inutile d'aller à l'Institut Pasteur. Pour tout traitement, il se contenta d'appliquer des compresses d'eau blanche.

Et cependant, parmi les renseignements qui m'ont été fournis, je relève un fait assez bizarre : le propriétaire du chien le fit tuer le soir même. N'est-il pas singulier qu'il ait songé à se débarrasser d'un animal domestique bien portant, par ce seul fait qu'il avait causé un accident jugé insignifiant?

Avant la fin de la semaine la plaie était cicatrisée et il n'en restait plus trace au moment de l'admission.

L'enfant alla très bien jusqu'au 20 novembre. Ce jour-là, au repas de midi, elle se plaignit de malaise, de mal de tête et refusa de prendre aucun aliment solide ou liquide.

HYGIÈNE PUBLIQUE. II — 7

«Jo ÉTUDES d'hygiène PUBLIQUE

Elle ne paraissait pas souHrir au niveau de la cicatrice. L'agitation commença vers trois heures de l'après-midi et ne fit qu'augmenter depuis ce temps. La répulsion des boissons était telle que la petite malade ne put prendre une goutte de liquide depuis l'apparition des premiers symptômes jusqu'à son entrée à l'hôpital. A ce moment, la vue des liquides, des objets brillants provoque les accidents bien connus. Pas de crachotements ni de tentatives pour mordre. L'enfant appelle sa grand'mère qui est venue la conduire à l'hôpital. Pas d'exagération de la sensibilité cutanée, les sons et les bruits sont bien supportés ; pas de troubles de la motilité. Ce qu'il y eut de plus frappant dans ce cas, ce fut une anxiété constante, qui se réflétait sur les traits. Pas d'accès d'oppression ni de spasmes pharyngés, rien d'anormal dans la gorge, voix brève, saccadée, émission involontaire d'urine. Traitement : lavement avec 1 gr. de chloral.

Midi et demi. L'agitation est encore plus prononcée, mais il y a des intervalles de calme. Les émissions d'urine sont beaucoup plus fréquentes. Les accès se succèdent de quart d'heure en quart d'heure.

Trois heures. Le mot chien prononcé à côté del'enfant. l'épouvante et lui fait pousser des cris. Les périodes de calme sont courtes et les crises violentes.

Quatre heures. Hallucinations très nettes. Elle a peur de tomber dans un grand trou qu'elle voit au fond de la chambre ; elle croit par instants apercevoir un petit chien avec lequel elle veut jouer. Hoquet; fréquents crachements. Elle demande à manger, mais la seule vue des aliments provoque ôu exagère les cris. Pas de contractures ni de paralysie.

LA RAGE CHEZ LES ENFANTS 99

Quatre heures et demie. Impossibilité de constater l'état des réflexes (agitation ou résistance). A travers les mots incohérents qu'elle prononce, on distingue parfois des réflexions étonnamment judicieuses pour une enfant si jeune. Toujours la même répugnance pour les aliments sans plus de spasmes pharyngés.

Cinq heures. Les hallucinations continuent. Elle déclare voir une bête noire dans son lit. Miction volontaire : on recueille une petite quantité d'urine trouble, épaisse, laissant déposer un sédiment blanchâtre qui disparaît par l'action de la chaleur.

Six heures. La parole est entrecoupée, les crachotements augmentent, salive plus abondante, mousseuse. (2« lavement de chloral.)

Sept heures. Indépendamment des symptômes précédents, il est survenu un nasonnement de la voix, comparable à celui de la paralysie diphtéritique du voile du palais.

A sept heures et demie, coma et mort à huit heures vingt.

L autopsie est faite 14 heures après la mort.

Congestion intense des centres nerveux, pas de ramolhssement ni d'hémorrhagies interstitielles ou sousméningées.

Poumons : congestion bilatérale et très prononcée. Cœur : pas de caillots.

Foie : congestion extrême.

Rien dans les autres organes.

Le bulbe fut inoculé à des lapins au laboratoire de M. Pasteur par M. le Roux. Les animaux furent pris de rage 14 jours plus tard.

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ÉTUDES d'hygiène PUBLIQUE

Que pouvons-nous relever dans cette observation?

Que l'enfant est morte à la suite d'une blessure légère faite par un animal dont la rage ne s'était pas manifestée jusque-là par des symptômes suffisamment violents pour qu'on songeât môme à le surveiller ; que la plaie était peu étendue, mais siégeait au visage.

