‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 2 sur 391 · ETUDE · texte numérisé non relu

ETUDE

A cette époque nous publiions le résultat de nos études sur les Paysans de r Alsace au Mojren-dge. Dans cet essai, nous nous proposions d'exposer, sous toutes ses faces, la condition historique de nos classes agricoles. Mais ce projet ne put être réalisé qu'en partie. Il y resta une lacune qu'il nous fut impossible de combler et que nous avons signalée nous-mème avec une franchise sans réserve.

« Dans le début de nos recherches , disions-nous, c'est le f côté politique des institutions colongèrcs qui nous a séduit; « ce sont les détails de mœurs qui nous ont le plus vivement * frappé ; les questions économiques, plus obscures et moins < attrayantes, ne nous ont occupé que plus tard , et tous nos t efforts, sur ce point, n'ont abouti qu'à nous montrer la diffi- « culte de cette étude et l'insuffisance de nos résultats. >

" INTRODUCTION

€ L*exposé de notre passé économique , ajoutions-nous en- « core, exigerait de longs développements , toute une mono— « graphie. Nous essaierons un jour ce travail^ dont nous sentons € l'importance aussi bien que l'étendue. Jusqu'ici nous ne « possédons que des notes, multiples il est vrai, mais trop « incomplètes pour mériter une confiance absolue. »

Ce langage n'était pas un artifice oratoire , une manière plus ou moins habile de désarmer la critique ; il était l'expression loyale et sincère de notre pensée. Pourquoi d'ailleurs user de précautions? Sur un terrain aussi inexploré, on pouvait s'avancer avec assurance, sans crainte d'être démenti.

Mais si, faute de lumières, la critique devait garder, et garda en eflfet, le silence sur la partie économique de notre travail, notre conscience d'historien ne nous traitait pas avec la même indulgence. L'impression des Paysans terminée , nous nous remîmes à l'œuvre , et l'engagement que nous venions de prendre, ne cessa depuis lors d'être l'objet constant de nos préoccupations.

Leur objf.t. H s'agissait d'abord de déterminer la valeur des espèces monétaires émises ou usitées en Alsace, de retrouver tous les changements que cette valeur a subis dans le cours des siècles. A ce premier problème s'en ajoutait un second, non moins ardu et non moins important : fixer le pouvoir de l'argent, le rapport entre l'argent et le prix des denrées.

Nos recherches antérieures ne nous permettaient aucune illusion, ni sur le nombre, ni sur la gravité des obstacles que nous devions rencontrer. Nous n'en marchâmes pas moins en avant, soutenu surtout par une foi inébranlable dans le succès de l'entreprise et par l'assurance de rendre à l'histoire un service incontesté.

La question que nous traitons n'est pas en effet une question spéciale, d'une importance limitée. Si elle est restreinte par elle-même , elle s'étend à tout par ses applications. Dans le

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