SEIGNEU
RIAGE).
charbon , tartrin , sel ; total , 5 /^. ou 9,35 % . Cependant dans le tableau général, le monnayage n'est compté qu'à 4/^. 3 'A*, ou 8 % , et il reste 11 \U ^. 1 J5 % comme seigneuriage, sur un marc de S. ou 640 pièces. Nous croyons cette dernière donnée plus exacte, et c'est l'importance de ce seigneuriage, qui permit à la ville de Strasbourg de conserver à ses deniers la même taille et le même titre, de 1420 à 1466. Elle n'avait qu'à renoncer à une partie xle son bénéfice , pour compenser la hausse subie par l'argent fin pendant le cours de ce demi siècle.
Sens exact Le même règlement de 1431 renferme une indication qui ^u explique certaines obscurités des textes ci~dessus cités, et
MOT scHLE- confirme une opinion que nous avons émise plus haut *. Il y est dit « qu'à l'office d'ober munssemeister appartient un droit de 2 8, par marc d'alliage ; il en prend le dixième et le reste revient à la ville. » Cette note doit être rapprochée d'abord d'un vieux texte déjà indiqué, où il est rappelé que le mùntzmeister a le dixième du seigneuriage ^ et ensuite de l'art. 70 du code d'Erchambaud, d'après lequel le maître monnayeur prélève 2 ^. par marc, sur l'argent que l'évêque lui donne à monnayer.
Nous avions donc raison de dire que les 2 S. de la charte d'Erchambaud ne répondaient qu'au seigneuriage.
Il résulte aussi de là qu'il y avait deux espèces de seigneuriage , l'un fixe de 2^. par marc d'alliage, l'autre variable. Ce dernier était la différence qui existait entre le rapport de l'argent fin converti en espèces , et le coût de cet argent fin, augmenté des frais de fabrication et du seigneuriage fixe^.
Le premier nous semble être seul dans les traditions des monnayeurs strasbourgeois. C'est lui qu'avait évidemment en vue le monnayeur Claus Ingold , dans un rapport qu'il adressait au magistrat de Strasbourg, à l'époque où les princes du Rhin s'engageaient à monnayer le florin à 19 karats(1462). « Un marc d'or fin et douze marcs d'argent doivent toujours, disait-il, avoir la même valeur. On ne doit donc ajouter à l'argent fin , ni plus , ni moins d'alliage, qu'il n'en faut pour compenser strictement le seigneuriage et le salaire des mon-
2. So vellet ime der :{ehettde pfoning von dem Slegeschat:{^ V. p. 134.
3. C'est en ce sens que le règlement de 1427, distinguait du Slegeschat^ le bénéfice que la ville faisait sur le monnayage. V. page précédente.
SENS EXACT DU MOT SCHLEGEscHATZ.
nayeurs *. » Que signifierait ce langage , si le seigneuriage avait été quelque chose d'arbitraire ?
Ne serait-ce pas aussi ce seigneuriage fixe et invariable, que payaient les particuliers, lorsqu'ils chargeaient le Mûntzmeister de convertir en deniers leur argenterie ou leurs lingots? Ne serait-ce pas à cause de l'intérêt que la ville avait à monnayer directement, à prélever, en dehors du seigneuriage fixe de 2^., un seigneuriage variable et plus élevé de 3^. ^Ia , de 5^. Y2 , de 11 9. V4 qu'il faut attribuer la nouvelle législation adoptée sur ce point ?
La réponse à ces questions ne nous semble pas douteuse, et en même temps qu'elle explique les ordonnances du xv* siècle, elle jette un jour intéressant sur le côté économique du monnayage dans les siècles antérieurs. On peut en conclure que sous le régne des Husgenossen, la Monnaie de Strasbourg se trouvait , peu s'en faut, dans les mêmes conditions que sous la loi actuelle. La fabrication était une entreprise particulière, surveillée par l'État, ou plutôt par la corporation des monnayeurs. Chacun y pouvait recourir en toute liberté. La seule différence sensible qu'on ait à signaler entre les deux époques, c'est ce droit fixe de 2 S. par marc, que la législation moderne n'admet point, parcequ'ellé supprime tout seigneuriage.
Nous trouvons aussi quelques indications dignes d'être notées dans le serment que prêtait, en 1446, le hûterEllehart. Il ne jure pas seulement de faire respecter le titre et la taille décrétés par le sénat, d'essayer au feu les fontes que lui présente le maître monnayeur, de rejeter les flans trop légers,.etc. Il s'engage aussi à ne laisser aucun étranger en contact avec les ouvriers, pendant le monnayage proprement dit {diewile manè. molet). Il a sous sa garde les matrices (molysen) d^s diverses espèces. Il perçoit le seigneuriage, et le remet aux commissaires du Pfeningthurm. Son salaire est de'/4^. par marc d'alliage.
En la même année 1446 , Strasbourg émettait des blaphart (6 ^.), 107 au marc. La fabrication coûtait 42 ^/4 d\ ou 6,66 % ; il restait 3 2/4 8. ou 0,58 7o pour seigneuriage.
l. Also dos man dcn :(usat:{ oder die schickunge nit me oder mynder ^u- ^et^Cf dann so vil da{ der slegeschat\ und des Mûntiemeisters Ion davon môge blôsilich be^^ahlt werden.
