CH. VII. — S. VI
MONNAIES FRANÇAISES
RÉFOR- MATION DE 1720.
cadre de ce travail, que par ses visées monétaires; et celles-ci viennent d'être suffisamment exposées.
Dès le l^r avril, Law dut rendre à l'argent sa valeur intrinsèque; et au l*"" juin, les espèces d'or rentrèrent dans la circulation. Le numéraire continua toutefois d'être sacrifié aux billets. On ne cessa d'en modifier la valeur nominale , de suspendre au-dessus de la tête des financiers des menaces de décri; jamais le change des monnaies ne s*éleva au-dessus de leur valeur intrinsèque. En un mot, rien ne fut négligé pour rendre les monnaies impopulaires , pour frapper de pertes incessantes ceux qui les détenaient, pour rattacher les spéculateurs et les capitalistes à la cause des billets.
La situation se maintint sur ce pied jusqu'au milieu d'octobre. Alors eut lieu une réformation des espèces de 1718, qui reçurent une surhausse d'un tiers. Comme les hôtels acceptaient pour versement Va en billets et Va en espèces anciennes, l'opération ne devait servir qu'à délivrer le marché, sans bourse délier, d'une certaine quantité de billets de banque.
Cette hausse fut plusieurs fois modifiée. Dans le tableau suivant, l'écart marqué entre la valeur numéraire et la valeur intrinsèque de la livre, en fera ressortir tous les changements.
Marc fin . . .
Louis de 1718 .
ECU de 1718 .
Louis d'argent Val. int. de la 1.
Val. num. » .
16 octobre.
26 octobre.
!«' dcc. 1720.
68 1. llS.6<r.
21 juiL 1723.
Le dernier de ces tarifs impliquait une légère diminution dans le rapport de l'or à l'argent, qui fut fixé à 14 Va au mois d^août 1725.
Ce changement correspond aune révolution monétaire. Non content de modifier la proportion des deux métaux, Louis XV supprima leseigneuriage,qui provoquait, disaît-il, la contrefaçon. L'État ne se réservait qu'une somme de 1,50 Vo, pour couvrir ses frais. On décida l'émission d'une nouvelle espèce de Louis, 37 \/2 pièces au marc de 22 karats ; ils sont connus sous le nom de mirlitons. L'Écu d'argent ne fut remplacé que le 12 sept. 1724. A cette date fut créé un nouvel écu, 10*/s au marc de
11 S.; le rendage était compté à 2%. Voici la valeur et les destinées de ces deux monnaies :
Mirlitons. .
ECU de 1724.
Poids.
Poids fin.
gr.
Val. i.ii.
4 fr. 77
VaL num.
19 fr. 63 4 86
Marc fin ... .
Mirlitons. . . .
ECU de 4,^ . . . ECU de 4,77 . . .
Val. num. de la 1.
t ao'jl 1723.
15 fév. 1721.
6 avril.
25 sept
janv
Ces tarifs révèlent un progrès sensible. Ils sont encore trop nombreux et varient trop facilement. La valeur nominale des monnaies reste soumise à de continuelles oscillations, qui entretiennent l'agitation et l'incertitude dans les relations commerciales. Mais l'État renonce enfin à ses scandaleuses reformations. Il ne recherche plus les bénéfices, qu'il réalisait dans une sphère, où devraient régner toujours la plus stricte loyauté et un désintéressement sans réserve. La valeur numéraire des espèces ne dépasse plus leur valeur intrinsèque, que dans des proportions avouées par l'équité et par l'intérêt public.
On touchait au terme de la crise. Au mois de janvier 1726, monnaies fut décrétée la fabrication de nouvelles espèces, qui devaient de 1726. durer jusqu'à la fin du siècle. Le nouveau Louis était de 30 au marc à 22 karats; le nouvel Écu avait une taille de 87io à 11 ^. En d'autres termes :
Louis i'xu.
Titre.
8 gr.
en mctal.
7 gr.
Val. int.
6 fr. 00
Ces monnaies conservèrent, comme nous l'avons dit, la même valeur intrinsèque jusqu'à la Révolution. Leur valeur nominale fut fixée définitivement le 27 mai 1726. Mais leur valeur numéraire fut plusieurs fois diminuée. L'édit de janvier avait rétabli le seigneuriage et lui avait même donné une im-
eu. VII. s. VI. — MONNAIES FRANÇAISKS.
portance exagérée. Mais des hausses successives survenues dans le prix des métaux précieux, le ramenèrent à des proportions plus raisonnables :
Marc fin.
4fcv.l726.
Nouveau Louis io
Nouvel Écu V. Num de la 1.