DE LIÈVRE
Mines de Lièvre *.
Débuts des Mines de Lièvre. — Leur organisation. — Conflits entre les Ribeaupierre et les Archiducs. — Développements des Mines. — Leur produit. — Modes divers d'exploitation. — Sabires des Ouvriers. — Caisse des frères. — Procédés d'exploitation. — Natiu-e du minerai. — Rendement des Mines — Leur décadence. — Reprise des travaux en ija. — Le roi trompé par les Birkenfeld. — Destinées des Mines au xviu* siècle.
Les mines d'argent du val de Lièvre sont les plus anciennes débôts de l'Alsace. Mais on ne sait rien sur l'époque précise de leur ^^^ mines origine.
Les documents historiques, qui les concernent, ne remontent pas au delà du ix* siècle. A cette époque deux seigneurs, Guillaume et Achery ^, fondaient le monastère, qui porta le nom de ce dernier. « De leur temps, nous apprend Richer de Senones, chroniqueur du xiii* siècle , on découvrit des mines d'argent, qui passent pour avoir été très-productives *. »
1. Le Krongewicht pèse 3 gr. 1^1, et le florin vaut 2 fr. \^.
2. A moins d'indication spéciale, les documents cités ou utilisés dans celte section appartiennent aux archives des Ribeaupierre et de la Régence. Les plus importants sont réunis dans deux volumes ms. intitulés: Documenta S. Mariœ fodinarum. Nous n'avons pas à nous occuper ici des mines lorraines de S. Marie.
3. Grandidicr. Œuvres historiques inédites, i, p. 300 et suiv. «. L. II, ch. 9. Quorum diebus argentinœ fossœ repertae sunt, in quitus
multum argentum esse fertur effossum,
178 CH. IV. — s. II. — MINES DE LIEVRE.
D'autres indications datent du x' siècle, et se rencontrent dans l'histoire des Évêques de Toul K On y voit S. Gérard I (963 — ^994), parler des dîmes d'argent (décimas minœ argentt) des environs de S. Dié , et l'un de ses successeurs, Berthold, (995— 1019), obtenir d'Othon III (983—1002), la ville de Bergheim, avec le péage et le district de la mine {districtum mimé).
A l'exploitation de ces mines se rattachent évidemment les ateliers monétaires établis à Bergheim, par Tévèque de Toul, au milieu du xi' siècle ; à Schlettstadt, par les partisans de l'Empire, avant 1221; et à Châtenois, par les évêques de Strasbourg *.
Elles furent délaissées dans la seconde moitié du xii« siècle. Nous en croyons trouver la preuve, dans le silence que les Annales des Dominicains de Coimar , si riches en données locales , gardent sur ce sujet ; et dans la suppression de la Monnaie de Châtenois, qui en 1296 était un fait depuis longtemps accompli. L'épuisement des forêts, selon Herquelde Plainfaing; l'invasion d'eaux souterraines, selon Sébastien Munster, fut la cause de cet abandon ^. Nous sommes porté à croire que les guerres qui agitèrent le pays à la suite du grand Interrègne y contribuèrent pour beaucoup.
Les travaux ne reprirent , et encore dans des proportions assez restreintes, que vers la fin du xv* siècle. Dans les Comptes de la ville de Bàle pour l'année 1468 , nous avons rencontré la mention suivante : 3 U> 18 ^. von der Costen u^egen von Rapolt\weiller mit dem silber. Cet argent cherché par les Bâlois à Ribeauvillé ne peut provenir que de nos mines.
C'est en effet sous la direction des Ribeaupierre et à leur profit que l'exploitation recommença. Mais dès que les produits acquirent une certaine importance, les archiducs d'Autriche, suzerains des Ribeaupierre, réclamèrent une part dans les bénéfices.
La question fut réglée par une convention conclue en i486. Il y fut décidé que l'archiduc Sigismond aurait les deux tiers dans le revenu des mines. Mais dans le cas où il mourait sans héritier direct, ses collatéraux n'avaient plus droit qu'à la