Serment
DU HUETER.
Rend AGE
EN
292 CH. -VI. — s. I. — LE RENDAGE DANS LA BASSE ALSACE.
Le maître monnayeur de Francfort , consulté par Strasbourg en 1466, critique beaucoup le travail de nos monnayeurs. < Leur taille, disait-il , est mauvaise et inégale. Par suite on trie au moins les deux tiers de vos pièces ; les lourdes sont mises à part pour être refondues, les légères seules restent dans la circulation. De là un grand préjudice pour vous; les espèces qui se trouvent dans le commerce , sont de beaucoup inférieures à leur poids réglementaire *. »
Il terminait sa lettre par TofiFre de monnayer le denier de Strasbourg, à raison d'un florin pour six marcs (3,08%). Avant d'accepter ses services , le magistrat fit part de ces ouvertures aux ouvriers de Strasbourg , qui refusèrent de travailler à de pareilles conditions. Quand il revint ensuite au monnayeur de Francfort , celui-ci avait réfléchi de son côté, et retira les propositions qu'il avait faites
On conçoit que TofiFre de faire ses deniers à 3,08 % ait pu séduire le magistrat de Strasbourg. Comme il achetait à Francfort la plus grande partie de son argent, il pouvait y monnayer sans augmenter ses frais. Dans son atelier il payait, nous l'avons vu, 8 % . Il paraît, toutefois, avoir profité de l'incident pour obtenir une remise sur le monnayage des diverses espèces. C'est du moins ce qui semble ressortir du règlement monétaire de 1479.
EN 1479. Il compte, pour fi:-ais et seigneuriage, par marc de
71 groschen 25 â.
ou 2,96 \
112 blaphart 42
170 vierer 48
632 deniers 42
1000 helbeling 69
1208 ôrtel 72
On continue à donner à l'Obermûntzmeister 1 d. par cinq marcs d'alliage. Cette qualification d^obermuntimeister^ que nous avons déjà rencontrée plus haut dans les mêmes circonstances et qui ne se retrouve point ailleurs , nous autoriserait à croire qu'il s'agit ici , non du maître monnayeur, nommé par la ville pour diriger l'atelier monétaire , mais de l'ofiBcier
1. Der schrot ist bosse und unglich, Deshalb verlesen Ir wol den ^weyteil der mûnti oder me, und werden die sweren usgewegen^ und die lihten blybent gonde. Dos bringet uch grossen schaden. Deshalb wa^ also bîybet gonde, da^ ist schantliht und nit werschajfi.
RENDAGE DE 1466 A 1546. 293
que révêque de Strasbourg investissait de cette charge, de celui qui avait hérité, non des fonctions, mais du fîef, de l'ancien Mûntzmeister épiscopal, du chef des Husgenossen.
Les frais sont calculés sur des bases un peu plus larges en 1490, dans le règlement de 1490. En voici le détail. Aux dépenses du monnayage est ajouté pour chaque espèce 1^., représentant le salaire du hùter ou wardein ( ^4 ^. ) et les droits de ïobermûnt\meister ( Vs ^. )• Ce sont les monnayeurs eux-mêmes qui ont fait cette addition. Sur
69 groschen (12 d.\ le mon. est de 27 à. ou 3,07 */g, le scign. 0 d. ou o,oo «/^
110 blaphart (6 ^.),
166 vierer (4 ^.),
290 zweyling (2 «ï.),
640 deniers
960 hellers W9,),
.180 ôrtien {^J.),
On peut remarquer d'après ce tableau , confirmé du reste par nos indications antérieures : 1** que le seigneuriage est toujours d'une importance assez restreinte. Cest dire que la monnaie de Strasbourg ne reçoit qu'un cours très-rapproché de sa valeur intrinsèque ; 2° que le denier, la monnaie nationale de Strasbourg, est l'objet d'une prédilection particulière. Nous verrons ailleurs que son titre est plus élevé que celui du T^weyling , nous voyons ici que son monnayage est moins coûteux ; on a évidemment pour but de le maintenir à la hauteur de son antique réputation.
Le lecteur s'étonnera peut-être que le groschen ne produise aucun seigneuriage. Cela vient sans doute de ce qu'il n'était pas une monnaie , dans toute l'acception de ce mot. Il ne se monnayait que pour le sénat, qui le distribuait à ses membres, comme jeton de présence.
Les archives ne nous apprennent rien sur le monnayage de en 1546. Strasbourg de 1490 à 1546. A cette dernière date, nous rencontrons les données suivantes. Sur
142 vierer, les frais sont de 43 9, ou 7,57 */o, et le seign. de 21 «r. ou 8,70 % 270 zweier, 49 9,01 23 4,26
Nous voilà bien loin de l'austérité, que nous signalions toute à l'heure. Le monnayage est resté le même en apparence ; il est encore de 43 9, par marc de vierer , de 49 d, par marc de zweyer. Mais comme la taille de ces pièces a été diminuée , le
294 CH, VI. — s. I. — LE RENDAGE DANS LA BASSE ALSACE.
Essais DE l'or.
Édits
monétaires