Ibid. t. XVIII, p. IBO
MONNAIES STRASBOURGEOISES. 365
cours du marc d'argent et le rapport du marc fin monnayé, il n'y avait donc qu'un écart de '^/leo ou Vio, c'est-à-dire , une somme représentant exactement les frais de fabrication et les bénéfices du seigneuriage. En d'autres termes, le marc d'argent était là, comme ailleurs, Téquivalent de l'argent fin non monnayé.
C'est ainsi que notre pensée trouve sa confirmation dans les pages mêmes, où l'on çxpose des systèmes tout différents. Et cela doit être. S'il n y a que la vérité qui puisse rendre compte de tous les faits, il n'y a de même aucun fait, qui ne doive apporter à la vérité son contingent de lumière ou de force.
Seconde Section.
Monnaies Strasbourgeoises,
Sout les rois francs, — au \n* siècle, — au xiii» siècle, — de 13x3 à 1363, — de 1386 à 1393, — «> 'Wi — *n *4ai et 1422, — en 1427 et 1431, — en 1446, — en 1466, — en 1479. — Le kreutzer - Monnaies de 1490. — Première moitié du x.i« siècle. — Le thaler. — Rapport avec la monnaie (f Empire. — Écarts présentés par les mêmes monnaies. — Klippenthaler de 1592. — Monnaies de 1570 à 1615, — Le dickpfenning. — Monnaies de 1615 à 1623. — Réforme de 1623, — Essais de la Monnaie de 1654 à 1667. — Pied de 1668.
Au VIII* et au ix' siècle , quelle que fût l'autonomie dont il Sous pût jouir, l'atelier de Strasbourg se conformait , pour le titre les rois et la taille de ses produits , aux règles que prescrivaient les pr^ncs. chefs de l'empire franc. Les termes qu'employaient les Capitulaires dans leurs décisions monétaires, ne nous permettent pas de douter, qu'elles ne fussent obligatoires pour toute l'étendue de la monarchie.
Nous en trouvons aussi la preuve dans un document local. Une charte que Louis le débonnaire accordait à l'abbaye d'Ebersheim en 824 \ dit formellement « qu'un /errfo (quart) vaut trois onces de monnaie strasbourgeoise,... que six quarts
1. Grandidier. Hist. de TÉglise de Strasbourg, t. ii, p. clxxvi.
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du poids public (publici ponderis) équivalent à 30 sic les (schillings) de monnaie strasbourgeoise. > Il résulte de là qu*à cette époque, la livre strasbourgeoise ne différait point de la livre publique ou carlovingienne , qu'elle se subdivisait, comme celle-ci, en douze onces, qu'elle se monnayait, toujours comme la livre de Charlemagne, à raison de 20 sicles ou sous.
Le Élit nous est en outre confirmé par les pièces qui sont arrivées jusqu'à nous. Les deniers des évèques Erchambaud (965—990) et Uodo (f 1100) pesaient d'après Berstett, le premier, 1,57 ; et le second, 1,112 grammes. AU Vers la fin du xi* ou au commencement du xii* siècle, se fit
xii« SIÈCLE, ^j^e révolution monétaire, dont la date précise nous échappe. Cette révolution eut cependant des conséquences très-graves. Elle semble avoir été générale et s'aflBrme par l'apparition d'un poids jusqu'alors inconnu, d'un poids qui désormais servira de base à toutes les opérations des monnayeurs, du marc.
Désormais les 20 sols ou 240 d. au lieu d'être taillés dans la livre carlovingienne, seront pris dans le marc, qui n'a que 8 onces. En siyjposant à ce marc le poids que nous lui trouvons plus tard (233,55), le denier pesait 0 gr. 974, val. 0 fr. 215.
C'est de ce denier que parle le vieux code municipal de Strasbourg, quand il dit. (Art. 61) :
« La monnaie doit avoir tel poids, que 20 sous fessent un marc : ces deniers sont Sippclés p/undig, »
On les appelle aussi gemchtig^ pensantes. Ces mots sont synonymes. Il n'est pas inutile de rappeler ici, ce que nous avons établi ailleurs \ que la finesse du métal se divisait aussi à Strasbourg en 2AOpkundig, et que le gemcht(= Vi*o du marc) servait encore plusieurs siècles après à la pesée du sable d'or. Tous ces faits prouvent que notre denier date de l'établissement même du marc.
Les historiens de France font remonter cet établissement au règne de Philippe I (1060—1108). La critique moderne place au xii* siècle la rédaction du code municipal de Strasbourg, que Grandidier attribuait, à tort, à l'évèque Erchambaud. Nous avons publié en partie * une charte de 1166, dans