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LES ESPÈCES

d'or.

taille. L'unité monétaire régnait ainsi dans l'Empire des Francs.

Après la dissolution de cet Empire , et jusqu'au xii« siècle, la situation ne paraît pas avoir subi de modification essentielle. Mais vers la fin de cette époque, l'affaiblissement du pouvoir central, la multiplication des ateliers monétaires, relâchèrent ce lien commun , et les désordres du grand Interrègne achevèrent de le détruire.

Dès lors chaque cité, chaque seigneurie, régla ses monnaies à sa guise. Aux frontières de chacune de ces souverainetés liliputiennes apparaissaient des espèces nouvelles. Les deniers d'une ville n'étaient admis dans la ville voisine , qu'en subissant un change plus ou moins onéreux.

Les négociants et les voyageurs atténuaient en partie le mal, par l'emploi des lingots d'argent et des espèces d'or. Mais ces palliatifs ne l'empêchaient pas de peser lourdement sur le commerce et sur l'industrie.

Le remède n'était pas difficile à trouver. Il suflâsait d'établir un pied commun, que les divers États fussent tenus d'observer Sans aller aussi loin , on pouvait constituer une monnaie nationale, qui obtint partout cours obligatoire, en concurrence avec les espèces indigènes. Mais ce remède, le pouvoir central n'avait point la force de l'imposer. Il devait donc se faire attendre pendant de longs siècles, jusqu'au jour où, stimulées par l'opinion publique , les souverainetés locales limiteraient elles-mêmes un droit, qu'elles regardaient comme lune de leurs plus précieuses prérogatives.

Ni l'intelligence de l'intérêt public, ni le désir de le sauvegarder, ne manquaient en eflet aux chefs de l'Empire. L'ordre était à peine rétabli, que Rodolphe de Habsbourg , le restaurateur habile du pouvoir impérial , essaya (1^1 et 1287), mais en vain, d'intervenir dans la décision des questions monétaires. Les mêmes efforts furent renouvelés, avec le même insuccès, par Charles IV (1356) et par Wenceslas (1396). Les temps n'étaient pas mûrs pour une réforme.

Au XV* siècle on fit un pas important. Les monnaies d'or furent soumises au contrôle du pouvoir central. Les diètes d'Egra (1437) et de Francfort (1442) ordonnèrent que le titre de 19 karats serait seul admis pour les florins. Quant aux espèces d'argent, elles les abandonnaient à l'appréciation de

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