PRÉFACE
temps avait effacé plus d'un détail. .l'y ai retrouvé une nouvelle preuve de ce que je savais déjà : qu'il avait compris, probablement mieux que personne à cette époque, l'importance de l'hygiène rationnelle ; qu'il en avait entrevu les procédés et qu'il ne lui manqua pour prendre une place importante, peut-être la première, parmi ceux qui ont le plus contribué à ses progrès, qu'un peu de temps. Gomme le disait M. Bail, dans le discours prononcé sur sa tombe, « il nous quitte au moment même où ses travaux jusque-là dispersés allaient se résumer en un ouvrage vraiment important
et qui aurait donné la mesure de son talent Si
cet ouvrage avait pu recevoir la dernière main de son auteur, on aurait vu que nous possédions parmi nous, un médecin qui joignait à son expérience médicale et à son esprit pratique, des connaissances scientifiques de l'ordre le plus élevé. »
Chalvet fut un de mes meilleurs amis; je n'oserais pas affirmer que son enthousiasme communicatif n'a pas été pour quelque chose dans le goût que j'ai toujours ressenti pour les questions d'hygiène. Voilà pourquoi je me suis plu à rappeler son souvenir au début de ces nouvelles études.
Gomme dans le précédent volume, j'ai été heureux d'utiliser les matériaux que me procure ma situation de médecin d'un hôpital d'enfants et de membre du Conseil d'hygiène de la Seine; j'ai pu ainsi connaître et constater des faits à similitudes nombreuses, souvent de même ordre. Pour l'étude comparative, la différence des buts et la multiplicité des points de vue est un incontestable avantage : autre chose est de s'occuper
PRÉFACK
d'un malade seulement en médecin, c'est-à-dire de l'assister armé des ressources de la science dans la lutte qu'il soutient, véritable lutte pour l'existence, en faisant abstraction du milieu et des conséquences de son mal à l'égard d'autrui; autre chose est de s'en occuper en hygiéniste, c'est-à-dire en homme qui veut avant tout prévenir la multiplication et la répétition d'accidents semblables à ceux qui ont frappé le malade.
Des circonstances insignifiantes ou à peu près, lorsqu'on se place seulement au premier point de vue, acquièrent une importance capitale dans le second cas; et par contre-coup les renseignements que permet de recueillir la pratique médicale, la pratique hospitalière surtout, nous fournissent des indications et des rapprochements qui échapperaient complètement à des enquêtes purement administratives.
Ce volume, comme le précédent, est consacré surtout à l'hygiène de la population parisienne, à la prévention de ces maladies courantes que les anciens décrivirent souvent sous le titre : de morbis vulgaribus. J'ai cherché dans l'étude des causes les moyens de combattre d'une manière efficace Téclosion et la propagation de nombreuses affections qui sévissent le plus fréquemment dans les classes populaires et frappent de préférence les enfants.
Auguste OLLIVIER.
Paris, 10 août 1888.