Ainsi, depuis le commencement de 1887, cela fait 5 cas mortels de rage observés chez des enfants et dans un seul hôpital. Un de ces enfants (le cas actuel) a été attaqué spontanément par l'animal enragé ; presque tous ont été blessés près de chez eux, par des chiens qu'ils ne connaissaient pas, qu'ils taquinaient ou avec lesquels ils jouaient. Cette circonstance me parait venir à l'appui d'une idée que j'émettais dans un précédent rapport; c'està-dire que toutes les mesures employées pour éloigner les enfants des chiens errants ou simplement inconnus sont légitimes et rationnelles. Si on veut éviter que des malheurs semblables à ceux dont j'ai eu à entretenir le Conseil ne se renouvellent, il faut considérer même les jeux et les caresses comme des mauvais traitements et dresser des procès-verbaux.

La population les recevra peut-être de mauvaise humeur au début; mais prévenue et éclairée par l'avis adopté, elle finira par comprendre les motifs qui ont guidé l'administration; de telle sorte que dans un avenir prochain, il faut l'espérer, les pères et mères de famille seront ses plus utiles auxiliaires.

Obs. VI (1). — Lérat, âgé de 15 ans, était en appren-

(1) Lue au Conseil dans la séance du 6 janvier 1888.

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tissage chez un orfèvre. Le 27 octobre, son patron l'envoya faire une commission. Arrivé à destination, il passait sous une voûte, lorsqu'un gros terre-neuve, descendant un escalier se jeta brusquement sur lai, et lui fit une morsure à la paupière supérieure (1). La plaie saigna beaucoup et fut aussitôt lavée par un pliarmacien du voisinage. Celuici donna le conseil de transporter l'enfant à l'hôpital St- Louis. Là, on considéra probablement la plaie comme peu importante, puisque, lorsqu'elle fut cicatrisée (au bout de huit jours), on renvoya le petit malade sans lui donner le conseil d'aller à l'Institut Pasteur.

Le chien appartenait à un ouvrier qui ne le laissait errer dans la rue que trois fois par jour et peu de temps chaque fois.

Le commissaire de police du quartier, averti aussitôt après l'accident, fit soumettre le chien à l'examen d'un vétérinaire. Ce dernier déclara que l'animal n'était pas malade. En conséquence on le mit en liberté. Le propriétaire le garda 2 ou 3 jours, puis, sous prétexte de le punir du mal qu'il avait fait, il l'abattit. Il ne serait pas difficile, je pense, de trouver un autre motif -i cette exécution.

A peine rentré chez lui, l'enfant reprend son travail habituel et sa santé ne laisse absolument rien à désirer jusqu'au 15 décembre. Cejour-là, il commence à se plaindre de céphalalgie et à éprouver du dégoût pour les aliments.

Le 18, il veut aller encore à l'atelier, mais vers 10 heures du matin, il est obligé de rentrer chez ses parents : il accuse un mal de tête encore plus violent. Un premier

(1 ) Il m'a cté impossible de savoir si l'enfant avait taquiné le chien ; cela me parait probable car l'animal, qui est resté en liberté pendant deux ou trois jours, n a attaqué personne pendant ce laps de temps.

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médecin, non averti du fait de la morsure, diagnostique un simple embarras gastrique.

Le 19, les phénomènes s'accentuent; l'enfant éprouve beaucoup de peine pour avaler ; au milieu de la journée, on parvient, cependant, à lui faire avaler une petite dose d'huile de ricin, mais qu'il ne tarde pas à rejeter par le vomissement. Peu de temps après, il est pris d'agitation et de spasmes du pharynx.

Le 20, ces spasmes deviennent plus fréquents ; il s'y ajoute des accès de suffocation, l'aérophobie, l'horreur des liquides, la sputation, phénomènes habituels de la rage.

La mort survient dans un accès de suffocation, vers 1 heure du matin.

Il est très probable que le pauvre enfant a succombé à la rage, mais il esta regretter qu'on n'ait pas fait l'autopsie ni pratiqué les inoculations qui eussent confirmé le diagnostic.

Cet accident met en relief deux faits :

1° L'insuffisance de l'enquête du commissaire de police, qui aurait dû faire surveiller, sinon abattre, le chien malgré l'avis négatif du vétérinaire;

2" La hâte du propriétaire du chien à abattre celui-ci pour se soustraire aux responsabilités.

Signaler ces faits, c'est évidemment indiquer les mesures à prendre pour en éviter le renouvellement.

