SALAIRES DES OUVRIERS
Imagiaé par Prechter ou extrait des livres d'un régisseur,
ce compte doit renfermer des données exactes, qu'il serait intéressant d'analyser. Contentons-nous de noter quelques points saillants. La dîme est V20 du minerai ; le dix-huitième représente la part prise par le mineur aux frais généraux
(galeries d'épuisement, etc.). D'après le chiffre de la pension qui est par semaine de 12 batzen (3 fr. 40 ; 0,50 par jour), le compte embrasse une période de 18 semaines. Les manœuvres qui aident le mineur, travaillent 8 heures par jour, et gagnent 8kr. (Ofr. 57) ; s'ils prolongent leur journée, ils reçoivent un supplément de 1 kr. par heure. Depuis le premier quart du ivi' siècle leur salaire était monté de 3 à 4 fr. par semaine ; dans le même espace de temps, le quintal de suif s'était porté de 35 à 63 fr. 60 ; et le quintal de fer, de 9 fr. 30 à 20 fr. 35. Le prix de l'argent fin n'avait varié, et ne pouvait varier, que de quelques centimes. Le seul rapprochement de ces chiffres a soQ éloquence, et pour la condition comparative des ouvriers, et pour la prospérité des mines elles-mêmes.
Une autre classe de mineurs était celle des Zinshauer^ qui, moyennant un canon fixe {\ins)^ exploitaient les galeries abandonnées. Ils travaillaient à leurs risques et périls , soit isolément, soit par groupés ; ils pouvaient même prendre d'autres ouvriers à leur solde. Prechter n'aime pas les Zinshauer ; il les accuse de ne rien faire pour la conservation des galeries, de ruiner toutes celles où on les admet. Il leur reproche aussi d'enlever aux entrepreneurs les plus robustes travailleurs, et de ne leur laisser que des hommes malingres, dont les veuves et les enfents retombent ensuite à la charge de la Caisse des frères.
Cette caisse a déjà été mentionnée plus haut. Elle était ali- la mentée par les cotisations des ouvriers , par l'abandon que caisse des faisaient les entrepreneurs d'un cuveau par umbgang (72. frères. cuveaux), par les subventions qu'accordaient régulièrement les seigneurs, par des dons, des legs, etc. En 1789, elle possédait plus de 4000 1. placés en rente, et des biens fonds ^sez importants. Un obersteiger l'administrait, assisté de quatre anciens.
Ses livres de comptes mentionnent une foule de subsides, parfois considérables , accordés à des ouvriers malades ou à des veuves chargées d'enfants. Elle veillait aussi aux besoins
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du culte, et assurait un :[ehrpfennig aux compagnons de passage. Un hospice, entretenu par elle, recevait les ouvriers qui ne pouvaient plus gagner leur vie, et les hébergeait jusqu'à la fin de leurs jours. Selon la loi commune de l'époque, l'hospice avait droit à la succession de tous ceux qui y mouraient. « Mais ceux qui n'avaient rien, n'en étaient pas moins bien traités ; on leur donnait d'aussi bonnes paroles qu'aux autres. »
Procédés Mais laissons là ces détails que nous avons cru devoir indi- DEx- quer, parcequ'ils achèvent de peindre la situation économique PLoiTATioN. des mineurs, et revenons au mémoire de Prechter.
Le minerai se détache, soit avec la pioche, soit avec le burin, d'après le procédé que suivent nos tailleurs de pierre, quand ils veulent couper un bloc en deux ; la roche est préalablement amollie à l'aide du feu. Quand il en a abattu de quoi occuper une journée de manœuvre, le mineur le fait enlever. Des charriots, qui roulent sur des rails de bois, le transportent à travers les galeries, et des treuils relèvent de puits en puits, jusqu'à l'étage supérieur.
Le minerai d'argent , le cobalt , le bismuth , sont d'abord grossièrement nettoyés par des enfants, (erklaubt)\ puis ils passent sur la pierre à trier (scheidstein) , où l'on détache à coups de marteau les parties terreuses ou pierreuses qui entourent la bonne mine ; l'on y met aussi de côté les morceaux de choix (stuf) qui ne doivent plus subir d'autre préparation; le reste est ensuite écrasé (gebucht) par des femmes. D'après les dessins de Munster et au xviii* siècle , on bocardait la mine à l'aide de moutons, mis en mouvement par une machine hydraulique. Mais en 1602 Lièvre n'avait point de machine de ce genre. Prechter le regrette et conseille de réparer cette lacune.
Réduit en sable, le minerai est tamisé (gesibt) dans un baquet. Là, sous l'action de l'eau , le métal se dépose au fond du tamis, les parties terreuses, plus légères, montent à la surface et sont enlevées avec une planchette (kisté)^ plate d'un côté, arrondie de l'autre. Les parties fines qui traversent le tamis sont étendues sur des tables inclinées, où on les délaie avec des râbles ; un léger courant d'eau les arrose et enlève la gangue.
Le minerai de plomb, plus lourd, est d'abord nettoyé dans