V. Siridas, Eutrope, Zozime, Victor l'ancien
2. Vita. L. I. C. /, parentibui ingenuis.,, Eligius natus. C. J, Tradidit eum ipater) ad imbuendum honorabili viro, Abboni vocabulo, fabro aurifia probatissimo, qui eo tempore in urbe Lemovicina publicam fiscalis monetœ officinam gerebat: a quo in brevi hujus officii usu plenissime doctus. C-t, factus est notus cuidam régis thesaurario, Bobboni vocabulo, viro honesto et mansueto , cujus se patrocinio committens, sub ejus ditione degebat. C. 5, In hoc nempe ad altius consurgens factus est aurifex peritissimus , atque in omni fabricandi arte doctissimus , invenitque gratiam in oculis régis. C. 10^ fabricabat in usum régis utensilia quamplurima ex auro et gemmis. C. 32. Multa sanctorum auro argentoque et gemmis fabricavit sepulcra.
3. C'est la qualification qu'il lui donne encore, quand il raconte son élection à l'évêché de Noyon. L. 11, Ch. 11, Aurificem invitum detonsum constituerunt ....
profession chez un orfèvre, qui dirigeait un atelier monétaire, nous ne pouvons conclure de là avec assurance qu'il se soit lui-même occupé de monnayage. Mais le fait nous est affirmé par d'autres monuments, non moins irrécusables que le récit de S. Ouen. De nombreuses pièces d'or , frappées à Paris sous Dagobert I et Clovis II, sont arrivées jusqu'à nous, avec la signature d'Eligius. S. Éloi fut donc monnayeur en même temps qu'orfèvre, comme son maître Abbon.
11 existe encore d'autres signatures, dans lesquelles les Numismatistes ont cru reconnaître divers personnages , qui occupèrent sous les rois francs des positions élevées. Mais à une époque où les noms ne se composaient que d'un mot , il devait se rencontrer, dans une même province, bien des hommes de conditions très-diverses , qui portaient le même nom. Sans contester la valeur de ces inductions , nous ne pouvons, quand elles ne reposent que sur une simple identité de nom , en faire la base d'une argumentation péremptoire.
S. Éloi reste ainsi le seul monétaire de ces temps reculés, sur lequel nous possédions des données certaines et précises. Or, S. Éloi est d'excellente maison, il a joué un rôle marqué à la cour des rois francs ; il a rempli plusieurs fois les fonctions d'ambassadeur ; il est mort évêque de Noyon! Cela ne prouve pas sans doute que^tous les monétaires de son temps aient fait dans le monde aussi bonne figure. Mais on en pourra du moins conclure que s'ils formaient alors une corporation, cette corporation ne se trouvait point placée sur les degrés infimes de la hiérarchie sociale.
Telle est la condition qu'attribue aux Husgenossen de Strasbourg le plus vieux code de la ville. Comme les monnayeurs de Rome, ils forment une corporation d'un accès difficile. De même que ceux-là dépendaient du fisc impérial ; de même ils appartiennent à la famille de l'Évêque. Mais malgré cette apparente infériorité, ils constituent le patriciat de Strasbourg ; ils comptent dans leurs rangs toute la noblesse de second ordre ; par leurs richesses et leurs privilèges politiques , ils exercent au dehors et dans la cité une influence prépondérante.
Telle était la condition des Husgenos&en à Bâle, à Wissembourg, à Spire, dans toutes les villes dont les ateliers monè-
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taires remontent à une haute antiquité. Leur puissance a été battue en brèche, et ruinée peu à peu dans le cours des xiii* et xiv« siècles. Elle nous apparaît donc plus ou moins entière, selon la date des documents qui sont arrivés jusqu'à nous. Mais quelle que soit cette date, ils forment toujours un corps particulier, relevant d*un évèque, d'un abbé, d'un prince ou même de l'empire ; mais composé en même temps de nobles et de patriciens, que de nombreux privilèges élèvent au-dessus du peuple.
Ces institutions n'étaient point locales. Elles se retrouvent à Vienne, en Autriche , comme sur les bords du Rhin. Elles se rencontraient en France. Nous en voyons la preuve dans une Chronique du Puy , citée par M. de Barthélémy ^ t Au commencement du xii* siècle, il y avait au Puy, dit ce savant, des gentilshommes désignés sous la dénomination de monetarit, qui s'étaient construit dans la ville même des maisons fortifiées, où ils se retiraient après avoir molesté les habitants. L'évêque Pierre les dompta et rasa leurs forteresses *. »
Cette situation que nous constatons dès lexii* siècle, c'està-dire à l'époque où se rencontrent pour la première fois des données précises sur les monnayeurs — et avant' le développement, que reçut plus tard la vie municipale — cette situation s'est-elle faite dans le cours du Moyen-Age , ou se rattache-t-elle par une filiation directe à l'organisation politique des monétaires romains ? Voilà donc la question qui se pose devant nos lecteurs , et bien que nous penchions vers la seconde hypothèse , nous leur abandonnons le soin d'y répondre.
S'il^ ne voient dans les Husgenossen qu'une création du Moyen- Age, notre esquisse sera toujours à leurs yeux un chapitre intéressant, et en partie nouveau, pour l'histoire des institutions municipales. S'ils les reconnaissent comme les successeurs et les héritiers des monétaires romains , ils trouveront peut-être dans cette donnée la solution de divers problèmes économiques et numismatiques, que l'on a jusqu'ici vainement agités.