‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 200 sur 391 · RÈGLES DES XIII* ET XI V« SIECLES · texte numérisé non relu

RÈGLES DES XIII* ET XI V« SIECLES

se trouvent conformes à ces prescriptions , le hûter n'a rien à craindre , ni pour son honneur , ni pour ses biens. D'après Tordonnance de 1319 , la responsabilité du hûter cesse dès que les deniers sont sortis de la Monnaie , et s'il est poursuivi devant le tribunal des Husgenossen , il peut demander qu'une députation du sénat vienne assister à son procès. Le sénat suit ainsi le cours des débats, et a le droit, quand il lui plait, d'évoquer l'affaire à sa barre.

Nous avons déjà cité (p. 132) l'ancien règlement des Changeurs, qui nous fournit d'autres renseignements sur les attributions du kûter. Il ajuste les balances des changeurs. Il préside le tribunal des Husgenossen, en l'absence du maître monnayeur. Lorsqu'un faux monnayeur est arrêté à Strasbourg , « le hûter doit l'accuser de lui avoir falsifié sa monnaie, * et le poursuivre devant les Husgenossen. Quand ce délit est commis au dehors, c'est encore le hûter qui doit être envoyé devant le tribunal du lieu, pour lui demander bonne et loyale justice. Cependant le hûter ne peut être tenu de faire ces poursuites en dehors de la ville et de sa banlieue , s'il ne le fait pas de bon gré.

Le maître monnayeur nomme le hûter avec l'aveu et l'assentiment , soit de l'évèque , soit de ceux qui ont la Monnaie en engagement. Il choisira un homme qui lui paraîtra digne de cette charge, et celui-ci jurera à tous les saints, < de garder et faire frapper la monnaie , de son mieux , telle qu'elle est fixée par les règlements. »

Ces diverses prescriptions nous montrent que le hûter est chargé du contrôle des monnaies strasbourgeoises, et qu'il exerce ce contrôle sous la double garantie de son honneur et de ses biens.

Jusqu'à la fin du xiv* siècle , les chartes monétaires ne font que constater cette situation, sans l'expliquer davantage. L'office de Mûnt\meister fut rempli successivement par Hug Wirich (1292), Nicolas le vieux Zorn (1301—1322), Gotze de Grostein (1322), Jean de Grostein (1367), Hug de Grostein (1369), Jean de Grostein, fils du précédent (1389). Les hûter de cette époque sont Nicolas de Rappenheim (1308), Gôtze Kiobeloch (1319), Jean deRodesheim(1340), Gotze Kiobeloch (1362), Claus Richter dit Dutschmann (1367), Goss Kiobeloch (1369), Claus Dutschmann (1383).

288 CH. VI — s. I. — LE RENDAGE DANS LA BASSE ALSACE.

Le Mûnt\meister a pour salaire le dixième du seigneuriage, le hûter reçoit '/< ^. par marc d'argent monnayé à Strasbourg. Ces deux officiers jouissent en outre des amendes, qui formaient un casuel difficile à apprécier , mais d'une incontestable importance.

BHAssA(iE Quant à la valeur du brassage, le plus ancien document qui EN 13)3. nous permette de la constater, ne date que de la fin du xiv* siècle. Un règlement monétaire de 1393 fixe kZU,o\x ISD^. le prix à payer pour un marc d'argent ; or le marc d'argent fin se monnayait alors à 768 ^. Le rendage était donc estimé à *®/768 ou Vie ou 6,25 % ^ Ce n'est qu'au siècle suivant que nous rencontrerons des renseignements plus précis.

Dans les dernières années du xiv* siècle , la ville s'empara complètement de la Monnaie. Les règlements édictés à cette époque et en 1406 nous présentent quelques données intéressantes. Nous y voyons d'abord que le maître monnayeur, le hûter et un orfèvre étaient chargés d'essayer tous les trois mois les monnaies étrangères qui étaient admises à Strasbourg, et que le cours de ces espèces se réglait sur les résultats de l'essai.

Nous y apprenons aussi que chacun pouvait envoyer de l'argent à la Monnaie pour le convertir en ^. «Le maître monnayeur était tenu de veillera ce que les ^. aient leur poids et leur taille ; il ne les laissera pas sortir de la Monnaie avant que le hùter ne les ait vérifiés. Et comme l'argent napas toujours la même pureté, le maître monnayeur aura soin que chacun reçoive autant de d. qu'on en aura faits avec son argent. Il prélèvera toutefois le seigneuriage et les frais de fabrication*. »

En dehors de l'argent que les particuliers pouvaient Éadre monnayer, et de celui que le Change livrait à la Monnaie, la ville en faisait acheter à son compte par des Husgenossen qu'elle chargeait de ce soin. Waltenheim et Claus de Winterhur obtinrent d'abord cette mission. Dans le Chapitre

1. Nous allons voir que le seigneuriage est de 2 â. par marc, soit 0, 26 % ; il restait donc 6 °/o pour le brassage. C'est aussi à Vie Q"^ ^'^' valuait le brassage au commencement du siècle, si Ton admet que l'alliage en était alors le salaire, car Ton monnayait à ^^j^^ de fin.

2. Doch dos man davon gebe den Slegeschat:^ , den macherhn und das davon gebûrt.

Page 1