‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 12 sur 391 · LES ARCHIVES SONT NOTRE SOURCE PRINCIPALE. XIX · texte numérisé non relu

LES ARCHIVES SONT NOTRE SOURCE PRINCIPALE. XIX

Des circonstances exceptionnellement favorables nous permettaient de faire tout le travail par nous-mème. Nos fonctions nous retenaient d'ordinaire à Colmar, où se rencontrent à la fois les archives de la ville et celles du Haut-Rhin. Pendant les vacances , nos liens de famille nous attirent à Strasbourg, et mettent à notre portée, non seulement le dépôt du Bas-Rhin, mais encope les richesses bien autrement précieuses, du moins au point de vue économique, que cette antique cité a héritées de ses ancêtres. Nous pouvions de la sorte étudier à loisir , sans déplacement spécial, les monuments les plus importants de nos traditions monétaires. Quelques courses nous suffirent ensuite pour recueillir les débris de ces traditions, dispersés dans le reste de la province. Bàle seule nous retint plus longtemps. Encore les rapports étroits qui rattachaient cette ville aux États de la Haute- Alsace, et la communication qu'elle fedsait à ses voisins de ses ordonnances particulières, contribuèrent-ils beaucoup à diminuer, à abréger nos recherches locales.

Partout nous reçûmes la plus gracieuse hospitalité. Personne n'ignore avec quelle bienveillante sollicitude l'administration française facilite , même aux étrangers , Taccès de ses archives et les recherches scientifiques. Les dépôts municipaux nous furent ouverts avec la même courtoisie. Les hommes intelligents et généreux qui en ont la garde, nous prodiguèrent leurs conseils et leur temps avec une libéralité que nous n'oublierons jamais. En leur adressant cet hommage public de notre gratitude , nous n'apprendrons rien, nous le savons, à ceux qui ont vu de près MM. Brucker à Strasboui^, Mossmann à Colmar, Coudre à Mulhouse, Kf*lner à Bàle. Mais nous tenions à inscrire leurs noms en tète d'un livre qui doit tant à leur concours dévoué.

Borné d'abord aux fonds monétaires, le cercle de nos études Extension s'est successivement élargi. D'une part, nous ne tardâmes ^^^ reçue

XX INTRODUCTION

NOTRE pas à remarquer que les renseignements qu'ils fournissaient,

TRAVAIL. ,r^ . ^ • |. .^ . . . t P

n étaient ni assez explicites , ni assez suivis, pour une histoire complète des monnaies. D*un autre côté, notre attention a dû s'étendre à une série de questions secondaires, qui se relient d'une manière plus ou moins étroite aux destinées des monnaies, et dont la solution se trouvait ailleurs.

La valeur des monnaies, comme celle de toute marchandise, se compose de trois éléments« : la matière première , la maind'œuvre et le bénéfice du fabricant. L'étude de la matière première nous fit rechercher le prix des métaux précieux, les conditions où se trouvaient, aux différentes époques de l'histoire, la production et le commerce de lor et de l'argent. A la main-d'œuvre se rattachaient les destinées des monnayeurs et l'appréciation des procédés qu'ils employaient. Quant au bénéfice du fabricant , il est arbitraire en soi , puisqu'il s'agit ici d'un monopole ; mais il peut être limité par des conventions spontanées avec les États voisins , par les ordres supérieurs du pouvoir central : il nous amena, par conséquent, à passer en revue les phases diverses que le droit de battre monnaie a successivement traversées. Enfin il nous sembla bon de compléter notre histoire des monnaies par celle du crédit public, d'après ses manifestations les plus importantes, le taux de l'intérêt et l'organisation des banques.

De là, pour nous, l'obligation de dépouiller non-seulement les règlements monétaires, les édits de change et les registres des monnayeurs, mais tout ce qui, dans les monuments du passé, touchait de près ou de loin à ces problèmes historiques et financiers. De là aussi une moisson abondante , la réunion d'une masse de documents, qui , en dehors de leurs rapports directs avec la valeur des monnaies, présentaient un ensemble assez imposant.

En face de ces richesses nous avons éprouvé un moment d'eml?arras. Nous les avions rassemblées, en partie, pour notre

Page 1