DÉVELOPPEMENTS DE LA BANQUE
cela que la banque, privée d'une portion notable de son fonds roulant, est si souvent forcée de recourir au trésor du Pfennigthurn. Le second article concerne l'immunité des dépôts. D'après la loi, ils doivent être insaisissables, et cependant on a eu récemment des exemples contraires.* Cette conduite détourne bien des gens de la Monnaie, et cause à celle-ci un préjudice sensible *. »
Il sembleaussi résulter de la discussion, que les officiers de la Afwn/^^ s'appropriaient le profit, que pouvait présenter la vente des gages. Du moins insiste-t-on sur ce point, qu'ils ne doivent tirer aucun avantage particulier des sommes qui leur sont confiées ; qu'ils doivent conserver les gages aussi longtemps qu'ils garantissent suffisamment capital, intérêts et frais; que si la vente des gages produit un bénéfice, celui-ci revient à la ville.
Le même arrêté double le cautionnement des Munsser, qui est porté de 500 fi. à 500/^. (oOOO fr.).
Enfin quelques personnes avaient demandé plus de détails dans les comptes de la Monnaie. La majorité repousse la proposition, comme contraire à la tradition, comme inutile, parce que les membres de la Chambre des XV peuvent toujours avoir les éclaircissements qu'ils désirent. « Et il n'est pas nécessaire, ajoute-t-on, que les députés du Grand Conseil qui assistent à l'approbation des comptes, sachent précisément tout ^. » Nous le voyons, si la Chambre des XV déployait dans son administration une intégrité difficile à contester, elle n'avait toutefois qu'un goût médiocre pour une publicité complète. Il lui plaisait de s'entourer de mystère, même en face des autres dépositaires de l'autorité municipale.
Malgré ces mesures, et malgré l'étendue des ressources dont elle disposait, la Monnaie suffisait avec peine aux demandes qu'on lui adressait. En 1580, elle se plaint d'être dans l'impuissance de fournir des sommes minimes de 5, 6 et 10// (50 à 100 fr.) à des bourgeois, qui lui ofi*rcnt « d'excellents gages. » La caisse du Pfenningthurn dut lui prêter 1000 //.
1 . Welches die leute schcu macht ir gelt an Folche ortcn ^m le^^en, das dann der Mûnt:{ auch schaden bringt.
2. Bedarfe sun auch nit, dass die von E. R. ^ur Rechnung geordnete herrn eben ailes wûssen sollen.
560 CH. IX. — s. II. — LES BANQUES.
(9000 fr.), pour la mettre à même de remplir la partie la plus essentielle de sa mission.
Différentes raisons peuvent expliquer ces embarras. D'une part, la Monnaie prêtait volontiers , même au dehors et pour des termes indéfinis, des sommes considérables. C'est ainsi qu elle donnait, en 1588, lOOOOfl.fprès de 50000 fr.) au grand duc de Bade ; 900 couronnes (6000 fr.) à la confédération helvétique, etc., etc. D'un autre côté, vu l'agio qui s'exerçait sur certaines espèces , elle hésitait à s'en dessaisir. En 1585, par exemple, elle sollicita et obtint du trésor de la ville une avance de 2000 //. (18400 fr.) en monnaie d'appoint; elle ne manquait pas d'argent, disait-elle ; mais elle tenait à garder en caisse ses grosses espèces , pour pouvoir, en cas de réclamation , rembourser ses créanciers en espèces conformes à celles du dépôt.
En l'année 1590, un léger changement fut introduit dans la reddition des comptes de la Monnaie. Ils étaient d'abord présentés de six mois en six mois, à la S. Jean-Baptiste et à Noël. En 1530, le terme de Noël avait été seul maintenu, et comprenait la gestion de toute l'année. A partir de 1590, tous les comptes devaient être arrêtés quinze jours avant Pâques, la Monnaie se fermait, et ne se rouvrait que quatre semaines après, quand le travail de la vérification se trouvait complètement terminé. Les employés devaient alors posséder en caisse une somme équivalant au cinquième de leur capital. On dénonçait les créances qui n'étaient plus suffisamment garanties par les gages déposés, et, si l'on négligeait de les retirer dans l'année , ces gages étaient mis en vente, à moins que ce ne fussent des bagues ou des bijoux avec pierreries. Comptes A partir de 1591, le rapport de lacommission de surveillance est sommairement transcrit dans les registres de la Chambre des XV. Sauf les lacunes qu'a laissées la perte ou la destruc- 1591 TlfiiT. ^^^^ ^^ quelques uns de ces registres , il nous est possible de suivre, année par année, les opérations de la Muntz. Nous n'en extraierons que deux chiffres, qui peuvent présenter un incontestable intérêt, celui des profits annuels et celui de l'actif. Ils permettront au lecteur de se faire une idée complète des affaires que faisait notre banque. Rappelons toutefois qu a cette époque, Strasbourg fondait encore une autre banque, le Wexel, dont les destinées feront l'objet d'une notice spéciale.
DP.
LA BANQUE