‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 133 sur 391 · SI^.CLE · texte numérisé non relu

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On voit par ce tableau que l'exploitation ne se maintint pas à la hauteur qu'elle avait atteinte en 1735. La décadence est surtout sensible après 1749, elle s'accélère en 1756.

Les autres produits des mines tombèrent dans la même Destinées proportion. La dîme rapporta de :

1727 à 38 : 141 277 1. M s. 6 d., moyenne par an 11773 fr.

1739-30 : lo6 537 1. 6V,d., » 13045 fr.

irôl-G2: 94 296 1. 16 s. 3 d., » 7a^ fr.

1763-73 : 16 498 I. 14 s. 8 d., » 1490 fr.

II suffit de multiplier ces chiffres par dix pour avoir le rendement total des mines.

En 1749, les eaux avaient envahi les galeries du Fordelbach. et pour remettre celles-ci en état , de fortes dépenses étaient urgentes. Mais les actionnaires firent la sourde oreille, quand on s'adressa à leur bourse ; les travaux se ralentirent, les dettes s'accumulèrent et Ton aboutit enfin, en 1766, à une faillite. dont la liquidation n'était pas terminée, lorsque éclata la Révolution.

Pendant que les divers incidents de cet interminable procès se déroulaient devant le Conseil Souverain d'Alsace, le prince des Deux-Ponts reprit à ses frais l'exploitation des mines. Mais il n'avait qu'un petit nombre d'ouvriers, et la production ne se releva point , comme on pourra le constater par le tableau suivant :

marcs

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196 CH. IV. — s. III.— iMINES DE MASSEVAUX ET DU ROSEMONT.

Le rendement total de l'année 1789 était :

argent 208 m. à 531. 15 s. le marc 11 IBl fr.

plomb en saumons. 14344 //. à 26 1. le quint. 3729 » 44

» en lingots . . A900 ^- »

» en dragée . . 6875 fi. k 29 1.

litharge d'argent. . . 2873 //. à 21 1. mine de plomb . . . 3030 ff. à 18 I.

cuivre rouge 2097 //• à 100 1.

~ 21423 fr. 92

L'argent formait plus de la moitié du revenu total.

Après la Révolution , on essaya plusieurs fois de reprendre les travaux ; mais sans résultat sérieux. Les mines sont aujourd'hui complètement abandonnées.

Dans cette esquisse , nous n'avons rien dit des variations que subit , dans le cours des siècles , le prix de Targent fin Les développements qui se rattachent à cette question, appartiennent au chapitre suivant.

Troisième Sf.ction.

Mines de Massey^aux et du Rosemont K

Mines de Massevaux. — Débuts des mines du Rosemont. — I,,es Stadion. — État de ces naine* ^ 1590—1596, — au xvii sècle, — de 169a à 1698, — en 1699 — Destruction des mines, 1716. — 1«» reprise.

Mines L'origine des mines de Massevaux, comme celle des mines

DE de Lièvre, se perd dans la nuit des temps. Les plus anciens

MASSEVAUX. documents quiles concernent, les supposent exploitées depuis

de longues années.

Une charte de l'archiduc Albert (veille de la Toussaint 1587) nous apprend que « Ton doit continuer à rechercher e1 travailler le minerai d'argent (silber ert\t) près de Massevaux, conformémeh taux usages traditionnels i'j/5^^vor/^^Aertomen|^

1. V. fonds de l'abbaye de Massevaux et de la Régence d'Ensisheim Archives du Haut-Rhin.

MINES DE MASSEVAUX. 197

Mais désormais les droits payés par les mineurs seront divisés en deux parts ; l'une d'elles lui appartiendra , l'autre sera remise à l'abbaye de Massevaux. En conséquence, il prend les mineurs et ouvriers sous sa protection spéciale, et leur garantit toutes les franchises et bonnes coutumes dont ils jouissent d'ancienneté. »

Ce partage des revenus était, on le voit, une innovation. Mais on ne s'arrêta point à cette première conquête sur les droits de l'abbaye. Les archiducs d'Autriche, avoués de Massevaux, et leurs officiers ne tardèrent point à disposer des mines en maîtres absolus. C'est ce que nous savons par une lettre , que Tabbesse Adélaïde d'Eptingen adressait en 1484 à Jacques de Thann, docteur en droit, prévôt de Zurich et curé de Giltwiller. Comme elle connaît la faveur dont il jouit à la cour de l'archiduc, elle lui recommande les intérêts de l'abbaye et lui fait un long exposé de ses doléances.

Autrefois, dit-elle, il y a bien longtemps, une mine d'argent fut découverte sur nos domaines. Les étrangers , et quiconque y désirait travailler, en recevaient l'autorisation de l'abbesse et lui payaient la dîme et le change, comme d'habitude. Plus tard l'archiduc Albert revendiqua la moitié des revenus, en qualité d'avoué (kastvogt) et de protecteur.

Dans la suite, le rendement diminua et les travaux furent tour à tour abandonnés, repris et abandonnés de nouveau.

Il y a trois ans les bergrichter autrichiens ont fait de nouvelles concessions, à notre insu, et elles sont exploitées depuis lors sans aucun profit pour l'abbaye. Des réclamations adressées à Inspruak sont restées sans réponse, probablement à cause des nombreuses préoccupations qui absorbent la Régence. De son côté, le landvogt ne veut rien décider sans ordre supérieur. Jacques de Thann est donc prié de solliciter, de l'archiduc lui-même, une solution conforme aux droits de l'abbaye.

Nous ignorons quelle fut l'issue de ces démarches. Nous ignorons de même quelle fut l'importance de l'exploitation *.

1. Les comptes de la Monnaie de Colmar, en 1498, nous présentent entre autres, Tindication suivante : It. xxxvi marck 1 (\. fin silber kouft umb Bartigen von Massmunster. D'autres livraisons furent faites par un nommé Batt Schrotisen, mais rien ne marque leur provenance. (S. B L. 24, n-* 8)

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