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Si nous jetons les yeux sur les deux autres courbes (1) du tableau A; dont la première est relative à Vienne, la seconde à Munich, nous verrons : 1° qu'à Vienne le chiffre de la mortalité par fièvre typhoïde était notablement plus élevé qu a Paris ; il l'est resté jusqu'en 1875. Cette année-là les deux courbes s'entrecroisent,
(1) La courbe se rapportant à Vienne est extraite du Mémoire de M. Mosny : reau iwtaldc à Vie/me et la fièvre typhoïde. {Revue d'Iiy-
fjiène, 188S, p. 31.)
Quant A, celle qui a trait îl Munich, elle résulte de statistiques faites par M. 0. Bollingek: Die Ahnahmc dus Tijplins in Miinsclwn.iAUgem^ Zcituno, 21 mars 1885.) Travail analysé dans la Rcouv d'hygiène, 1885, p. 43G, par M. le docteui- Eichakd.
LA FIÈVRE typhoïde A PARIS
puis le chiffre de Vienne ne tarde pas à devenir inférieur à celui de Paris et l'est toujours resté ; de plus, il n'y a eu aucune oscillation épidémique notable. En 1886, il n'y avait plus que 10 ou 1 1 décès pour 100,000 habitants, tandis qu'à Paris on en comptait encore 55. 2° Qu'à Munich il est facile de noter le même phénomène de 1880 à 1884.
Nous arrivons donc à cette première constatation, que deux villes, qui n'étaient pas plus salubres que la nôtre, ont aujourd'hui une quantité beaucoup moindre de fièvres typhoïdes.
Pareille décroissance a été notée à Breslau, à Dantzig, à Francfort, à Stuttgard, à Zurich, enfin, à Londres, ville dans laquelle depuis plusieurs années le coefficient de mortalité oscille entre 10 et 20 pour 100,000 habitants.
Il est probable que ces différences ne sont l'effet ni d'une aveugle fatalité, ni d'un changement dans h}, direction des vents ; nous pouvons, aujourd'hui, chercher si nous ne trouverions point dans l'histoire d'une ou de deux villes au moins les moyens de les expliquer.
Depuis quelques années l'Administration communale de Munich a fait une véritable révolution relativement à la canalisation du sous-sol. Dans cette ville, les idées du professeur Pettenkofer ont servi de base à toutes les améliorations réalisées : égouts nombreux et à parois imperméables avec provision d'eau suffisante pour que l'écoulement soit bien assuré, fosses d'aisances étanches, nettoyage soigneux des rues et enlèvement bien fait des détritus organiques, abattoirs pubhcs substitués aux tueries des boucheries particulières dont la surveillance était à peu près impossible, etc. Dans toutes ces amélio-