mis comitibus^ in quorum ministeriis moneta percutitur
Melle et Narbonne. » Encore faudra-t-il ajouter que cette énumération ne concerne que les États de Charles le Chauve, et que même pour cette partie de Tempire franc, elle est loin d'être complète. M. Lelewel a compté, dans la France du IX- siècle , 1 18 ateliers différents.
Ce chiffre est bien éloigné sans douté de celui qu'atteignait, aux temps mérovingiens, le nombre des ateliers monétaires ; mais il est bien supérieur aussi à ce que feraient supposer les capitulaires carlovingiens. S'il n'est pas permis de dire que les prescriptions de Charlemagne demeurèrent à l'état de lettres mortes , nous sommes autorisés à croire qu'elles ne modifièrent pas essentiellement la situation. Comparé aux âges antérieurs et à la féodalité proprement dite , le ix* siècle peut paraître une période de centralisation monétaire. Mais au fond , il est facile d'y découvrir des traits nombreux qui rattachent l'une à l'autre, les deux époques qu'il semble séparer.
Il est temps d'arriver à notre Alsace.
Au point de vue des monnaies, comme sous d'autres rapports, la province se divisait en deux cercles distincts. Le ruisseau de TEckenbach (près de S. Hippolyte), qui séparait le diocèse de Bàle de celui de Strasbourg , le comté d'IUiche de celui de Kircheim , le landgraviat de la Haute Alsace du landgraviat inférieur, séparait aussi la confédération de la Rappenmiint:( des villes et des seigneuries qui suivaient la monnaie de Strasbourg.
Les deux cercles se groupaient autour des cités épiscopales de Strasbourg et de Bàle. Ce sont donc les ateliers de ces deux localités qui doivent occuper la plus large place dans cette histoire. A leur suite viendront se ranger en seoonde ligne les divers États qui reçurent le droit de battre monnaie, ou qui usèrent de ce droit à un titre quelconque.
Ce chapitre , on se l'explique aisément , forme la partie la moins neuve de notre travail.
Grâce à son importance politique , le droit de battre monnaie devait attirer l'attention de Schœpflin , et les rares documents qui le concernent étaient notés avec trop de soin pour échapper à ses recherches. Les grandes lignes de l'histoire que nous avons à retracer, se trouvent donc déjà indiquées dans YAlsatia illustrata.
46 CH. II. — s. I. — ATELIERS DE LA BASSE ALSACE.
Nous croyons toutefois que, même ici, nos efforts n'auront pas été perdus. Nous espérons démontrer que sur plus d'un point, Schœpflin n'a pas compris exactement les chartes qu'il interprétait, et que son récit, court, substantiel, comme tout ce qu'il a fait, renfermait, tantôt des erreurs à rectifier, tantôt des lacunes à combler.
Section Première.
Les ateliers de la Basse Alsace.
Strasbourg. — Droits de l'cvcché. — L'évêquc engage sa Monn^e. — La viDc s'en empare. — Elle monmûe des florins d'or. — Portée des privilèges impériaux. — Louis XTV conserve à Strasbourg sa Monnaie. — H s'en empare. — La ville cède l'Hôtel de la Monnaie. — Dernières destinées de la Monnaie de Strasbourg. — Ateliers de Châtenois, Altorf et Schlcttstadt. — Les évéques conservent leurs droits de monnayer. — Us en usent à Molsheim, — à Saveme, — à Oberkirch et Giinzburg. — Monnaie d'Andlau, — de Marmoutler, — de Brumath, — de Sel^ — de Wissembourg, — de Hagenau, — des Hanau-Lichtenberg, — à Wœrth et à Bouxwîller.
Stkasbourg Appuyé sur la tradition et sur des conjectures plausibles, M. Levrault * s'est efforcé d'établir que Strasbourg fut doté d'un atelier monétaire , aussitôt après la conquête romaine. Succursale au début de la Monnaie de Trêves, cet atelier aurait frappé, selon lui, une partie des pièces signées par Trêves ou attribuées à l'officine d'Arles* (S. M. AR, SAR, AR.)
Sous la période mérovingienne, l'existence de la Monnaie de Strasbourg devient incontestable. Plusieurs triens portent en toutes lettres le nom latin, ou le nom tudesque de cette ville. M. Levrault croit pouvoir revendiquer, en outre, quelques-unes des pièces signées AR. ou MA. (moneta argentinensis).
Les cabinets de médailles renferment des deniers strasbourgeois de Pépin le bref, de Charlemagne , de Louis le