Obs. VII (1). - Dixmier, Gaston, âgé de 6 ans, entré le

(1) Cette observation a été recueillie avec un soin très grand par M. Luzet, interne du service. Elle a été lue au Conseil dans la séance du 23 mars 1888.

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10 février 1888, salle Sainte-Elisabeth, à l'hôpital des Enfants-Malades.

Né de parents bien portants, cet enfant jouissait luimême d'une bonne santé habituelle. Il n'avait jamais fait de maladie grave.

Il fut mordu, il y a environ trois mois, par un chat qu'il caressait. Ce chat qui était errant, avait été recueilli l'avant-veille par un marchand de vin du voisinage. Le lendemain, sans avoir été excité, il égratigna une autre enfant, la petite fille du marchand de vin, ce que voyant, ce dernier s'empressa de s'en débarrasser en le jetant dans le canal Saint-Martin.

La morsure du petit malade intéressait le pouce gauche au niveau de l'ongle. Elle saigna abondamment, puis sa guérison se fit sans complication. Pendant les premiers temps on ne s'aperçut de rien d'anormal dans la santé de l'enfant, qui resta gai et joua comme d'habitude.

Il y a un mois, il commença à pâlir et le médecin qui le vit à ce moment ne constata aucun symptôme permettant de porter un diagnostic.

Vers le commencement de février, il se plaignit de douleurs dans le côté gauche du thorax; ces douleurs allèrent en augmentant.

Le 7 du même mois, au sortir de l'école, il accuse un malaise vague et éprouve de la difficulté à avaler. Dans la nuit il est un peu agité.

Le 8, il commence à refuser tout aliment même solide.

Le 9, unmédecin qui le voit ce jour-là porte le diagnostic : rage et fait conduire l'enfant à l'Institut Pasteur, où

11 arrive à 4 heures et demie du soir. De là il est dirigé sur l'hôpital où il arrive à 6 heures.

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Ajoutons que dans la matinée il a eu des hallucinations, dans lesquelles il croyait voir un chat s'élancer sur lui.

Le jour de son entrée (le 9 février à 9 h. 1/2 s.) nous le trouvons dans l'état suivant : yeux hagards, fixité du regard, pupilles dilatées, cette dilatation est plus considérable qu'au moment de son entrée. Visage pâle.

L'enfant se tient de préférence couché sur le côté, tourné vers la lumière et se plaint spontanément de douleurs dans la tête et le côté gauche du thorax.

Il est doux et docile.

Le pouce gauche n'est douloureux ni spontanément, ni à la pression. On ne voit pas la trace de la morsure.

Mais au niveau du grand pectoral, dans le 2* ou 3" espace intercostal, un peu au-dessus du mamelon gauche, il accuse spontanément une douleur sourde fixe, sans exacerbations spontanées, que la pression 'exagère beaucoup. Pas de douleur sur le trajet du radial, ni d'aucun des autres nerfs du membre supérieur du côté de la lésion.

Nulle part il n'existe de contractures spontanées, pas de convulsion. La percussion des extenseurs des doigts détermine une contracture idio-musculaire un peu plus prononcée à gauche qu'à droite. Nœud bicipital. Pas de mouvements réflexes ni rotulien, ni olécrânien, ni carpien. Réflexe plantaire plutôt exagéré que diminué.

Phénomène du pied peu accentué. Il se produit à gauche après plusieurs tentatives ; il est impossible de le produire à droite.

Pas d'hyperesthésie du toucher.

Pas d'hyperacousie.

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Hyperesthésie olfactive. L'enfant se détourne d'un linge imprégné d'éther.

La lumière vive le gêne un peu, cependant il se tourne de préférence vers la lampe, semblant s'intéresser à ce qui se passe dans la pièce. Les objets brillants, une glace par exemple, ne provoquent pas de spasmes, mais il s'en détourne avec répulsion.

Aérophobie extrêmement prononcée, déterminant des spasmes pharyngiens avec raideur de la nuque.

Hydrophobie très nette. La vue des liquides impressionne péniblement le petit malade et provoque des spasmes. La vue des aliments solides lui est moins désagréable ; mais il se refuse absolument à essayer d'en avaler.

Pas d'érection.

Il urine spontanément et consciemment à 10 h. s. environ 100 grammes d'urine limpide modérément colorée. Sans sucre, ni albumine. Enéorème abondant par refroidissement.

Pas de salivation. Langue humide recouverte d'un enduit épithélial modéré. Il ne semble pas avoir de contracture permanente du pharynx. Ventre souple.

