MONNAIES D OR ALLEMANDES
1 fl.); et dans celui de 1383 à 6 fl. La valeur de change du florin n'était plus que de 9 fr. 40 à la première , de 9 fr. 05 à la seconde, de,8 fr. 60 à la troisième de ces dates.
Cette dernière évaluation, maintenue en 1387, malgré les réformes de 1386, se retrouvée Strasbourg en 1390. 1393, 1397. Les règlements bàlois semblent la supprimer en 1399 (le marc à 6 Vs A) et en 1405 (le marc à 6 V* A.). Mais en pratique le cours de 8 fr. 60 ou6 fl. au marc, persista jusqu'en 1408. Tel est le chifiFre mo)fen de toutes les données de change assez nombreuses, que nous avons rencontrées dans le Stettbuch de Colmar et dans les livres de Comptes de la ville de Bàle.
Voici quelfiat le cours du florin dans les premières années du XV* siècle
Année.
S. sirasbourgeois.
Rappen.
Steblers.
La première colonne est en S. strasb., et les chiffres sont empruntés aux archives de S. Thomas, de l'Oeuvre N, Dame
d'après le change. 467
et de S. Jean de Schlettstadt. La seconde renferme les évaluations en rappen, fournies par le Stettbuch de Colmar. La troisième est tirée des comptes de Bàle et de Ferrette , qui sont tenus en steblers.
Quelque variables que ces chiffres paraissent au premier abord , il est facile de les concilier avec le secours de renseignements donnés par les sections précédentes.
Le (). strasbourgeois, immuable jusqu'en 1422, est affaibli en 1423 et 1428. Le stebler et le rappen sont diminués en 1407, en 1418, en 1425 et en 1435. Par suite, le florin, après avoir valu 8 fr. 60 de 1402 à 1408, descend à 8 fr. 45 en 1409, à 8 fr. 35 en 1413, à 7 fr. 85 en 1416, à 7 fr. 50 en 1433.
A partir de 1435 le florin est compté, toujours et partout, à 126^. strasbourgeois, jusque vers 1520. Après cette époque, un écart, dont nous ne saurions marquer la date précise , s'établit entre le florin d'or et le florin strasbourgeois. Celui-ci reste fixé à 126^. jusqu'à sa suppression (fin du xvii« siècle). Le florin d'or se cote 136 S. en 1534, 138 à. en 1535, 140 ô. de 1536 à 1542, 144 de 1542 à 1555, 150 en 1559. Il subit ensuite toutes les variations, que nous avons marquées à la page 256.
Pour la Haute-Alsace , grâce aux Kaufbûcher de Colmar, nous pouvons suivre le change du florin, année par année. Fixé à 138 ô. en 1434 , il conserve ce taux jusqu'en 1480. II flotte ensuite entre 150 et 156 rappen de 1480 à 1521 , entre 160 et 168 de 1522 à 1534, entre 174 et 180 de 1535 à 1538, entre 180 et 184 de 1539 à 1541. Estimé à 186 ^f. en 1542, il traverse ensuite toutes les phases notées à la page 257.
Dans le chapitre vin, nous évaluerons les résultats de ces données. Bornons-nous à noter ici, pour la direction de ceux qui voudraient vérifier ces renseignements, que : 1° il faut se défier des tarifs officiels, parcequ'en voulant imposer au change des limites arbitraires , ils échouent très-souvent contre les exigences du commerce ; 2° on ne peut invoquer qu'avec réserve les cours qui servent au remboursement des capitaux ou au paiement des intérêts, parcequ'ils sont souvent fixés, ou par des conventions, ou par des décisions peu rigoureuses de l'autorité ; 3° l'agio , selon qu'il est compté ou omis, peut faire varier de 1 ou 2 à, l'estimation du florin ; 4*» il y a des livres de Comptes où le florin est toujours calculé d'après la taxe officielle, puis dans un article séparé, sous la rubrique
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uffivechsel (change), on marque l'ccart entre le taux oflBcielet le taux commercial ; S*' enfin , il se rencontrait souvent des florins qui n'avaient pas la valeur réglementaire *.
Au xvii« siècle , le florin d'or perdit beaucoup de sa vogue. On le soumit à une dépréciation si injuste, qu'en lfô2, Strasbourg se mit à monnayer des ducats , parceque ceux-ci procuraient un bénéfice de 9fl. par marc, tandis que sur les florins ce profit n'était que de 3 fl.
Aussi les florins devinrent-ils si rares, que dès 1714 il était difficile de s'en procurer, comme l'affirme le greffier de Colmar. Cette ville avait fait, le 12 août, une réception solennelle au landvogt, et lui avait off'ert un cadeau de 4 ducats. Dans la relation qu'il écrivit de cette fête, le greffier ajouta : ♦ Autrefois on donnait cinq florins d'or, mais n'en ayant pu trouver, on était convenu avec mons. le landvogt de ces quatre ducats. »
En 1738, l'Empereur voulut améliorer le titre du florin, pour en faire les ^4 du ducat 2. Il le fixa à 18 ka. 10 gr. d'or, 44 grains d'argent et 18 grains de cuivre. Mais cette idée n'eut pas de suite sérieuse.
Lk ducat. Nous n'avons que peu de choses à dire du ducat. Son histoire a le mérite, très-rare et très-important pour les monnaies, d'être courte et peu accidentée. Si, pendant plusieurs siècles, il n'a pas joui de la vogue du florin d'or, il l'a toujours emporté sur lui , par la régularité et la fixité de son monnayage.
Le ducat vit aussi le jour en Italie. Il est probable qu'il doit son nom à l'inscription, qu'y fit graver, vers 1140, le duc Roger II de Sicile ^ Les Vénitiens l'adoptèrent en 1280. C se répandit ensuite dans les républiques commerçantes de
1. Sans parler des monnayages frauduleux, nous rappellerons quclis diminutions du florin se faisaient subrepticement, à la sourdine. Pltisieurs types circulaient en même temps. C'est ainsi que Strasbourc décida, en i477, que l'on continuerait à payer 12B<y. pour les florins à IHL ou 18 k. 10 grains, avec une taille de 68 */,; mais ceux de 18 Vi^.. ave: une taille de 70 (105 à lOo ^', à 1 \j marcs;, ne devaient être reçus sw pour 123 S,
2. Cette évaluation s'était plus d'une fois rencontrée dans les tarife ti^ change. V. p. 2o6 et 2t)7.