LES FERRETTE. — LES RIBEAUPIERRE
ont reçu des concessions de monnayage. Mais chose singulière! Ils ont monnayé au xiii* siècle, et la plus ancienne de ces concessions n'est que de la fin du xiv«. Ils ont monnayé, alors qu'aucun document, de nous connu, ne leur en accordait la faculté, et depuis que cette liberté leur fut garantie par des diplômes impériaux, ils n'en usèrent point.
Ce sont les Annales des Dominicains de Colmar, qui nous parlent du monnayage des Ribeaupierre. Elles renferment à l'année 1281 la mention suivante : « Le seigneur de Ribeaupierre commença à faire une nouvelle monnaie , qui ne différait que fort peu des deniers de Fribourg *. > Ce qui frappe l'annaliste, ce qu'il veut noter, c'est le rapport de ces nouveaux deniers avec ceux des Fribourgeois. Rien ne nous permet de croire qu'à ses yeux les Ribeaupierre , en monnayant, aient fait un acte nouveau, inusité, illégitime.
Cependant la charte de Wenceslas accordée à Bruno de Ribeaupierre, le dimanche avant la Pentecôte de l'année 1396, affecte de lui octroyer un privilège nouveau et précaire, t Nous lui permettons et concédons , y est-il dit , jusqu'à révocation des présentes^ de frapper dans son territoire des deniers d'argent, conformes, parle titre et la taille, aux deniers qu'émettent les princes, seigneurs et villes du voisinage ^. »
Les successeurs de Wenceslas étendirent sans doute , dans la suite, les droits de Ribeaupierre. C'est du moins ce qu'on doit conclure d'un diplôme de 1550 (3 oct.), par lequel Charles Quint confirme leurs privilèges. Parmi eux il compte celui de fabriquer des monnaies d'or et d'argent {gulden und silbermmt^O , en se conformant aux prescriptions générales qui règlent la matière ^.
En dépit de ces chartes et des confirmations dont elles furent l'objet, le monnayage ne fut pas repris par les Ribeaupierre. Radius , leur serviteur dévoué , si prompt à exalter tout ce qui peut faire ressortir la gloire ou la puissance de ses maîtres, Radius ne signale comme conséquences de ces con-
1. Dominus de Rappolstein incepit novam monetam façere que pêne cum denariis Friburgensium concordabat.
2. Das er ein sUberein pfenning mûnt^e in seinem lande slahen solle und ^ge, uff solche korn , uff^ele^ striche und nodel als andere fùrsten^ herren und Stete umb ihn gesessen slahen.