‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 184 sur 391 · TESTONS · texte numérisé non relu

TESTONS

taille de 24 % à 14 1. 6 gr., et ea 1623, celle de 25 'A, à 10 S. 17. Brackenhoffer, qui ne parle que des testons qui se rencontraient de son temps (1668) — à une époque où les meilleurs avaient été remis au creuset et où il ne restait guère que des pièces diminuées par un siècle d'usure — ne connaît qu'un titre, celui de 14 1. 6 ou 10 S. 18 ; mais la taille varie, selon lui, entre 24 Va , 25 Va et 25 % . Résumons ces données :

Le Blanc . . .

Essais ....

Brackenhoflfer r«

Poids.

Arg. fin.

Val. im.

9,60 gr.

9,308 gr.

2,05 fr.

Titre.

Or ces testons furent évalués en 1571 à 1 fr. 79 ; en 1608 à 1,82; en 1620 (25 janvier) à 1,61 ; en 1623 à 1,85 (estimation que la Basse Alsace réduisait, le 18 novembre, à 1,80); en 1637 à 1,81. Le seul tarif qui leur soit plus favorable est celui que les commissaires impériaux publièrent à Strasbourg pendant la foire de Noël 1596. Il les porte à 1 fr. 93 *. Il comptait :

le pauliner à 10 kr. ou 0 fr. 81

le teston français à 24 1 93 .

le teston lorrain à 21 1 69

le franc à 32 2 58

la couronne d'argent à 84 6 77

le dolchlin lorr. et blanc de Metz à 1 o 08

De pareilles injustices rendaient très-productive la refonte des espèces étrangères. Aussi la Monnaie de Colmar n'étaitelle pas la seule qui se livrât à cette spéculation. Dans sa séance du 10 juin 1601 , la Chambre des XV de Strasbourg s'élève avec beaucoup d'emportement contre les monnayeurs de Wœrth. Ceux-ci envoyaient leurs produits à Strasbourg, les échangeaient contre des Philipsthaler, des Reichsthaler, des Silbercronen , avec une perte de 10 7o • Puis avec ces

1. Ce tarif que nous n'avons pas mentionné plus haut, parcequ'il n'eut qu'une influence de peu de durée, était basé sur le pied du Reichsthaler à 72 kreutzers.

264 en. V. — s. II. — CHANGE.

espèces , ils achetaient des testons français , des testons à la croix, des francs, des dolche, de vieux deniers, qu'ils rejetaient au creuset.

Et cette colère des magitrats de Strasbourg n'a pas pour cause une sainte indignation. Ils ne craignaient pas de se livrer aux mêmes pratiques. Ils avaient même fondé, en 1593, pour accaparer les monnaies lorraines, une banque spéciale, le Wexel, dont nous retracerons plus tard l'histoire. Non, s'ils s'irritaient contre les billonneurs de Wœrth, cela vient de ce que ces derniers leur faisaient ainsi concurrence sur leur propre territoire.

Aux yeux des contemporains, on le conçoit aisément, la spéculation n'était pas avouée. Pour eux les édits de change n'avaient qu'un but, maintenir les petites monnaies, chaque jour affaiblies, dans une proportion oflScielle, d'une part, avec les grosses espèces; de l'autre, avec les espèces étrangères. Le lecteur sait maintenant comment ils remplirent leur double mission.

Notre impartialité nous porte à citer ici un fait , unique, il est vrai, dans son genre, mais digne d'être noté. Il fait un heureux contraste avec les spéculations que nous venons de dénoncer. En 1639, les demi batzen de Haguenau furent décriés, au nom de l'Empire, par les essayeurs du cercle et mis à 3 d\ strasb. A cette occasion , le magistrat de Strasbourg adressa aux habitants une proclamation où il se reconnaît coupable de négligence. Les troubles de la guerre , dit-il , ne lui ont pas permis de surveiller de près le monnayage de Haguenau et de mettre ses bourgeois sur leurs gardes. En conséquence, il cote à 3^. les pièces qu'on voudra désormais introduire en ville. Mais celles qui se trouvent pour le moment entre les mains des habitants, sont reprises par les caisses publiques à leur valeur nominale.

Aux édits de Change peuvent se rattacher les ordonnances assez nombreuses, qui prescrivent le décri de certaines monnaies étrangères. Mais comme ces documents se contentent de signaler la prohibition, ou ne la justifient que par des accusations vagues et générales, ils ne nous apprennent rien. Nous croyons donc inutile de les mentionner ici. Essais Mieux vaut faire connaître aux numismates q lelques essais, DIVERS que nous avons rencontrés dans les Archives. Nous les cite-

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