‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 9 sur 391 · M. SCHREIBER. — M. HEGEL. — M. HUGOT. XV · texte numérisé non relu

M. SCHREIBER. — M. HEGEL. — M. HUGOT. XV

1533, cette vHle avait monnayé de concert avec Bâle, Colmar et Thann ; ses destinées monétaires se confondaient alors avec celles de la Haute-Alsace. M. Schreiber, en les racontant, écrivait une page de notre histoire provinciale. Son récit est feit avec beaucoup de soin, et nous n'avons dû que bien rarement nous en écarter. Si nous n'avons pas pris ses calculs pour point de départ, c'est qu'ayant entre les mains les chartes mêmes , qui lui servaient de base, il nous était plus facile d'opérer sur cette donnée , que de convertir en francs et en centimes ses évaluations moins rigoureuses en florins et en kreutzers.

Qxiant à M. Hegel, qui a consacré aux monnaies strasbour- M. Hegel. geoises du xiv« siècle l'appendice V de son édition de Closener- Koenigshofen *, il ne nous a été d'aucune utilité. Lorsque son livre a vu le jour, notre travail était terminé depuis plusieurs années. Ses conclusions ne nous ont servi que comme moyen de contrôle. En cas de désaccord, une note suffira pour justifier notre manière de voir.

L'exposéde M. Schreiber doit une partie de son mérite à feu M. Hugot, bibliothécaire- archiviste de Colmar. Grâce à l'obligeance de cet érudit, aussi modeste que savant, les documents que contenaient les archives de Ck)lmar , sont allés compléter les richesses que l'historien de Fri bourg trouvait sous sa main 2.

Et cependant, au moment où il faisait ces communications, m. Hugot. M. Hugot travaillait lui-même avec une indicible ardeur à une œuvre analogue. Malgré l'expérience personnelle que nous avons Êiite de sa générosité et de son désintéressement, nous n'aurions pu croire à tant d'abnégation, si la correspondance de M. Hugot ne nous en fournissait la preuve certaine. Les pièces qu'il mettait à la disposition de M. Schreiber,

i. Leipzig 1871.

2. Geschichte der Stadt Freiburg in Breisgau. Fribourg, 1868, 2* partie,

XVI INTRODUCTION

il les avait réunies pour lui-même. C'est aux dépens de l'ouvrage qu'il comptait publier dans un avenir plus ou moins prochain, qu'il enrichissait le recueil d'un rival !

M. Hugot aimait passionément la numismatique, et l'on n'a pas oublié, à Colmar, avec quelle jalouse sollicitude il veillait à la conservation et à l'agrandissement du méd ailler confié à ses soins. Il semble toutefois que ce qui l'intéressait avant tout, dans l'étude des monnaies, c'est la connaissance de leur valeur, les lumières qu'elles pouvaient fournir à l'histoire et à la science économique. < Depuis notre dernière conversa-

♦ tion , écrivait-il en 1841, M. de Berstett a fait paraître son « essai sur les monnaies d'Alsace, mais quel que soit le mérite

* de cet ouvrage, il laisse encore beaucoup à désirer à certains « égards, et c'est précisément le point de vue négligé par M. de € Berstett , que fai particulièrement cru devoir envisager. Je <r crois donc qu'il y aurait avantage non -seulement pour « nous, mais encore pour V histoire de notre pays , à continuer « activement nos recherches.» Cette appréciation est confirmée par la nature des matériaux que M. Hugot avait réunis.

La citation que nous venons de faire, est empruntée à une lettre qu'il adressait à M. Teutsche, attaché aux archives du Bas- Rhin. Se sentant dans l'impossibilité d'exploiter luimême les richesses conservées dans les dépôts de Strasbourg, il pensa trouver dans M. Teutsche un collaborateur aussi actif qu'éclairé. Il lui fit part de ses vues, de ses intentions et de ses espérances. Malheureusement pour nous, la minute de ses instructions a disparu , et quant à la collaboration ellemême, nous avons lieu de croire qu'elle ne fut jamais qu'une promesse.

Quoique réduit par là à ses seules forces, M. Hugot se mit à l'œuvre et poursuivit son entreprise avec une patience à toute épreuve. Il fit d'abord l'inventaire des ressources dont il disposait directement. Les conventions monétaires conclues

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