PROPORTION
De là une conséquence non moins nécessaire : Timpossibilité d'indiquer quelle fut, à une époque donnée, la valeur commerciale d'une monnaie d*or, à moins de connaître, ou son cours de change, ou la proportion alors admise entre les deux métaux précieux.
La connaissance de la proportion a la portée d'une règle générale. Elle permet de déterminer, à laide de la valeur intrinsèque des espèces d'or, leur cours probable et approximatif, alors même qu'aucun tarif de change ne nous éclaire à ce sujet.
Lorsque cette connaissance vous manque, en même temps que les tarifs de change, vous avez beau analyser les règlements monétaires, étudier, avec le Numismatiste, le poids et le titre de ces pièces. Ces travaux ne vous apprennent rien pour le passé. Vous savez ce qu'une monnaie d'or vaudrait aujourd'hui; vous ne pourriez dire ce qu'elle valait, ce qu'elle devait valoir autrefois.
Il est donc utile de revenir sur cette importante question de la proportion, et d'ajouter des renseignements plus précis à ceux que nous avons donnés plus haut '.
Pour l'antiquité et l'Empire Romain, les indications fournies par rhistoire sont loin de concorder entre elles. Selon les temps et les lieux, la proportion entre l'or et l'argent semble descendre à dix ou monter jusqu'à dix huit, écart considérable, mais plus grand peut-être en apparence qu'en réalité, parce qu'on ignore, le plus souvent, la pureté relative des matières ou des monnaies que les textes prétendent comparer. Il est permis toutefois, malgré ces divergences, d'admettre avec Abot de Bazinghen , que « la plus commune et la plus juste proportion était douzième, c'est à dire, que douze livres d'argent payaient une livre d'or *. »
Tel est aussi le rapport que Charles le Chauve consacre au moyendans l'Édifde Pistes (en 864). « Dans tout notre royaume, la âge. livre d'or complètement pur (jpurissime cocfi)ne devra se vendre