Respiration régulière, 36 par minute.

Pas d'irrégularités cardiaques, 76 puis. p. m.

La température n'a pu être pri^e. La vue seule du thermomètre provoque des spasmes et de la répulsion.

Lavement avec 2 grammes de chloral.

10 février, minuit. Second lavement avec 2 gr, de chloral. L'enfant se prête assez bien à l'administration du lavement. Son intelligence est nette ; pas de sommeil.

L'enfant préfère que la lampe reste allumée; cependant

ÉTUDES d'hYGIKNK PUBLIQUJS

nous le laissons une minute dans l'obscurité sans provoquer de terreur.

Pouls lent, 80 p. m., régulier, mais facilement influencé par la respiration, qui est un peu suspirieuse.

2 h. matin. Même état. Pouls plus rapide, 120, régulier. Respiration normale. Peau chaude un peu moite. Injection de 0,01 centigr. de 'pilocarpine. Le contact de l'air froid au moment où on le découvre provoque des spasmes.

2 h. 1/2. Troisième lavement avec 2 gr. de chloral. La garde nous dit qu'il a uriné dans son lit. Un peu de sueur, pas de salivation. Pas de sommeil.

Il a donc pris dans la nuit 6 gr. de chloral.

A la visite du matin, même état régulier du pouls et de la respiration. Aérophobie vive. Il demande à aller à la garde-robe et a une selle semi- liquide brunâtre. Il refuse tout aliment.

2 h. soir. Taches rougeâtres mobiles, fugaces, sur le visage , raie méningitique peu nette. Lavement de chloral. Injection de 0,01 centigr. de pilocarpine, peu après sueurs; on réussit à lui faire cracher dans un verre environ 2 cmc. de salive.

4 h. s. Spasmes fréquents, spontanés. Répulsion pour les aliments, pour les objets même non brillants. Hyperacousie très prononcée. Mais l'intelligence reste intacte.

6 h. s. Second lavement de chloral.

11 h. s. Il est calme. Réussit à manger un biscuit. Cette action s'accompagne de spasmes du pharynx, qu'il vainct en avalant rapidement le morceau porté à sa bouche. En s'aidant d'une cuiller, il peut boire un peu de vin et de bouillon, mais c'est avec difficulté. De la main droite il porte à la hauteur de sa bouche la cuiller avec quelques

LA RA.GE CHEZ LES ENFANTS

oscillations, puis précipitamment il introduit la cuiller et avale.

Les taches rouges, fugaces, sont encore plus marquées.

Température, 38°, 2. Pouls régulier, 120.

11 fév. 1 h. m. Lavement de chloral. Pupille punctiforme, spasmes. Pouls 130. II émet volontairement environ 100 grammes d'urine.

5 h. m. Un autre lavement de chloral. Dans l'intervalle il a mangé de nouveau. Il est assoupi, demeure les yeux

I entr'ouverts. Pouls 150.

L'aérophobie persiste encore.

11 a pris dans les 24 heures environ 7 gr. de chloral.

6 h. s. Dans la journée il a pu avaler un peu de lait. La douleur du côté gauche du thorax a diminué. Il sup-

i porte bien la pression à ce niveau. L'urine ne contient toujours ni albumine, ni sucre.

Un lavement avec 1 cuillerée de peptone.

Injection de pilocarpine 0,01 centigramme.

Dans la nuit 2 lavements avec 2 gr. de chloral dans I chacun.

12 fév. A la visite du matin, il est un peu abattu, yeux excavés, visage marbré de rouge. Intelligence nette. Excitation assez grande. Abolition des réflexes cutané plantaire, rotulien et carpien. On olDtient à droite et non à gauche la contraction idio-musculaire des extenseurs. Pas de paralysies.

Pas de nouvelle selle. A uriné au lit. Température 39% 1.

Un lavement de chloral additionné de peptone dans la journée. Il prend un peu de lait, de bouillon et de vin. Une selle spontanée. Urine delà journée, 50 grammes.

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Température le soir, 38%G.

Malgré le chloral, un peu d'agitation pendant la nuit. 11 se plaint d'une douleur dans le genou droit. Il urine encore volontairement.

13 fév. Il accuse ce matin la même douleur dans le genou droit et se plaint aussi du poignet. Pas de tuméfaction, ni de rougeur, pas de contracture, pas d'exagération à la pression. Même agitation. Aérophobie.

