‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 362 sur 391 · BANQUE MUNICIPALE · texte numérisé non relu

BANQUE MUNICIPALE

Les Husgenossen de la Monnaie sont également tenus, par leurs serments, de faire connaître tous les contrats d'achat ou de vente, qui arriveront à leur connaissance, ou qu'ils soupçonnent avoir été conclus sans la participation des agents de change. Ils en feront part aux agents de change et aux percepteurs des deniers municipaux {^oller)^ sans rien dissimuler, et donneront avec empressement les éclaircissements que ceux-ci pourront demander.

€ Désormais les Husgenossen de la Monnaie ne pourront, par leur serment, accorder ou dénoncer aucun rachat de rentes, avant d'avoir entre les mains tout l'argent nécessaire au remboursement du capital et des intérêts. Il leur est défendu de faire des avances au débiteur pour ce rachat, soit sur leur propre argent, soit sur l'argent d*autrui. Ils n'engageront et ne pousseront personne à racheter la créance d'un autre. Quand le rachat d'une créance est dénoncé, le créancier doit toucher son argent aussitôt, à moins qu'il ne se rencontre quelque diflBculté ; en ce cas, l'argent et le contrat restent ensemble, jusqu'à la décision de l'aflFaire. Cependant si un bourgeois de Strasbourg voulait se libérer vis-à-vis d'un étranger, et qu'il lui manquât quelque chose de la somme nécessaire, les Husgenossen pourraient l'assister de leurs conseils ou de leur bourse, comme cela doit se faire entre bourgeois d'une même ville. >

Ce texte pourrait se prêter à d'intéressants commentaires; mais nous touchons à l'occupation de la Banque par la ville, nous avons hâte d'arriver à des données plus précises.

D'après la Chronique de Trausch, la ville aurait même déjà Banque pris la Banque dès 1482. C'est en cette année, qu'il place la ^iunicipale. création àts Mûnt\herren, « Ce sont, dit-il, trois fonctionnaires, qui restent toujours en charge et ont pour mission de prêter aux bourgeois, à raison d'un intérêt de cinq pour cent, et sur des gages d'or et d'argent, des fonds avancés par la caisse municipale. Des étrangers et des habitants de Strasbourg ont aussi l'habitude de déposer entre leurs mains des sommes considérables, objet de quelque litige, à condition qu'ils les remboursent, dès qu'ils en sont priés. » Ce langage donne à la Banque de Strasbourg les caractères d'un Mont-de-Piété et d'une caisse de dépôts et consignations.

Nous verrons plus loin que ces traits sont exacts, mais in-

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complets. Bornons-nous ici à contester la date de 1482. Pour montrer qu'elle est fausse , il suffira de rappeler le règlement cité ci-dessus. Il est de 1484 et s'adresse aux Husgenossen de la Monnaie, et non aux Trois Mtint\er, comme les documents postérieurs. Il est donc antérieur à l'ouverture de la Banque municipale, et celle-ci, par conséquent, n'a été créée qu'aune époque plus récente.

BrackenhoflFer, dans son MUnt{buchj nous semble plus près de la vérité, quand il dit, « qu'en l'année 1503, le mardi avant la S. Urbain, le sénat prit la Monnaie à son compte, et en chargea trois fonctionnaires, dont l'un devait toujours appartenir à la noblesse. » Le lecteur trouvera plus loin un rapf>ort de 1617, qui ne fait pas remonter la banque municipale audelà de la même année.

Nous avons rencontré dans les Archives le règlement de cette Banque. Il a pour titre Nouvelle ordonnance des Miinsser (der mùnsser Nuwe ordnung). Il ne porte point de date, comme cela arrive si souvent pour les documents de ce genre , mais son préambule ne laisse aucun doute sur l'époque approximative de sa rédaction. Une ordonnance de 1577, qui rappelle plusieurs de ses dispositions, le fixe à l'année 1514.

Il débute en ces termes : € Vu les désordres, qui plusieurs fois dans les temps passés, et tout récemment encore, se sont rencontrés dans le change des Monnaies; vu le pouvoir qu'a la ville de prendre toutes les mesures qu'elle juge favorables à ses intérêts et à ceux de ses bourgeois, il a paru bon au magistrat, au sénat et à la chambre des XXI, de faire gérer directement et au nom de la ville, le Change et la Monnaie de Strasbourg. »

j^^)j^. En conséquence, ces établissements seront désormais confiés

ORGANISA- à trois personnes honorables et dignes de foi , habiles à lire TioN. et à écrire, entendues au maniement des aflfaires commerciales. Leur bureau sera ouvert, comme celui de la douane, le matin, de 6 heures à 9 heures, en été, de 7 heures à 10 h. en hiver ; et le soir, de midi à 4 heures. Les jours de marché, le bureau ne se ferme qu'à 11 heures, pour se rouvrir à une heure. Celui des Mûnsser qui ne sera pas à son poste, au moment où la cloche sonne, paie une amende de 1 ;:?., que leur greffier doit enregistrer avec exactitude. Il sera placé à la Monnaie un clepsydre, qui se vide six fois par heure ; chacun

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