‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 117 sur 391 · Ib. G · texte numérisé non relu

Ib. G

être nécessaires. Tous les lots particuliers, qui se servaient de ces galeries, pour Taération, l'écoulement des eaux ou le transport du minerai , donnaient, en retour de ce service, le neuvième de leur produit K Dans le cas où la construction et l'entretien de ces galeries étaient cédés à une société de mineurs, celle-ci prélevait le même droit.

L'évêché stipule en outre, que s'il désirait Targent des mines pour le monnayer ou en disposer autrement , on devait le lui donner de préférence, à condition toutefois qu'il le prendrait au prix courant et le paierait comptant. Sinon, les mineurs étaient libres de le vendre à leur gré.

Les mineurs devaient vider entre eux tous leurs procès. Étaient exceptés de cette juridiction particulière, le meurtre, le vol , le faux , la trahison , tout ce qui touche au corps et à la vie (tout crime capital), tout ce qui relève de la haute justice *.

Nous avons cru devoir donner cette analyse, parce que certains détails y sont marqués avec une précision, qui ne se rencontre pas toujours dans les documents de la Haute Alsace. C'est ainsi qu'on y voit bien clairement, que la contribution du neuvième cuveau n'est ni une rente , ni un impôt proprement dit. Ce n'est qu'une répartition proportionnelle, et souvent atténuée, de frais généraux dont la seigneurie fait l'avance.

Avant de parler des mines d'argent de la Haute Alsace, qui doivent nous occuper plus longtemps, nous devons dire quelques mots de leur bibliographie. Le nombre des mémoires imprimés ou manuscrits qu'elles ont inspirés, est très-considérable. Au dessus de ces documents, qui ne traitent d'ordinaire que de quelque fait isolé, deux ouvrages d'une importance capitale et d'une portée générale , méritent surtout de fixer notre attention.

Le premier en date est le travail de M. deDietrich, que nous venons de citer plusieurs fois. C'est un rapport officiel sur les usines, les forges et les mines de l'Alsace , le fruit d'une ins-

1. Unnd wellicher gruben unnd gerechtigkeyt sollicher erbstolle lufft un wetter gipt^ wasser nympt , ert\ un andres in unnd us^ dem berge jfii bringen furderet, dieselben grubeu sollent .... den nûnden ku belle oder j^entner ert^en.. . fw geben schuldig sin.

2. Cette convention se trouve dans les archives de la Cathédrale.

pection aussi minutieuse qu^intelligente, faite en Tannée 1785. Son but était d'éclairer les hommes spéciaux , et en particulier l'admiaistration des mines , sur la valeur de chacun de ces établissements , sur les procédés qu'on y employait , sur l'avenir qu'il promettait.

Ce programme fut rempli avec un succès qui dès l'origine réunit tous les suffrages. Mais répond-il à nos vues ? Notre désir serait de suivre à travers les siècles les destinées des mines , d'indiquer quel fut , aux différentes époques de leur histoire, le rendement de chacune de ces exploitations. Nous ne tenons pas , comme le minéralogiste , à connaître le nom, la direction des diverses galeries , l'analyse chimique de leur minerai. Quelques données d'ensemble nous suflBsent à cet égard. Mais nous aimons à nous rendre compte de la condition politique, économique et sociale des mineurs ; et si nous nous intéressons à quelques détails techniques de leur métier, c'est moins au point de vue de l'art lui-même, qu'à cause des lumières qu'ils peuvent jeter sur la vie matérielle des ouvriers.

Là Description de M. de Dietrich n'était donc pour nous qu'un secours assez limité. Il n'en est pas de même des pages intéressantes que M. Eugène Kœchlin a publiées dans la Description géologique et minéralogique du Haut-Rhin \ La plupart des questions qui nous préoccupent, se trouvent traitées par ce patient écrivain, et traitées avec les mêmes matériaux.

Au moment où parut le travail de M. Kœchlin, nous venions de dépouiller, dans les Archives du Haut-Rhin, tous les dossiers relatifs aux mines : la rédaction de ce Chapitre était en grande partie terminée. Il ne nous a donc pas dispensé de fastidieuses recherches , devant lesquelles nous aurions peutêtre reculé, si nous l'avions connu. Mais il nous était agréable de voir nos conclusions contrôlées par les siennes.

Le lecteur trouvera entre nos deux récits de nombreux points de contact. Nous parcourons le même pays , dirigés par les mêmes guides , poussés presque toujours par une naème curiosité. Chacun de nous conserve cependant ses goûts et ses prédilections. Nous glisserons rapidement sur des descriptions de mines, auxquelles M. Kœchlin s'est arrêté avec complaisance. Nous nous étendrons au contraire sur

l. Mulhouse, 1867.

CH. IV

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