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Total: .... 86
LE CHOLÉRA INFANTILE
Le plus fort contingent est fourni par les très jeunes enfants. Dans l'enquête que j'ai faite, il n'y a pas eu d'enfants de plus de deux ans.
Particularités présentées -par la maladie. Durée :
8 heures 1 ^^s-
3 jours 20 —
Total .... 86 cas.
Les cas vraiment foudroyants, c'est-à-dire qui tuent en moins de vingt-quatre heures, forment une faible pro-
portion—'^ soit: 9.3 0/0.
La plus forte proportion des décès arrive le deuxième et le troisième jour, soit : 53.4 0/0.
La durée moyenne de la maladie, calculée d'après les durées particulières de 86 cas, serait de 56 heures, soit 2 jours 8 heures (nombre total des heures pour tous les enfants : 4,864).
Par conséquent, on est autorisé à dire que le choléra g infantile cause la mort, en général, entre deux et trois jours ; c'est ce qu'admettent la plupart des auteurs qui se sont occupés de la question.
§ 3. — Cette statistique, malgré ses lacunes, nous a fourni des notions peu nomhreuses mais précises, dont • nous pourrons tirer profit au point de vue de l'étiologie et de la maladie, en les rapprochant de notions recueillies par d'autres dans des conditions analogues. Nous pouvons les résumer ainsi :
Le choléra infantile — qui règne endémiquement à Paris — est bien plus fréquent dans les mois dYté qu'à aucune ' autre époque de l'année ; les cas sont d'autant plus nombreux que la température moyenne est plus élevée. ,
La maladie frappe surtout dans les parties de la ville ! habitées par une population pauvre, mal nourrie et peu soigneuse.
Elle est plus fréquente chez les jeunes enfants et devient rare à partir de deux ans. ^
Insistons sur quelques-uns de ces points . '
La qualification de maladie saisonnière donnée à cette forme de diarrhée est juste; mais elle est vague, si vague qu'il est impossible d'en tirer parti au point de vue pratique. On ne peut pas conseiller à la fraction de la population dans laquelle elle sévit,- des émigrations périodiques vers le nord, de manière à fournir aux nouveau-nés un perpétuel printemps. Je ne crois pas, pour mon compte, que l'augmentation de la mortalité tienne à des conditions mésologiques proprement dites. La muqueuse intestinale peut fonctionner aussi régulièrement à une température
LE CHOLÉRA INFAÎs'TILE
de 28° que par une journée d'hiver, pourvu que ralimentation soit également salubre, également assimilable dans les deux cas. L'alimentation, voilà le facteur le plus important, le facteur essentiel delà santé de l'enfant; qu'elle soit de mauvaise qualité, ou en trop grande quantité, mal adaptée, il est presque certain qu'elle provoquera des troubles gastro-intestinaux, dont le degré et la gravité varieront avec l'intensité de l'insultus primordial et la résistance du petit malade. Dans aucune saison de l'année les altérations des aliments ne sont aussi prononcées que pendant les mois dont nous avons parlé. Les classes sociales, dans lesquelles on relève le plus de cas de choléra infantile, sont précisément celles qui peuvent le moins se protéger contre l'action de cette cause, soit par suite de la misère, soit par suite de leur négligence de toutes espèces des lois de l'hygiène, même des soins de propreté. Que le lait acheté aux débitants soit moins bon à ce temps des chaleurs caniculaires, que ce lait s'altère plus vite dans les capharnailms sordides des impasses qui avoisinent le boulevard de la Gare, ce sont là des faits si connus qu'il suffit de les rappeler.
Cette augmentation estivale thermique de la diarrhée n'est pas particulière à l'année 1887 ni aux milieux dans lesquels j'ai observé. Voici du reste une courbe destinée à montrer la relation qui a existé cette année-là entre le nombre des décès par diarrhée infantile et la température ambiante.
ÉTUDES d'hygiène PUBLIQUE