‹ Etudes économiques sur l'Alsace ancienne et moderneChapitre 368 sur 391 · DR · texte numérisé non relu

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CH. IX. — S. II. — LES BANQUES

taire décrite ailleurs. Voici quelles furent, pendant cette période, les destinées de la MUnt^.

Année

Actif.

Profils.

U fi.

OU 1,256,378 fr.

6,116 «r. 6 fi.

OU

46,938 fr.

30,6in

La crise avait eu pour conséquence un renchérissement, plus factice encore que réel, de toutes les denrées, et une augmentation non moins factice de la fortune publique. Malgré la cherté, nous dit Trausch qui fut témoin de ces faits, le numéraire était si abondant, que les enfants jouaient dans les rues avec des pièces d'argent. La bourgeoisie apporta tant d'argent au trésor du Pfennigthurm , dont dépendaient les dettes actives et passives de la ville , que celle-ci ne sut plus qu'en faire. A la S. Jacques , le sénat décida qu'on n'accepterait plus que les dépôts des veuves et des orphelins, et encore seulement jusqu'à concurrence de 5CX3 fl. par tète. Cette mesure ne suffit pas. On remboursa intégralement tous les comptes qui dépassaient ItOCXD fl.; il y en avait beaucoup de 40, 50, 6C000 fl. Les comptes au-dessous de 16000 fl. furent réduits d'un dixième.

Bien des gens firent alors des fortunes subites. Tel qui ne possédait pas auparavant 10 fl., put s'acheter dans la rue des Hallebardes une maison de eCCO Reichsthaler (3ECC0 fr.) et la meubler avec un luxe inouï. Mais, quand l'ordre fut rétabli, ces fortunes scandaleuses disparurent en peu d'années, le jugement de Dieu les frappait d'une manière visible. Par contre, beaucoup de personnes riches, en particulier les veuves et les orphelins, éprouvèrent des pertes considérables. On leur payait leurs rentes, on leur remboursait leurs capitaux, en mauvaises espèces, et la cherté les dépouillait de cet argent avec une étrange rapidité.

La ville profita d'abord de la situation. Elle remboursa tous

ses créanciers du dehors ; même les créances qui lui avaient été accordées à 4 Vo et à titre perpétuel. Beaucoup de nobles et de riches étrangers furent amenés à se faire recevoir bourgeois, pour échapper à ces remboursements onéreux.

Mais la médaille avait son revers. Si la ville trouvait dans l'affaiblissement des espèces une occasion propice à la liquidation de ses dettes , ses débiteurs jouissaient des mêmes avantages. Un seul fait suffira pour le prouver. Lorsqu'elle rendit ses comptes en 1623, la MUnt:{ayait en caisse 242,752^. 9 fi. , tandis que ses extances actives ne s'élevaient qu'à 88990 /<?. 16 /?., à peine au tiers de l'encaisse. Encore ces dernières renfermaient-elles beaucoup de créances véreuses. Le rapport de 1625, nous le déclare formellement. On peut voir, dit-il, par le Creu^elbuch, qu'un grand nombre de ces créances est irrecouvrable ; mais il a été jugé prudent de ne pas en parler au Compte Rendu, pour ne pas effrayer l'opinion publique.

En ce moment en effet (avril et mai 1625) , la Chambre des XV travaillait avec ardeur au rétablissement de la MUnt:{, Pour lui reconstituer un capital convenable, il fut décidé :

1* Que pendant quelques années on lui permettra de conserver ses bénéfices, pour augmenter d'autant ses fonds de réserve ^

2*» Que les administrateurs des divers établissements municipaux seront tenus d'y déposer leurs capitaux. Ils ne pourront garder en caisse plus de iOO fl. Cette obligation, admise d'ailleurs autrefois, ne les gêne en rien, puisqu'ils peuvent retirer à volonté l'argent dont ils ont besoin.

3« Que les sommes d'argent qui seraient l'objet d'un litige, seront consignées à la Monnaie jusqu'à décision des juges.

4" Qu'on demandera remboursement à ceux qui doivent des sommes considérables. « Ce sera un moyen de rendre plus facilement service aux pauvres, et de conserver pour la postérité cette bienfaisante institution. »

A ces ressources on ajoute, en 1626, les Vogtei ou pupilîen gelder, l'argent des pupilles. D'après une ordonnance de 1584 (27 juillet), fondée sur ce qu'ils placent souvent mal les fonds de leurs mineurs , les tuteurs étaient tenus de les confier au Pfennigthurn, contre un intérêt annuel de 4 Vo- Cet argent était remboursable, au gré de la ville ; à la majorité des mineurs, s'ils veulent l'employer autrement ; ou à toute réquisition des tuteurs, qui pourraient établir qu'ils ont le moyen de le placer d'une manière plus avantageuse et non moins sûre. LechiflFre

1. Cela se faisait du reste de nouveau depuis le 17 avril 1622.

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