V. ce qui a été dit, p
3. Avec une exagération insignifiante, corrigée par une diminution du remède.
CH. VII. — S. II. — MONNAIES STRASBOURGEOISES
Le titre primitivement fixé à 'Vie descendit ainsi à "/w en 1340, à ^Vi6 en 1362. N'est-il pas probable que le nouvel abaissement de 1392 le mettait à % ?
Cette probabilité se change en certitude , quand nous examinons de près une convention monétaire qui fut conclue, pour dix ans, le 18 octobre de la même année 1393. Elle est signée par les difiFérents États de la Basse Alsace, Tévêque de Strasbourg, le landvogt Warziboy de Swinnar, les villes de Strasbourg, Haguenau, Schlettstadt, Obernay et Rosheim.
D'après cet acte, les d. strasb. continueront à être émis sur le pied actuel et marqués, soit d'un ange, soit d'un lys. Les d. entaillés sont repris à la Monnaie, qui en paie la valeur. L'usage des tamis est interdit, sous peine de 2 marcs. Le florin du Rhin est coté à 10 ?. strasb. Le marc de compte fin et poinçonné (vine geieichente marck) est évalué à 3 ^.
Si le marc fin coûte 3 ^, ou 720 <^., il doit rapporter, converti en espèces, cette somme, plus un certain excédant, qui représentera le seigneuriage et les frais de Êibrication. Nous connaissons la taille, qui était alors de 576 pièces. Monnayésur ce pied, le marc fin rapportera à *^/i6 709 S,^ à "/le 768 S. y à "/»« 838 S. Le premier chiffre est évidemment trop faible ; le troisième, trop élevé. Le second seul présente un résultat satisfaisant. Il met le seigneuriage et le monnayage à ^lim , Vw ^^ 6,25 7o.
Nous arrivons ainsi aux conclusions suivantes :
Année.
Titre.
Poids.
0 gr. 417 0 410
Poids fîn.
0 gr. 308 0 307
Val. int.
ofr.
VaL 1
0 fr. 072 0 072
Pour les années qui suivent l'ordonnance de 1393, nous pensions d'abord raconter les destinées du 9. strasb. à l'aide d'un document conservé dans les archives de Colmar, et cité plus haut (p. 355). Mais des raisons que nous expliquerons dans la troisième section, nous ont fait reconnaître que ces^ strasb. ne sont que des S. colmariens.
Le tarif de change, arrêté par la convention de 1393, fut de nouveau publié par le magistrat de Strasbourg en 1397. Le retrait des petits S. n'était pas encore terminé. On prescrit
aux changeurs de les retirer de la circulation , et de les verser à la Monnaie, dès qu'ils en auraient réuni la valeur d'un marc.
Il paraît que la ville de Strasbourg souflFrait alors du manque de petites monnaies. Les deniers étaient coupés et exportés. Une commission de cinq membres fut chargée de consulter les maîtres monnayeurs de Metz et des autres cités voisines, pour établir une monnaie qui, tout en conservant une valeur convenable, ne fût pas exposée à cette exportation. Il s'agissait surtout de fabriquer des grossen et des drielinge^ qui auraient cours en môme temps que les deniers et les oboles {die do gingen by den pfenningen und heilbelingen).
Par là on comblait une lacune, que la baisse successive du^, rendait de plus en plus sensible. Malgré le silence des édits monétaires, on peut admettre que de temps immémorial il existait des moitiés et des quarts de S. Du moins les chartes et les comptes font-ils souvent mention d'oboles et de demi oboles, et la consultation de 1397 prouve, on vient de le voir, que les oboles étaient alors en usage, aussi bien que les deniers. Mais il est certain qu'il n'existait aucune pièce indigène, qui put servir d'intermédieiire entre le S, et le florin d'or. On ne pouvait y suppléer qu'à l'aide d'espèces étrangères , du gros tournois plus ou moins naturalisé en Allemagne.
