‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 132 sur 391 · LE KOI TROMPÉ PAR LES BIRKENFELD · texte numérisé non relu

LE KOI TROMPÉ PAR LES BIRKENFELD

Dès 1711 on recourait à la ruse que Papelier renouvelle en 1756. La pétition donne à l'entreprise les plus humbles proportions. A l'entendre, on n'aurait rencontré jusque là, « qu'une certaine couleur bleue qui sert pour en faire de Tamidon, pour empeser le linge et qui estant assez commune en Allemagne et à un prix assez bas , .n'est par conséquent autrement considérable que par la facilité d'en avoir dans le pays *. »

L'exécution du traité de 1711 provoqua de nombreux conflits, dont il est inutile d'entretenir nos lecteurs. Nous dirons seulement que resté unique concessionnaire des mines en 1730 (27 nov.), Nicolas Sederer passa ses droits , le 5 octobre 1734, à une compagnie représentée par les sieurs Krœber et Schreiber. La plupart des nouveaux entrepreneurs n'étaient point français. Leur premier soin fut de solliciter des Lettres Patentes, par lesquelles le gouvernement français renoncerait en leur faveur au droit d'aubaine, qu'il exerçait sur la succession des étrangers. Cette concession leur fut accordée le 17 juillet 1736 , et confirmée par arrêt du 24 septembre

Dans les Lettres Patentes de 1736 il est dit, que l'année précédente les mines de Lièvre avaient livré à la Monnaie et à différents établissements de Strasbourg : 4000 marcs d'argent , 30 milliers de cuivre, et 200 milliers de plomb.

Ces données concordent assez bien avec les registres des dîmes qui accusent pour l'année 1735 : 3942 marcs d'argent, 21902 livres de cuivre, 33329 livres de plomb et 25 livres de cobalt.

En 1740, des inondations vinrent gêner les travaux; la cherté des vivres amena le départ de beaucoup d'ouvriers, allemands pour la plupart. Le rendement de cette année fut de 1684 marcs, 5 onces, 4 deniers d'argent à 11 (^. 22 gr. de fin; 19950 livres de cuivre rosette; 13988 livres de plomb,

1- On lit à ce propos dans un rapport de 1772. « Le Kobalt n'est puisé que d'une seule mine, mais qui est riche. Il est de la plus noble espèce, pour n'être pas chargé d'arsenic et de matières étrangères, autant que le sont les Kobalts de Saxe et de Hanovre. »

194 CH. IV. — s. II. — MINES DE LIEVRE.

employés en partie à TafiSnage de l'argent. Les entrepreneurs eurent un déficit de 8320 1.

Les gages payés à cette époque dans les mines , étaient par semaine : 12 à 30 1., pour les employés supérieurs- (directeur, inspecteur, greffier); 7 à 12 1., pour les hutmans (contremaîtres); 8 à 10 1. pour les fondeurs ; 4 à 6 1., pour les simples mineurs. Ces chiffres méritent d'être rapprochés de ceux que nous avons donnés plus haut pour 1602, et pour la première moitié du xvi* siècle *. En 1740, la livre était déjà l'équivalent du franc.

Voici quels seront, d'après M. de Dietrich*, en Tannée 1785, les mêmes salaires :

700 1. par an , soit 13 fr. 46 c. par semaine.

20 V, à 24 s. par jour, soit 6,15 à 7,20 »

18 \; s. » is.m *

Directeur .

maître . .

mineur . .

manœuvre.

charpentier

forgeron .

laveur et laveuse . 5 Va s. » 1,61S »

maître-fondeur . . 23 V* à 25 s. » 7,00 à 7,50 »

aide-fondeur ... 16 s. » 4,80 »

Les mines n'occupaient plus que 151 personnes à cette dernière date, tandis qu'elles en employaient 520 en 1740.

Les renseignements statistiques que nous avons donnés pour 1740, sont tirés d'un mémoire de Krœber , directeur de nos mines. Il y a joint un rapport intéressant sur la conduite que le gouvernement devrait adopter , s'il voulait mettre les mines de la France en état de lutter avec celles de l'Allemagne. Il condamne le monopole, recommande la concession de privilèges analogues à ceux des Allemands , et insiste vivement sur la création d'une bonne école pratique , pour laquelle l'Alsace lui semble présenter le terrain le plus favorable.

D'après le registre des dîmes , la production en argent fut pour les années suivantes :

1. D'après les comptes du 4 juillet 1630, on devait donner à un per^schmidt (forgeron) 1 fl. 54 k. par semaine (7fr.30); à unhutman 1 fl. 36 k. (6 fr. 20). Le probierer (essayeur) recevait par an 112 fl. (431 fr.). qui furent portés par l'archiduc Léopold, en 1652, à 200 fl. (770 fr.:.

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