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V. Cartulaire et les comptes

LE MARC d'après LES MONNAYEURS DU XVIIl® SIECLE. 363

mément à la valeur que nous établirons, dans la suite de ce Chapitre, pour chacune de ces espèces.

Il ne nous reste plus qu'à ajouter quelques mots sur diverses Lk marc solutions , que nous avons rencontrées pour la valeur du d'après

marc. . monnayeurs

Au commencement du siècle dernier, M. d'Angervilliers, in- ^J tendant d'Alsace, écrivait au préteur royal de Strasbourg, M. xviii« siècle de Klinglin , pour lui demander ce que pouvait valoir un marc d'argent en l'année 1346. Celui-ci en référa aux officiers du Pfenningthurm, qui répondirent par un mémoire conservé dans les archives de la ville.

Les auteurs du mémoire commencent par avouer ingénument qu'ils ne sauraient résoudre le problème. Ils analysent ensuite l'ouvrage de TilemannusFrisius, dans lequel ce savant prouve que le marc, monnayé très-régulièrement jusqu'au xiii« siècle, a vu plus tard sa valeur diminuer successivement. Ils terminent enfin leur rapport en citant deux évaluations du marc données par Wencker, et un tableau des prix du marc fin à diverses époques, publié en 1629.

Ces messieurs, on le voit, cherchaient bien loin une réponse qu'il était facile de donner. Si l'on voulait rembourser fidèlement le capital prêté en 1346, il suffisait d'en évaluer le poids et de le payer sur le pied admis à la Monnaie de Strasbourg pour Targent fin.

La dissertation de Tilemannus Frisius, les citations de Wencker, les prix de l'argent fin, ne pouvaient avoir de portée que s'il avait fallu déterminer la valeur d'espèces monnayées. Et encore, dans ce cas, quelle lumière aurait-on pu tirer, pour le 9, de 1346, d'un ouvrage allemand qui ne dit rien des monnaies alsaciennes, d'un tarif du marc fin qui ne commence qu'en 1398?

Quant aux citations de Wencker, elles sont tout aussi étrangères à la question ; mais elles ont été rapportées si souvent, qu'il nous est impossible de n'en pas dire un mot. La première a trait à une rente sur Ettenheim, contractée en 1350. Le marc d'argent y est estimé a 2 ^. 7 Z'. 5 ^. Cette évaluation doit être exacte. Elle concorde, non seulement avec le chiffre indiqué plus haut pour la taille de Haguenau, mais encore et surtout avec le monnayage de Strasbourg, dont nous parlerons plus loin.

364 CH. VII. — s. I. — LE MARC d'aRGENT.

Le second texte est au contraire altéré. Il affirme qu'en 1340 une rente a été hypothéquée sur Benfeld, à raison de 2^ 18/^. le marc. Cette donnée est évidemment fausse. En 1340, le marc fin monnayé produisait à Strasbourg 2^. 10/î. L'erreur nous a du reste été démontrée par une autre voie encore. Si nous n'avons pu mettre la main sur la charte de 1340, nous avons du moins vu la note qui a servi de thème à Wencker. La voici : « Une autre charte delà même année (1340), relative à la ville de Benfeld, s'exprime en ces termes : 10 marcs d'argent vendus pour 100 marcs. Ce n'est aujourd'hui que 7 Vi marcs et on donne pour chaque marc 2il 18 fl. *. » Ce langage est clair. L'estimation du marc à 2 ^. 18 ^, est postérieure à l'année 1340, et date d'une époque où, par les raisons déjà signalées plus haut, l'abaissement survenu dans le taux de l'intérêt avait modifié, soit le chiffre, soit l'évaluation des rentes. n\pRÈs Si le mémoire fourni à M. d'Angervilliers reste en dehors de MONE. la question, la solution présentée par Mone n'est guère plus satisfaisante. € Dans la vallée du Rhin, dit-il *, on entendait par marc de compte , au xiii« siècle , la somme de 12 fi. Il valait donc les 7io de la livre. Ce rapport resta invariable , mais sa valeur variait selon la diversité des poids, et l'écart qui se rencontrait entre l'argent /in et l'argent monnayé. S'agissait-il, par exemple du marc poids de Troyes, il fallait d'abord le réduire en marc de Cologne , d'après sa taille et son titre.. » Et citant en note une acquisition faite, en 1270, pour 38 marcs de bon argent du poids de Strasbourg, notre savant ajoute : t Cet achat eut ainsi lieu pour de l'argent /in, d'après le poids de 12 f. strasb. par marc. »

Cette théorie, si elle était vraie, ne serait pas d'une application bien facile. Mais elle est fausse heureusement, et ne repose que sur un fait accidentel , qui lui-même présente la justification complète de notre thèse. Il est vrai qu'au xiii* siècle, non pas à Strasbourg, mais dans une grande partie de la vallée rhénane, le marc d'argent valait 12 fi. Or, à la même époque et dans les mêmes lieux, le marc fin se monnayait à 13 fi. 4 ^. C'est encore Mone qui nous le prouvera ^. Entre le

1. Lautet also: lo marck silber gelt verkauft umb loomarck, ist asjetzo nur achthalb marck und geben fur jcdes marck 2 <tt. 18 (t.

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