DÉVELOPPEMENTS DE LA BANQUE
obtenir de l'argent sans frais et sans embarras , au taux ordinaire de 5 % ; il a le droit de rembourser sa dette, dès qu'il le veut. C'est une excellente institution, qui manque en bien des lieux. A Francfort, par exemple, on est forcé en pareil cas, de recourir à des Juifs. »
Quant aux lacunes de détail, qui peuvent se rencontrer dans notre texte , elles seront largement comblées par des documents postérieurs, que nous aurons l'occasion de citer successivement.
Quoique fondée avec un capital -assez restreint (il n'était que Développede 2000 fl. ou 13000 fr. en 1503) , la Monnaie disposa dès ses ^ents de débuts de sommes considérables. Voici les comptes qu'elle présentait au mois de décembre 1503 , au bout de six mois d'existence, à une commission de deux membres de la chambre des XV et de deux membres de la chambre des XXI :
Actif (5103 n. 1 /». 9 â.\ et encaisse (10932 fl.) 16035 û. l ft. 9 $, ou looooo fr.
Passif 15755 1 98236
LA BANQUE
Bénéfice 280 fl. l /». 5 â- ou 1764 fr. Le semestre suivant présentait des résultats analogues.
Actif (2340 fl. 7/y. 6 d.) et encaisse (10267»/4 fl.) 12607 fl. o fi, IV, <^. ou 79424 fr. 10 Passif 12090 4 6V, 76169 30
Bénéfice 516 fl. 5 /». 7 â, ou 3254 fr. 80
Elle avait donc réalisé, dès la première année, un bénéfice de passé 3000 fr. Elle le conserva , déduction faite du quart alloué aux Mtinsser , et augmenta d'autant son fonds de réserve.
Cette disposition lui permit d'étendre peu à peu le cercle de ses opérations, et d'augmenter l'importance de ses profits. Ceux-ci s'élevèrent
dans les six derniers mois de Tannée ra5 à 1240 fl. l fi. 7\', d, ou 74 lo fr.
» 1517 1728 5 (iV, 10371
Dans l'année 1529-1530, ils étaient de 1843 fl. 2/^. 5^. ou 11509 fr. 50, et le fonds de réserve, représentait la somme déjà ronde de 20058 fl. ou 120348 fr., qui était doublée dès 1542, 41051 fl. 4 /?. 3 B, ou 246308 fr. En cette dernière année, le boni montait à 2722 fl. 9/^. 8 S. ou 16336 fr. 50.
558 CH. rx. — s. ii. — les b\nques.
Si l'on ajoute le chiffre des dépôts à celui du fonds de réserve, Ton comprendra les services que la Monnaie était en état de rendre, non seulement aux particuliers , mais encore au commerce de Strasbourg. Notons toutefois que, comme la plupart des dépôts se trouvaient exigibles à volonté , le sénat demandait des Miînsser qu'ils eussent toujours en caisse une somme équivalant au tiers de leur montant.
Avec le développement de la banque, s'étaient accrus aussi les profits des banquiers. On crut donc nécessaire de modifier les bases de leurs appointements. En 1540, leur salaire fixe fut supprimé ; en 1563, leur part dans les bénéfices fiit réduite, du quart au sixième ; et en 1577, du sixième au neuvième.
Ces diverses mesures diminuaient pour le moment le salaire des Mùnsser; les progrés de la Banque ne tardaient pas à les remettre à flot. On en jugera par les tableaux suivants, empruntés aux Protocoles de la Chambre des XV. Nos estimations en francs ne répondent qu'à la valeur même des espèces, sans tenir compte du pouvoir de l'argent. Pour comprendre toute la portée de nos chiffres, il faudrait les multiplier par le coefficient que nouschercheronsà établir dans un autre volume. Les bénéfices de la Monnaie montent en :
ft
id.
fr.
OU