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ORIGINE DE LA MONNAIE

Différents systèmes furent essayés dans ce but. Mais quelques métaux , l'or , l'argent et le bronze , parurent surtout propres au rôle de marchandise commune. Ils sont d'une valeur relativement fixe, d'une nature inaltérable, faciles à manier, divisibles sans déperdition. En outre, comme les trois métaux sont plus rares, et par suite plus estimés, les uns que les autres, il était possible de donner à cette marchandise conventionnelle, sans en exagérer ou en réduire le poids dans (les proportions gênantes, une valeur, tantôt faible, tantôt considérable, se pliant en un mot à toutes les exigences du trafic.

Ces métaux furent donc employés de bonne heure, mais sans qu'on attribuât d'abord aux lingots eux-mêmes une grandeur ou une pureté de convention. A chaque transaction, les deux parties vérifiaient la finesse du métal et en constataient le poids.

Quelque imparfait que fût ce système, il réalisait un progrès immense. Il suffit pour permettre à Tyr et à Carthage de commercer avec toutes les nations de l'univers.

Mais il restait un pas à faire. Aux lingots dont il fallait chaque fois examiner et le poids et la finesse, opération pénible et délicate en pratique , on avait à substituer des morceaux d'or, d'argent ou de bronze d'un poids régulièrement déterminé et d'une pureté connue d'avance

Ce pas fut franchi par les Grecs. Une empreinte particulière à chaque monnayeur, garantissait l'exactitude de son travail. La monnaie se trouvgiit inventée.

Abandonné sans réserve à l'industrie privée, le monnayage ne procurait toutefois que dans des proportions très-restreintes les avantages qu'il devait réaliser. Il fallait que l'État intervînt pour empêcher la multiplication indéfinie des types, pour arrêter les écarts possibles des monnayeurs, et couvrir leurs produits de sa responsabilité.

Cette intervention ne tarda pas à se rencontrer. Le monnayage fut confié à une corporation puissante , soumis à la surveillance de magistrats spéciaux, et placé partout sous le patronage des autorités municipales ou des princes euxmêmes. Il en résulta que peu à peu le droit de battre monnaie se transforma en un attribut de la souveraineté.

Cependant , même dans ces conditions , la monnaie ne

perdit pas sa nature primitive de marchandise. La valeur de chaque pièce dépendait de la quantité de métal précieux qu'elle renfermait , de ce qu'on appela plus tard son titre et sa taille.

Le titre. Par titre OU loi (Kom) on entend la proportion dans laquelle le métal précieux est joint à un métal de moindre valeur, qui reçoit le nom d'alliage (schickung).

Le cuivre forme ordinairement l'alliage de l'argent, l'argent et le cuivre peuvent tous deux servir d'alliage à l'or.

Le marc fin (lœtige^ feine mark) est un lingot d'argent ou d'or fin pesant un marc, le marc d'alliage (geschickte mark) est un lingot de métal précieux et d'alliage fondus ensemble, pesant un marc. La valeur du marc d'alliage dépend du titre, c'est-à-dire, de la proportion dans laquelle les divers métaux sont joints.

De nos jours le titre s'évalue en millièmes. Une monnaie qui contiendrait % d'argent fin et Vi de cuivre, compterait ainsi 750 millièmes. Il en est de même pour l'or.

Nos pères employaient différents systèmes pour marquer le titre des métaux précieux.

La finesse absolue de l'or était à 24 karats (gradus , grad^ de xgf^^tov silique , 24* partie du sou d'or). Un lingot composé de 74 d'or et de Vi d'alliage était dit à 18 karats , etc. Le karat se subdivisait, pour les monnayeurs français, en ^/aj ; et pour les monnayeurs de l'Alsace , en 12 grains. Ainsi l'or fin était chez nous à 24 karats ou 288 grains.

L'estimation du titre de l'argent présentait encore plus de variété. En France l'argent fin était à 1£ deniers de 24 grains chacun, ou à 288 grains. En Alsace la même division se rencontre aussi ; mais la plus usitée était de 16 loths (demi-once) à 18 grains chacun. Le loth se partageait encore en 4 quinsin de 4 Va grains.

Les deux systèmes ont du reste la même base , puisqu'ils ^ aboutissent tous deux au même nombre de grains (288).

Il en existait d'autres qui avaient un point de départ différent. A Bâle le quinsin se subdivise en 4 deniers et non en grains ; il y a par conséquent 16 à. au loth et 256 9, à l'argent complètement affiné. A Strasbourg on trouve aussi, quoique rarement , la finesse absolue partagée en 240 pfundige (s. ent. deniers) ; on en compte 15 au loth et 3 ^4 au quinsin.

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