‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 218 sur 391 · CONTRÔLE DE LA MONNAIE · texte numérisé non relu

CONTRÔLE DE LA MONNAIE

Ce chiffre nous permet de rapprocher de cette année 1387, une pièce non datée, qui se trouve dans \t Livre Biancàt Bâle, et qui jette quelque lumière sur la condition du maître monnayeur. C'est une espèce de soumission au rabais pour l'obtention de cette charge. La voici :

1** Les frais que compte le maître monnayeur pour creuset, sel, tartre, huile, charbon, moules, et autres menues dépenses, dont il exagère la valeur, sont estimés au moins un tiers trop haut ; ce bénéfice est pour lui.

&» Ce qu'il achète dans son comptoir en fait de deniers, de lingots, ou d'argenterie , il l'obtient au-dessous du tarif ; il gagne de 1 à 2 /?. par marc, selon les gens auxquels il a affaire ; cela lui procure encore un grand bénéfice, vu l'étendue de ce commerce.

3** Il exploite surtout les étrangers, qui s'y entendent moins.

4' Il fait le change des florins et de toutes les espèces, comme les Husgenossen^ mais il change à lui seul six fois plus que les Husgenossen ensemble ; ce qui lui assure encore de grands profits.

C'estpour cela que jedonne4/?. par marc pour seigneuriage, et je crois , par mon serment, que je n'y perdrai rien {da\ ich daran wol besten).

Du reste la convention de 1387, comme celle de 1377, prend Contrôlr des précautions assez sérieuses pour prévenir l'altération des ^^e la monnaies , soit par les monnayeurs, soit par des billonneurs ^^^^naie. quelconques.

€ Chaque État , y lit-on , désignera trois personnes honorables, qui essaieront les 8, avant qu'on ne les grave , et les ouvriers, chargés de la gravure , jureront de ne travailler que les flans confiés à leurs soins par cesvérificateurs eux-mêmes. La brève {werch, fonte) qui sera trouvée trop faible de V4 de^., au-delà des 4 ^. accordés comme remède légal par U.-, sera refondue aux frais du maître monnayeur. Si les vérificateurs constatent par trois fois de semblables déficits, et s'ils croient, par leur serment, que le fait provient de la mauvaise foi du monnayeur, ils doivent le dénoncer à l'autorité qui en tirera justice rigoureuse.

Chaque État imprimera sur ses monnaies un signe particulier, mais se conformera au présent traité pour le titre et le poids des espèces, ainsi que pour le salaire des ouvriers. Celui

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qui rognera ces nouveaux deniers, aura les doigts coupés et sera pendu. Celui qui les triera pour les refondre tombera, corps et biens, sous la vindicte de l'autorité. Celui qui feibriquera de la fausse monnaie, ou qui monnayera sans droit, sera poursuivi, corps et biens. Les divers États se prêteront en cela sincère et loyal concours.

Les mêmes peines frapperont tous ceux, hommes ou femmes, laïcs ou ecclésiastiques, qui feront circuler sciemment de mauvaises monnaies. »

D'après un règlement sans date, mais postérieur à 1387, le seigneuriage est supprimé, et les frais de fabrication sont estimés à 12/^. Va , sur 135 Va ; ils s'élèvent ainsi à 9,21 % , savoir:

déchets de fonte 48 ^. ou 2,88 ^j^

pour fonçage et blanchiment . . 22 1,32

refonte des cisailles 6 0,30

main d'oeuvre 42 2,52

blanchiment des flans 6 0,36

outillage 12 0,72

alliage (V, marc de cuivre). ... 12 0,72

salaire du maître monnayeur . . 6 0,36

Rp.NDAdE Voici les frais de monnayage pour les S. émis d'après la con- EN 131)9. vention de 1399. Ils sont calculés par marc fin (1 V2 marc d'alliage).

déchets au fourneau et refonte des cisailles 36 stcbler

blanchiment, pour les stebler ... 72 J., pour les zweyling 60

fûrgewicht et salaire des ouvriers . 48 42

gravure . - . 6 4

creuset, charbon, suif, sel, tartre, coins, poinçons, cuir, etc. 12

V, marc de cuivre . 12

au maitre monnayeur pour ses soins et son travail .... 6

Le monnayage coûte ainsi 16 /?. ou 9,52 % pour les stebler, et 14 ti. 4 S. ou 8,53 7o pour les \rpeyling. Le seigneuriage doit être, d'après la charte, de 2 /?. ou 1,20% sur les iweiling. Mais ce chiflFre nous semble trop faible. En effet il existe entre le prix du marc fin (7 U. 10 ?.) et son produit (8^8 /?.), un écart de 18 ^,\ or les calculs que nous venons de présenter, n'expliquent l'emploi que de 16 de ces 18 /?.

Dans ce document nous voyons apiparaître, pour la première fois, à Bâle un ipardein^ ou juge garde, du moins sous ce nom. Il surveille le maitre monnayeur, et si à trois reprises il constate, que celui-ci monnaye frauduleusement au dessous du

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