EXTENSION QU A REÇUE NOTRE TRAVAIL. XXI
édification personnelle. Fallait-il n'en extraire que certaines données plus directement liées à la valeur des monnaies , objet principal de cette publication, et réserver le reste pour des dissertations spéciales ? Pouvions-nous traiter ces questions secondaires avec tous les développements qu'elles comportent en elles-mêmes, sans nous préoccuper des longueurs qu'entraîneraient quelques unes de ces digressions , sans respecter l'unité rigoureuse de notre sujet primitif? Après quelques hésitations, ce dernier sentiment finit par prévaloir dans notre esprit.
Notre livre, en eflfet, ne sera jamais, quoi que nous fassions, ni une œuvre d'art, ni une lecture récréative. Ceux qui le prendront en main, y chercheront leur instruction plutôt que leur agrément. Or ces esprits sérieux n'exigent pas d'un écrivain, qu'il ne songe qu'à une seule catégorie de lecteurs. Dès qu'un ouvrage donne satisfaction, dans certaines de ses parties, à leurs préoccupations personnelles , ils ne trouvent pas mauvais qu'il réponde , en d'autres, à des préoccupations différentes. Si la matière traitée dans un chapitre ne les intéresse pas, avertis par le titre, ils passeront outre, sans oublier que les mêmes questions qu'ils dédaignent , peuvent avoir pour d'autres un attrait particulier.
Telles sont les dispositions que nous attendons de nos lecteurs, et nous sommes persuadé que cette attente ne sera pas trompée. Sans nous écarter du cadre qui nous était en quelque sorte tracé d'avance , nous lui avons ainsi donné tous les développements dont il* était susceptible. On les trouvera parfois excessifs, et nous reconnaissons sans peine la justesse de ce jugement. Il serait facile toutefois de prouver qu'ils ne manquent pas d'intérêt , et qu'ils se rattachent tous, par un lien plus ou moins étroit, à l'objet essentiel de ce livre.
En eflfet, c'est toujours le métal précieux, l'argent surtout, qui fixe notre attention. Mais au lieu de ne l'envisager que
XXII INTRODUCTION
dans sa forme la plus usuelle, comme monnaie , nous Tavons suivi dans toutes les phases de ses destinées. Nous le voyons d'abord sortir des entrailles de la terre, et le sort des populations laborieuses qui vivent de ce pénible travail, nous arrête quelques instants. Il entre ensuite dans le commerce, et arrive, par diverses voies et sous Tempire de lois spéciales, que nous décrivons en passant , jusque dans les ateliers monétaires. Ceux-ci nous absorbent plus longtemps. Nous nous demandons à qui ils appartiennent , quelle fut la condition des corporations qu'on y rencontre, la nature des procédés qui y régnent. Enfin la monnaie est frappée, l'argent rentre dans le monde, mais quelle est la valeur qu'il a reçue des monnayeurs, quelle valeur les hommes lui accordèrent-ils dans leurs estimations de change ? L'épargne accumule ensuite l'argent dans certaines mains : il devient capital. Soit par des prêts directs , soit par des établissements de crédit, il pourvoit à des nécessités imprévues, il aide à surmonter des crises passagères , il féconde le commerce et l'industrie. Mais qu'exige-t-il en retour de ces bienfaits , à quel prix ce traînage le porte-t-il dans les diverses classes de la société ?
Une certaine unité , on le voit , ne manque pas à notre travail, et le plan que nous venons d'esquisser , nous aurions pu le suivre pour le développement de notre pensée. Nous avons préféré en intervertir quelques points. Il nous a semblé que nos idées y gagneraient en clarté et en précision. Lg lecteur jugera si nous avons eu raison.
Voici du reste la marche que nous avons adoptée.
Le Chapitre premier renferme les Notions préliminaires , la DE CETTE discussion des mots techniques et des procédés, qui, dans la PREMIÈRE g^j^ç jg Touvrage, servent de base à nos évaluations moné