Un sol = 0 fr. OIU), 33 s. ^3 =r 3 fr
30 sols; mais en 1687, on tomba dans l'excès contraire. La Monnaie de Strasbourg conserva pour le moment le marc de ! Cologne.
L'Annuaire du Bureau des Longitudes fixe à 10 S. le titre des pièces de 34 Vs sols de 1701 et 1704, qui ne diffèrent point de nos pièces de 30 sols. Mais il aura été trompé par le titre des émissions postérieures, qui est en effet de 10 S. Celui que nous indiquons est emprunté au bail même des fermiers de la Monnaie strasbourgeoise. Nous en trou'vons la confirmation dans un manuscrit intitulé Munt\sachen^ qui est conserve à la Bibliothèque de Baie. Il rapporte des essais faits à Zurich, en 1700, sur 11 pièces de 30 sols des années 1682 , 1683, 1685 , 1687, 1688, 1693, 1696 et 1697, et leur reconnaît une taille de 15 7« au marc, avec un titre moyen de 11 1. 12 gr. ou 8 8. 18 gr. (de 11 1. 11 gr. à 11 1. 13 V* )• t)es essais de 1706, sur les xxx sols de 1702, donnent le même résultat.
Les monnaies de 1681 sont évidemment la conséquence d une transaction. Elles sont divisées comme les espèces françaises, qui comptaient par écu de 60 s., demi écu de 30 s. et quart d'écu de 15 s. D'un autre côté, elles étaient calculées de façon à ce que 40 sols fussent l'équivalent du florin strasbourgeois. En effet 2,46 X 40 : 30 = 3 fr. 28.
Cette estimation du florin légèrement défavorable aux nouvelles espèces, fut modifiée bientôt après, comme nous l'avons dit dans le chapitre consacré au change ; mais le pied monétaire, adopté en 1681, se maintint pendant plusieurs années.
Au l*"" janvier 1690, la France entra dans la voie de ces spé- Réformaculations monétaires, connues dans l'histoire sous le nom de tion des Réformations. Voici en quoi consiste la manœuvre. Les espèces ^^^^naies. qui sont dans la circulation, sont amenées, par une série de décris successifs, à un taux qui équivaut, ou peu s'en faut, à leur valeur intrinsèque. Ce terme atteint, on les prohibe; la Monnaie s'en empare, les marque d'un signe quelconque, sans les refondre , et les rend au public à un cours élevé, bénéficiant de toute la différence qui existe entre le prix de rachat et le taux de la nouvelle émission. Quelque temps après, quand les pièces réformées se trouvent placées, et que le désir d'opérer une nouvelle spéculation se fait sentir, les décris recommencent et se succèdent, jusqu'à ce que la valeur de change de ces pièces se confonde de nouveau avec leur
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valeur intrinsèque. Alors intervient une autre reformation destinée à parcourir les mêmes phases. Le même jeu pouvait se renouveler, tant qu'il restait sur les pièces une place propre à recevoir une marque.
Ces opérations ont eu, au siècle dernier, des apologistes sérieux et sincères. Mais il est facile de voir combien elles sont, en elles-mêmes, immorales et funestes. Elles jettent le trouble et l'incertitude dans les relations commerciales, ruinent la confiance et le crédit, encouragent le faux monnayage par les facilités que présente la contrefaçon des marques, favorisent et enrichissent l'agiotage le plus éhonté. C'est une série d'emprunts forcés, mais d'emprunts qu'on ne rembourse jamais, où tout est perdu, capital et intérêts. C'est une cascade de banqueroutes partielles, qui, à moins de précautions infinies, frappent les créanciers des particuliers au^i bien que ceux de l'État.
Pour hâter la remise des anciennes espèces, les Monnaies les payaient souvent à un taux supérieur à leur cours commercial. C'est ce que les Édits appellent partager avec la nation les profits de la Reformations comme si la nation ne faisait pas seule tous les frais de ces profits ; comme si un bouleversement financier, qui atteint toutes les sources de la fortune publique, pouvait être pour la nation une occasion de profits.
Mais cet appât trompeur ne suffisait point. L'opération ne réussissait qu'a l'aide de mesures odieuses et vexatoires. Ceux qui acceptaient ou donnaient une monnaie au-dessus du tarif, étaient traités de billonneurs. Les agents de l'autorité devaient user de ruse, pour les surprendre en présence de témoins apostés. Quiconque recevait des pièces décriéesétait puni par la confiscation et par une amende, équivalant au double de la somme indûment reçue ; moitié de cette amende revenait au dénonciateur. Tout homme qui, instruit de pareils faits, ne les dénonçait pas dans les vingt-quatre heures, était passible des mêmes peines.
L'exportation des espèces était surtout poursuivie avec une grande rigueur. La dépréciation factice qu'on imposait aux monnaies nationales, rendait ce commerce lucratif et la tentation presque irrésistible , surtout dans les provinces fi*ontières. Aussi les Édits ne cessent-ils de flétrir un trafic, « qui emporte l'abondance du Royaume, qui tarit une fontaine pu-