A la suite de cette enquête, la Monnaie de Strasbourg émet des groschen (= l fl.), des demi groschen (= 6 â.), plus tard appelés blaphart (blafard, blanc) ou blappert, des vierer (4 ^.), nommés aussi dreyer ou dreyling ( Va de ?.) *.
Les groschen sont à 15 V2 loths fin, 65 pièces en marc d'alliage. Donc titre 969 — poids 3 gr. 623 — poids en argent finSgr. 51 - val. en francs 0,775 —val. num. 0,866*.
Notre règlement ne donne aucun renseignement sur le monnayage des autres espèces ; mais comme leur valeur numéraire est nécessairement en rapport avec celle du groschen,
1. D'après la Chronique deiTrausch, cette innovation aurait eu lieu en 1395. « En cette année, dit-il, on commença à frapper des schilling- « groschen et des vierer. Ces pièces portaient, d'un côté: la croix avec la « légende Gloria in excelsis Deo et in terra pax hominibus ; de l'autre, au « milieu, un lys avec la légende Grossus argentinensis. » Il nous semble préférable de conserver la date fournie par les Archives.
2, Calculée sur le prix du marc fin, qui reste fixé à 3 <ar. ou 60 /*.
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il est facile de la déterminer. Elle est pour le demi groschen 0 fr. 43, pour le vierer 0 fr. 29, et pour le $. 0 fr. 072.
Le S. conservait ainsi la même valeur numéraire qu'en 1393, mais sa valeur intrinsèque a dû diminuer. On n'a pas pu le monnayer à 0 fr. 068, quand le /^. qui occasionnait moins de frais, ne valait que 0 fr. 775 qui : 12 =0,645. Il descendit évidemment au dessous de ce dernier chifiFre, à une taille de 40 au loth (0,368 gr.).
De l'écart considérable, qui existait entre la valeur numéraire de ces diverses espèces et leur valeur intrinsèque, devait résulter une diminution prochaine dans leur valeur de change. Dès 1398, le marc de compte monta de 60 à 61 Vî ^. Le florin d'or, estimé jusqu'alors à 10 i^., dépassa bientôt ce cours, et malgré une ordonnance de 1399, se fixa dès 1401 à 10 Vx^. ou 126 ^., taux qui fut accepté par les tarifs oflficiels aussi bien que par le commerce. Cette conséquence était parfaitement logique. Elle mettait la valeur numéraire du ?. kO fr. 82 et celle du d. à 0,068 , chiffres encore supérieurs à leurs valeurs intrinsèques.
Pendant les vingt premières années du xv* siècle, nous ne rencontrons aucune donnée directe sur les opérations de la Monnaie strasbourgeoise. Mais le cours du florin d'or nous permet de nous en rendre un compte assez exact. Ce cours fut de 126 S. jusqu'en 1408 \ il tomba en 1409 à 124 , en 1414 à 122, en 1417 à 115, et même à 114 ^. en 1421 et 1422 , pour remonter tout à coup à 120 S, en 1423, et à 124 en 1424. Sauf ces dernières évaluations, les dififérents chiffres que nous avons signalés, correspondent à divers aflaiblissements que le florin d'or subit pendant cette période. Il est donc rationnel d'admettre, que le monnayage de 1397 se maintint jusqu'en 1421 ou 1422.
KN 1421 r:T Mais la hausse du florin en 1422, dut être provoquée par 1422. une diminution du^. strasbourgeois. D'une part, nous savons que personne ne songea à cette époque à augmenter la valeur intrinsèque du florin ; de l'autre, nous avons rencontré une
1. En 1408 le demi groschen de Strasbourg avait la valeur du wisspfenning de Cologne. Or celui-ci se monnayait à 9 â., 104 pièces au marc, donc 136 au marc fin. Le wisspfenning valait ainsi (51 fr. 60 : 136) Ofr.SB, ce qui est en rapport parfait avec le groschen strasbourgeois de 1397 (0 fr. 77).