VIENNE
cas OÙ révêque ferait convertir en deniers son propre argent. Or il serait possible que les monnayeurs, ses hommes^ fussent tenus de travailler gratuitement pour lui; ce qui expliquerait la fourniture de charbon qui lui est imposée. Dans cette hypothèse très-plausible, il n'y aurait rien à conclure de notre texte sur ce qui se passait, lorsque les Husgenossen monnayaient pour leur compte.
284 CH. VI. — s. I. — Lb RENDAGE DANS LA BASSE ALSACE.
le métal en sa présence, et l'on y ajoutait ensuite l'alliage réglementaire.
Si l'argent se trouve cassant, on le rend malléable en versant dans le creuset un mélange de deux onces d'alun pilé et d'une demi livre de miel. D'après une autre formule, on prend 12 onces de miel, 3 onces de laitier de cuivre, 1 7* once d'alun, autant de poudre et une demi livre de plomb. Ces matières sont mises dans un morceau de grosse toile qu'on lie avec soin et qu'on plonge dans le creuset au moment où le bain arrive à sa plus haute température. Elles filtrent alors à travers la toile , se mêlent au métal et lui donnent une malléabilité parfaite.
L'essai se fait par coupellation. On joint au marc de m:ta! six onces de plomb ; quand on opère sur des monnaies de bon aloi , 5 onces suffisent ; en général , on prend autant de plomb que l'on suppose de cuivre dans l'alliage ; on obtient un affinage complet, si cette dose est augmentée d'un quart d'once.
Le titre du bain définitivement réglé et le mélange fait , les fondeurs coulent le métal dans des moules. Les lames refroidies sont pesées et rendues au Husgenossen, qui les remet lui-même aux lamineurs (\ainmeister) .
C'est le marteau qui est chargé de donner aux lames la largeur et l'épaisseur voulues. Pour éviter les pertes , l'ouvrier proportionne ses coups à la dureté du métal, et en évite ainsi la cassure. Il veille aussi à ce que les lames ne se noircissent pas, et leur donne, à l'aide d'un bain, une couleur grisâtre, (grau varb). Ces diverses opérations sont placées sous la direction de deux contre- maîtres (beschawmeister)^ que les lamineurs choisissent entre eux.
Convenablement dégrossies, les lames passent entre les mains des tailleurs (schrotmeister) qui, armés de leurs ciseaux, découpent sans précipitation des flans réguliers. Ils veillent à ce que les cisailles formées par les coins, qu'on détache des flans en les arrondissant, ne soient point trop considérables, et ne se mêlent pas à des matières impures. Les cisailles sont estimées à 10 marcs par brève ('7i3o )•
Quant à l'empreinte , elle était frappée sur les flans par les graveurs (set^meister) . On leur recommande aussi beaucoup de régularité. Il leur est interdit de trier les pièces, et de