Il ne veut prendre aucune nourriture dans la journée. Deux lavements dechloral. Temp.s. 39°,8.

Dans la nuit. Deux autres lavements de chloral. 11 laisse échapper son urine sous lui. Il mange un peu. La respiration devient suspirieuse, embarrassée, et il pousse des cris plaintifs. Envies fréquentes d'uriner, immédiatement suivies de mictions involontaires.

14 février. Respiration irrégulière. L'inspiration est forte, se fait la bouche ouverte, avec dilatation des narines ; à l'expiration, on entend de gros ronchus trachéaux à distance. A l'auscultation, râles ronflants disséminés dans toute l'étendue de la poitrine, sans noyaux de broncho-pneumonie.

Visage pâle, yeux excavés, inquiétudes, plaintes, Réflexe cutané plantaire conservé. Réflexe rotulien nul. Pas de paralysies.

Aérophobie très prononcée. Spasmes violents, spontanés et à l'occasion de l'insufflation de l'air sur son visage ou bien lorsqu'on le découvre.

Pouls très rapide, petit. T. m. 39°, 9.

1 h. s. Lavement de chloral.

4 h. s. Même état. Pouls à peine perceptible, rapide. Malgré tout l'intelligence subsiste.

LA RAGE CIIEZ LES ENFANTS

Puis les râles trachéaux augmentent d'intensité. Envies fréquentes d'uriner et issue involontaire de Purine.

Mort à 1 lieure du matin. La garde dit lui avoir entendu pousser des ricanements avant de mourir.

Autopsie faite le 15 février, 10 heures après la mort.

Congestion intense de la pie-mère, cérébrale, qui, au niveau de la convexité des lobes frontaux droit et gauche, présente deux plaques ecchymotiques plus larges qu'une pièce de cinq francs.

Sinus de la dure-mère gorgée de sang noir.

Liquide céphalo-rachidien abondant non teinté de sang.

Les ventricules cérébraux sont un peu dilatés.

Le cerveau présente à la coupe seulement un peu de piqueté.

Le bulbe est seulement le siège de congestion veineuse à la surface. A la coupe il y a seulement une coloration rouge de la substance grise. Il a été emporté à l'Institut Pasteur et des inoculations ont été immédiatement faites à plusieurs lapins. Ceux-ci présentèrent 15 jours après les symptômes de la rage.

Les nerfs du membre mordu paraissent sains. Il en est de même des nerfs thoraciques antérieurs.

Les poumons sont simplement congfsstionnés dans toute leur étendue. Sans noyaux de broncho-pneumonie. Tubercules ramollis du hile du poumon droit et des ganglions correspondants.

En somme cette observation ressemble a la plupart des cas de rage qui ont été publiés. L'incubation a été de trois mois, durée un peu longue qui tient probablement à l'éloignement des centres nerveux, de la porte d'entrée du virus rabique.

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L'enfant entra à l'hôpital, avec tous les symptômes de la rage confirmée, et, fait rare, nous eûmes un moment l'espoir de le sauver. En général les enragés, les enfants surtout, succombent du deuxième au troisièmejour; celuici survécut de beaucoup à cette période puisquil résista toute une semaine. L'administration du chloral à dose élevée (6 gr. dans les 12 premières heures, 4 gr. les jours suivants), fut certainement pour beaucoup dans ce résultat. Au point de vue thérapeutique, c'est un fait à retenir; on peut, il me semble, le rapprocher des succès qu'on a obtenus parfois avec la même médication dans des cas graves de tétanos. Enfin le critérium expérimental démontra qu'il s'agissait bien de la rage puisque les lapins inoculés en furent atteints.

Nous trouvons une fois de plus l'occasion d'exprimer le regret que l'éducation hygiénique de la population parisienne laisse tant à désirer par rapport à la rage. Un chat recueilli sur la voie publique mord un enfant, en égratigne un autre. On se dit que c'est une méchante bête et on la noie. On a raison de s'en débarrasser, mais il eût été préférable de le faire d'une autre manière et de porter le cadavre au laboratoire de M. Pasteur, où on eût fait des inoculations, et lorsqu'elles auraient eu donné des résultats positifs, il eût encore été temps d'appliquer à l'enfant mordu la méthode prophylactique. Or, comme la période d'incubation fut très longue, cette méthode eût, selon toute probabilité, prévenu l'explosion de la rage.

Cette fois encore le hasard a été pour une part dans l'accident, mais l'ignorance y a été également pour une autre.

LA FIÈVRE typhoïde A PARIS

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