ESPÈCES
En 1400 le maro fin coûte 63 /f.
en 1422 » 69
en 1431 » 70
en 1446 > 72 Ve
en 1466 > 76^8
en 1479 » 78'/^
en 1490 » 81'/.
et se monnaie à 67 '/lo /*•
On le voit , pendant ce siècle , le prix de l'argent fin hausse de près d'un tiers ; mais en même temps la valeur des mon-
1. Réduction possible sur le scigneuriage ou sur les frais de fabrication.
2. En pratique , la manœuvre assurait cependant aux mineurs un avantage momentané. Supposez l'argent fin haussé et les espèces diminuées simultanément d'un dixième , les mineurs profiteront immédiatement de la hausse, ils ne souffriront que plus tard de la diminution des monnaies, parceque le commerce mettra quelque temps à la remarquer, à changer ses habitudes et à régler ses prix en conséquence.
234 CH. V. — s. I. — COMMERCE DES MÉTAUX PRECIEUX.
naies baisse de plus d'un quart. L'augmentation définitive se réduit à peu de chose. Elle n'est sensible que pour les deux premiers termes. Elle serait nulle pour les autres si, dans l'estimation du marc fin monnayé, nous avions pu avoir toujours la même espèce, les groschen, pour point de comparaison.
Rien ne serait plus facile que de multiplier les exemples de ce genre. Mais la conviction du lecteur doit être faite. 11 nous suflBra,pour achever la démonstration, de mettre les prix que nous avons vus plus haut, demandés et obtenus par les mines de Lièvre , en face des règlements contemporains de la Rappenmûntz :
Prix
PTiX des Règlcmeata
Le marc fin
En
Année.
des Mines.
pour le marc fin.
monnayé.
pièces de :
en 1498
103 Vg
1 fr. 15
vers 1529
en 1532-1538
G fr. 229
lU %
0 fr. 206
5 fr. 56
Lorsque nous traiterons de la valeur des monnaies , nous montrerons en détail l'influence qu'exercèrent sur le monnayage de la Rappenmûntz les exigences des mineurs. Mais il suffit d'un coup d'œil rapide sur le tableau que nous venons de présenter, pour comprendre dès maintenant que cette influence devait aboutir nécessairement à la diminution avouée ou dissimulée des espèces monétaires.
De tous ces développements il résulte que : 1** la hausse du métal précieux n'est possible que dans deux cas : s'il y a diminution ou suppression de seigneuriage , s'il y a économie sur les frais du monnayage ;
2° Hors de là , la hausse n'est qu'apparente et se traduit nécessairement par un affaiblissement parallèle des espèces.
3° Cet affaiblissement, nécessaire partout, était surtout inévitable dans une province politiquement morcelée, comme l'Alsace , où par suite de la concurrence, le seigneuriage eut toujours une portée restreinte ; où malgré les lois et les vel-