LOUIS XIV CONSERVE A STRASBOURÔ SA MONNAIE
monnayé en florins d'or; on se remît à faire des ducats en
1652(13 fév.)
La prescription n'avait pas encore confirmé cette usurpa- Louis xiv tion nouvelle, lorsque Strasbourg fut réuni à la France. Dans conserve a lacté de capitulation, signé à lUkirch le 30 septembre 1681, le Strasbourg droit de battre monnaie fut soigneusement sauvegardé. On ^-^ monnaie. y lit à l'art. IV :
f Sa Majesté accorde aussi à la ville que tous les Revenus, * Droits, Péages , Pontenages et Commerce avec la Douane, i soient conservés en toute liberté et jouissance, comme elle «les a eus jusqu'à présent, avec la libre disposition de la i Pfeaningthurm et la monnaie. . . »
Rassurée par cette stipulation , la ville de Strasbourg se mita monnayer des espèces françaises, d'après un pied spécial, arrêté entre elle et Louvois. Mais suivant les habitudes de l'administration française, le système de la ferme fut substitué à celui de la Régie directe. La ville se réservait la fabrication des espèces d'or (ducats , florins), des épices du conseil (Rath uniprœsent:{geld^ groschen^ schilling) et celle des deniers et des oboles (heller). Le reste fut aiFermé à des banquiers.
Le sieur Dietrich prit la Monnaie en 1682, moyennant un canon annuel de 20CX) écus d'Empire ; son bénéfice était de 2% sur les pièces fabriquées. Le bail fut renouvelé en 1685; mais le sieur Damont fut substitué aux droits de Dietrich en 1687. Dans deux autres baux de 1688 et 1691, le fermage reste fixé à 2000 écus ou 6000 livres ; la ville cédait les bâtiments, l'outillage, le droit de faire venir sans frais de douane < le sel de Cologne, le meilleur pour le blanchiment des deniers. » Le fermier était libre dans le choix des ouvriers ; mais le magistrat lui imposait son maître monriayeur.
Ces dernières conventions ne purent être exécutées qu'en Louis xiv partie. Le 9 mars 1690 parut une ordonnance royale, qui dé- s'en fendait aux officiers de la Monnaie de Strasbourg de continuer empare. leur travail, sous peine de mille écus d'amende. Le 30 du même mois, l'intendant de la Grange vint, par ordre de Louvois, signifier aux autorités municipales la volonté du Roi.
C'était une violation flagrante de la capitulation de 1681 ; mais c'était aussi la conséquence nécessaire d'un système de spéculations monétaires, que les financiers de Louis XIV inauguraient en ce moment, et qui devait faire, pendant plus de
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trente ans, le malheur de la France. Dans les pages que nous consacrons aux monnaies de cette époque , nous ferons connaître en détail l'opération financière qu'on appelait alors Réformation des monnaies. Pour peu qu'on la comprenne, on sentira que si l'État voulait obtenir les bénéfices qu'il s'en promettait, il devait, de toute nécessité, supprimer l'indépendance de l'atelier strasbourgeois.
Le magistrat de Strasbourg réclama avec une vive insistance, en s'appuyant surtout sur l'acte de capitulation. Il rappelait aussi la docilité avec laquelle ses monnayeurs avaient accepté les conditions imposées par la cour, et le zèle qu'ils avaient déployé dans la fabrication des espèces j&^nçaises ^
Mais on passa outre, en dépit de ces réclamations, et malgré les espérances que M. de Klinglin, chargé de présenter au ministère les doléances de Strasbourg, avait reçues de MM. Le Pelletier et de Pontchartrain.
Par arrêt du 6 octobre 1693, rendu en son Conseil, le Roy statuait, que la Monnaie de Strasbourg seroit incessamment rouverte pour son compte, pour y être les anciennes espèces d'or et d'argent reformées, et qu'il en seroit fabriqué de nouvelles ayant cours dans l'Alsace seulement. En attendant que des oflBciers fussent établis de la part de Sa Majesté, l'inten-
1. Un état, annexé à ces réclamations, nous apprend que de 1682—90 on avait monnayé à Strasbourg 7312 557 1. 18 s. (plus de 15 millions de francs; le marc était alors à 29 1. 10 s.) Cette somme se répartissait ainsi :
en pièces de xxx sols, 7 115 602 1. 10 s. » XV 16 290
» IV 18 157 12