SIÈCLE
202 CH. IV. — s. m. — MINES DE MASSEVAUX ET DU ROSEMONT.
L'argent était remis à la Monnaie d'Ensisheim, le cuivre se vendait aux frères Liechtenhan de Bâle, qui fournissaient en retour le suif.
La guerre de Trente ans ruina les mines de Giromagny comme elle avait ruiné celles de Lièvre. Les travaux furent tour à tour occupés et pillés par les Suédois et par les Impériaux. En 1640, ils passèrent entre les mains des Français. Une compagnie bâloise essaya de reprendre l'exploitation; elle fut évincée par le comte de la Suze , qui afferma les mines (1649) à Gerson Vernier, marchand de Montbéliard. Les Bàlois rentrèrent dans leurs droits, en 1651. Mais ils n'eurent pas le temps de développer leur entreprise. Dès 1659, tout le pays fut donné, par Louis XIV, au cardinal Mazarin et à ses héritiers.
Pendant de longues années, les mines du Rosemont traversèrent une série continue de crises et de revers. Elles furent affermées d'abord à Claude Boisot ; puis, en 1661 , à Gaspar Barbaud, bourgeois de Montbéliard, et à Jean-Baptiste Fateo. marchand de Bàle. D'après enquête ordonnée, à cette époque, par l'intendant Charles Colbert, les trois galeries S. Jean, S. Pierre et Pfeningthurm sont en bon état, comme sous la maison d'Autriche; elles sont exploitées par des coparsionniers. Mais il ne parait pas que les fermiers y aient fait de bonnes affaires. A l'expiration du bail (12 juillet 1666), personne ne se présenta à l'adjudication.
En conséquence, le duc de Mazarin dut exploiter directement, pendant quelques mois, ses établissements métallurgiques. En 1668, il les céda de nouveau aux mêmes fermiers, à raison de 12000 1. pour les forges et de 4000 1. pour les mines. Le nouveau contrat supprimait plusieurs clauses favorables à la conservation des mines , mais onéreuses pour les entrepreneurs, c Sera permis, y lisait-on, aux admodiateurs de faire travailler les montagnes avec le nombre d'hommes et d'ouvriers qu'ils désireront , sans qu'il leur soit fait , dit, ny mis aucun empeschement. »
Le bail fut renouvelé pour Barbaud seul , en 1674. Mais la guerre , qui éclata peu de temps après , fut fatale à l'établissement. La production de l'argent, qui avait été de 2254 marcs en 1667, tomba en 1678 à 1158. De là des difficultés sur l'exécution du contrat, qui nécessitèrent l'intervention des tribunaux.
AU XVll'^ SIKCLK.
Jean Dorin, Henry Demougey et Gilles Ferrier succédèrent a Barbaud de 1680 à 1686, et de 1686 à 1692. Ils reçurent la seigneurie de Belfort, les forges et les mines, moyennant une rente annuelle de 30000 1. tournois (56600 fr.) et quelques charges locales, comme lentretien du curé de Giromagny (5001. ou 945 f.), etc. Le duc de Mazarin s'engage à leur fournir le bois et à livrer les lieux en état. De leur côté, ils s'obligeaient à entretenir les travaux sur un bon pied , à ne pas négliger ceux qui, sans être remunératoires, contribuaient au maintien des autres. Cette dernière clause fournit encore matière à de nombreux démêlés.
A partir de 1692, le sieur Anthès dirige l'exploitation avec de divers associés. Ses livres de comptes nous promettent d'ap- ^^^ ^ ^^^• précier avec la plus minutieuse exactitude le rendement des mines et la richesse du minerai. En voici le résumé.
PFENNIGTftURM.
S. PIGRRE