M. HUGOT. XVII
par la ville de Colmar furent transcrites et élucidées, malgré leur étendue. Autour de ce premier noyau vinrent se grouper des notes nombreuses , empruntées soit aux ordonnances du magistrat, soit aux registres des comptables. En même temps se joignirent aux recherches archivistiques , l'étude des médailles et la lecture des ouvrages , plus imposants du reste par leur nombre que par leur valeur, dont les préoccupations monétaires des derniers siècles ont enrichi la bibliographie allemande.
Si des travaux entrepris avec tant d'intelligence et d'ensemble, avaient pu se continuer pendant plusieurs années, l'Alsace posséderait depuis longtemps le livre que nous avons essayé de fedre. Elle aurait de plus un Traité numismatique, exact, complet et raisonné : œuvre, que notre publication pourra rendre plus facile, mais dont l'exécution nous eût entraîné trop loin.
Quelles furent les circonstances qui arrêtèrent M. Hugot, après de si beaux débuts ? Fut-il distrait de son travail par les devoirs de sa charge ou par l'Histoire de la Décapole , qu'il préparait vers la même époque ? Se laissa-t-il emporter par cette soif d'apprendre qui le dévorait et qui, favorisée par la merveilleuse variété de ses aptitudes, ne lui permettait point de concentrer toutes ses forces sur un seul sujet ? Nous l'ignorons. Ce qui est certain , c'est qu'il interrompit, au bout de quelques mois, la suite de ses recherches, et malgré la prédilection qu'il conserva toujours pour les études numismatiques , malgré la complaisance avec laquelle il on parlait sans cesse à ses amis , il ne lui fut plus donné de les reprendre sérieusement. Du monument qu'il rêvait , auquel dans sa pensée il avait donné des proportions si larges et si imposantes , il ne resteaujourd'hui que deux ou trois pages sur les bractéates, quelques dessins, des copies de chartes , des notes, des extraits, des indications plus ou moins fugitives.
XVIII INTRODUCTION
Ces matériaux sont entre nos mains. M. Hugot, directeur des contributions directes à Strasbourg , n'a pas voulu que les travaux de son frère fussent perdus pour la science, et nous avons eu l'honneur d'être choisi comme exécuteur de cette pieuse pensée. Qu'il reçoive ici l'expression publique de notre reconnaissance. Pourquoi ne l'avouerons-nous pas? Ce qui nous a touché surtout dans le généreux abandon qu'il noiis faisait de cet héritage littéraire, c'est moins la valeur intrinsèque de la donation elle-même , que la confiance dont elle était la preuve et la liberté complète, qui nous éta^t gracieusement accordée, d'en user selon nos convenances. Les Le lecteur connaît maintenant le point de départ de notre
ARCHIVES travail et les éléments dont nous disposions. Il voit que