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V. aux archives, les Fiefs passifs des Ribeaupierre

104 CH. II. — s. II. ATELIERS DE LA HAUTE ALSACE.

cessions impériales , que deux lettres de convocation à des diètes monétaires de Strasbourg (1560) et de Worms (1361)». Cest un résultat par trop modeste.

Cette réserve peut étonner d'autant plus que, depuis le commencement du xvi« siècle , les Ribeaupierre possédaient des mines d'argent d'un rapport considérable.

La clef de l'énigme doit se trouver dans l'opposition que la confédération de la Rappenmant^^ et, après sa dissolution, les archiducs d'Autriche faisaient à l'ouverture de tout nouvel atelier. Si les Ribeaupierre avaient monnayé, ils auraient travaillé eux-mêmes les produits de leurs mines, et c'est à quoi, ni la confédération, ni les archiducs ne voulaient consentir.

Dans une cour tenue par l'archiduc à Fribourg , en 1596, Egénolphe de Ribeaupierre manifesta ouvertement le désir de monnayer. Mais on écarta sa demande. Les ofl5ciers de la Régence lui répondirent qu'il ne trouverait aucun avantage pécuniaire à battre monnaie, et que l'amitié des princes d'Autriche était le meilleur héritage qu'il pût laisser aux siens.

Ce langage était clair. Cependant Egénolphe revint à la charge en 1604, à l'occasion d'un nouveau traité par lequel il promettait, pour 15 ans, de livrer aux archiducs l'argent de ses mines (9 oct.). Il voulait se réserver 250 marcs par an , pour les monnayer, soit dans un atelier particulier , soit dans celui d'Ensisheim, mais à son efl5gie personnelle. La Régence s'y refusa ; on finit par lui laisser 150 marcs, à condition qu'il ne les convertirait pas en espèces.

A l'expiration de ce traité (1619), le fils d'Egénolphe, Eberhard , renouvela ses démarches. Il ne demandait qu'à feire marquer de son effigie deux ou trois mille florins à la Monnaie d'Ensisheim. Cette demande fut encore repoussée, comme un empiétement sur les droits des archiducs. Eberhard insista. Pour montrer qu'il ne monnayait que par une concession spéciale de ces princes, il s'offrit de faire mettre sur la circonférence de ces pièces, Decreto Imp, Ferd. IL nec non archiducum Austriœ (lettre du 10 fév. 1620). Tout fut inutile.

La guerre de Trente ans et les malheurs qui fondirent sur l'Alsace , amenèrent ensuite les Ribeaupierre à perdre de vue

1. De origine, dignitate, juribus et prœrogativis comitum Rappolsteinniensium, p. 96 et 106.

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