Druthmari expositio in Matthœum, Ch
naie et contre ceux qui l'émettaient *. Si les monnayeurs ne travaillaient que pour le compte du fisc, la réforme d'ALurélien ne les frappait qu'indirectement ; Félicissimus ne deveiit les entraîner qu'avec peine dans sa révolte. Si au contraire , ils monnayaient auSsi pour leur propre compte, ils se trouvaient atteints, comme lui, dans leurs intérêts et dans leur sécurité: sa cause était la leur.
Dans les siècles suivants les documents historiques , d'ailleurs si rares à cette époque , ne nous apprennent presque rien sur la condition des monnayeurs. Même l'histoire de S. Éloi , écrite par son ami S. Ouen , garde à cet égard une réserve très -regrettable. Notre saint est d'une naissance illustre. Il est mis en apprentissage chez un nommé Abboa, orfèvre distingué, qui dirigeait alors dans la ville de Limoges l'officine publique de la Monnaie fiscale. En peu de temps , le jeune apprenti se familiarise avec tous les secrets de cet art. Il passeensuite en France, où il obtient le patronage de Bobbon, trésorier du roi. Celui-ci le recommande à Clothaire pour la fabrication d'un trône d'or. Le talent et la probité qu'il déploya à cette occasion valurent à S. Éloi une faveur qui ne fit que s'accroître avec le temps. On le voit plus tard devenir un orfèvre parfeiit, faire pour le service du roi toute espèce d'objets en or et en pierres précieuses, décorer, tantôt à ses frais, tantôt aux frais du roi, les châsses et les tombeaux des Saints l
C'est comme orfèvre , que le biographe de S. Éloi , nous le représente sans cesse ^. Il nous permettrait même de croire, que S. Éloi n'a jamais monnayé. En eflFet de ce qu'il apprit sa