IL SE PAIE EN LINGOTS
Les termes qu'afiFectionnent les documents, présentent parfois des variantes assez considérables ; mais au fond, partout, apparaît la même pensée. En voici quelques exemples : jpro sexaginta marcis puri et legalis argentin ponderis basiliensis *. — 200 marchas boni argenti ad pondus argentinense^. — pro 3o marcis puri et legalis argenti, ponderis columbarien '. — ^^weikundert marck lôtiges silbers, base 1er gemcht ^.^-vier^ig marck gebrantes silbers *. — hundert marck luters und lôtiges silbers^ baseler gemcht ®. — 4 marg silber gelts lôtiges und geber, /riburger brandes und geipeges '. — siében\éhen marg silbers luters und lôtiges, ganges und gebes, damitte man eigen und erbe jpoI geweren mag ®. — 3o marg geltes silbers gutes und gebes des geweges von Colmar ®.
Examinez ces formules, qu*il serait aisé de multiplier à l'infini , vous constaterez toujours qull y est question d'un poids déterminé d'argentin.
Quant à la pesanteur du marc, personne ne l'ignore; il était II se paie de 8 onces, et servait même d'unité de poids pour les métaux ^^ précieux. Comment ne pas voir dans notre marc d'argent, un lingot de 8 onces? Comment ne pas reconnaître dans les mots, poids de Strasbourg, de Colmar, de Fribourg, etc, le désir de prévenir toute contestation possible, et de préciser, parmi les marcs distincts qui se rencontrent dans les Monnaies de ces différentes villes, celui qui servait de base au contrat?
L'emploi des lingots , en guise de monnaies , fut pendant des siècles une loi impérieuse, qui s'imposait au commerce. A une époque où les espèces d'or étaient presque inconnues, où les provinces d'un même Empire ne connaissaient aucune monnaie commune , le voyageur, le négociant, se munissait d'argent en barre. Grâce à cette précaution, il échappait à d'incessantes pertes de change , et neutralisait , en grande