LE TITRE
Si nous comparons les systèmes anciens au système moderne par millièmes, nous arrivons aux résultats suivants :
1 grain
3,472 mil.
1 <r. bâlois
4»/, grains ou 1 quinsin 15,625
4 «î. ou 1 quinsin
9 grains (
on 2 quinsin
8 <^. ou 2 quinsin
13 Vi grains ou 3 quinsin 46,875
12 (î. ou 3 quinsin
18 grains <
m 1 loth
16 <r. ou 1 loth
24 grains ou 1 denier
2 loths
2 deniers
ou 4 loths
ou 8 loths
ou 12 loths
5u 16 loths
Nous n'avons feiit entrer dans ce tableau, ni le karat qui se calcule très-aisément, parce qu'il vaut 12 grains ou la moitié du denier, ni le pfundige de Strasbourg, parce qu'il ne figure que dans un petit nombre de documents.
Ces diverses manières d'apprécier la pureté des métaux étaient en rapport intime avec les méthodes employées par nos pères pour déterminer le poids des monnaies. L'unité de poids, le marc, se divisait aussi en 16 loths. Au xii*' siècle, quand le marc se monnayait à Strasbourg à une livre, le denier qui en était la 240 partie s'appelait pfundige. Il est probable que le denier qui exprime à Bâle le ^6* de la finesse absolue, doit son origine à une coïncidence analogue. Enfin la division en 288 grains correspond au poids du marc de la Rochelle , monnayé en esterlins, et servait de type aux monnayeurs dès le xiir siècle ^ La taille. La taille (schrot) indique le poids des monnaies. Aujourd'hui ce poids est donné directement. Chacun sait que le franc pesé 5 grammes, etc. Dans les anciens règlements monétaires , le même fait se rencontre quelquefois ; mais le plus souvent ils se contentent de dire, que l'ouvrier doit tailler tant de pièces dans une livre , dans un marc , etc. Pour saisir la portée exacte de ces indications , il faut donc , avant tout , connaître la valeur précise des poids, employés pour les monnaies.
Cette détermination est difficile, nous l'avouerons sans peine. Nous croyons cependant y avdir réussi , de manière à contenter les esprits les plus sévères. Voici les conclusions que nous avons adoptées , avec les preuves qui leur servent de base.
Pendant la plus grande partie du siècle dernier, la monnaie de Strasbourg se servait du marc de France , dont la valeur est connue. Elle est de 244 grammes 75. Marc Antérieurement et depuis le milieu du xvi' siècle (1559),
DE Cologne les ateliers de l'Alsace , comme ceux de toute l'Allemagne, employaient le marc de Cologne. Mais quoique établi partout sur les mêmes bases, quoique imposé à tous les monnayeurs dans des vues d'unification monétaire , le marc de Cologne était loin d'avoir partout la même valeur. Mille influences locales ont pu amener ce résultat , qu'il nous suffira de constater. En 1761 , le congrès d'Augsbourg examina les divers étalons de ce poids, et trouva entre eux des écarts si notables.
1, Recherches sur le système monétaire de Saint Louis par M. de Wailly. Paris 1857 p. 14 et 15. Dès Tépoque mérovingienne on eut des deniers, qui pesaient un scrupule ou >/a98 de la livre romaine.