PROCÈS DE 1422 ET DE
plus recouvré la Monnaie. On y a aussi installé Claus Barpfenning, malgré Tavis des échevins. »
Ils demandent en conséquence, « que l'office de MUnt\mm^er soit rétabli dans ses droits utiles et honorifiques ; qu'on rende aux Husgénossen leurs anciennes franchises, leur juridiction, le change et leurs autres droits, comme d'ancienneté ; qu'on leur restitue les chartes relatives aux privilèges des Husgénossen, chartes que Thomas Lentzel leur a enlevées par violence; qu'on éloigne de la Monnaie Claus Barpfenning, qui y siège depuis longtemps ouvertement et par force* sans aucun droit , contrairement même à une sentence du sénat et des échevins. >
A ces griefs le magistrat répond, que Cuntz MuUer (?) accusé parles Husgénossen d'avoir enlevé leurs chartes est mort depuis longtemps, et qu'il n'en sait pas plus long sur ce point. Quant à la Monnaie , « il y a mis les siens, à cause de l'inégalité avec laquelle autrefois les Monnayeurs y pratiquaient \t cheLXïge {unglichs H^echsels mllen). »
Le traité de 1422, comme nous l'avons dit au Chapitre précédent . rendit à l'évèque l'investiture du Mûnt\meister , et statua que les chartes que l'une des parties avait pu enlever à l'autre, seraient restituées.
Mais le magistrat sut éluder l'exécution du traité.
Dans les débats qui se rouvrirent en 1428, l'évèque prétend. Procès € que depuis trente-cinq ans , la ville ne laisse jouir aucun ^e MUnt:{meister des droits qui lui appartiennent et qu'il tient de * * l'Evèché ; que de sa propre autorité, elle a mis à la Monnaie, pour y exercer le change, des hommes qui ne sont pas Husgénossen. D'après l'ancien droit , les Husgénossen seuls doivent frapper la monnaie. . . , le Mûntimeister seul a le pouvoir de juger les faux monnayeurs, les falsifications de matières d'or ou d'argent. . ; au Munt\meister revient le seigneuriage [sleg€schat\). » Or tous ces privilèges sont foulés aux pieds. L'évèque en terminant son réquisitoire , accuse le magistrat d'altérer gravement le titre des espèces et de détenir indûment les chartes des Husgénossen.
Le magistrat, dans sa réponse refuse de discuter ces incriminations, sous prétexte que la question des Husgénossen n'était point à l'ordre du jour. Il se borne à maintenir son droit sur ia monnaie et sa liberté d'en régler le titre, comme il l'entend.
144 CH. III. — s. I. — LES HUSGENOSSEN.
Cette attitude était fière et commode en même temps.
Le mémoire de Tévêque semble fixer vers 1393 (14^—35= 1393) , le moment où se seraient accomplis la dépossession des Husgenossen et Tenlèvement de leurs chartes. D'après les actes de 1422 , l'auteur de ce coup d'État , serait ou Thomas LfCntzel ou Cuntz Mûller. Les deux noms se rencontrent. Nous ne connaissons rien du premier. Le second était ammeister pendant la guerre de Strasbourg contre l'évêque Frédéric I (1392), et fut condamné à une détention perpétuelle en 1393 *. Ces ai vers renseignements s'accordent ainsi complètement sur l'époque où se fit l'abaissement des Husgenossen. Procès Leur ruine fut achevée en 1437. Nous allons raconter les DE 1437. divers incidents de ce drame, d'après le procès verbal dressé par le greffier même de Strasbourg. Son récit est naturellement partial et incomplet. Mais les pièces jointes au dossier nous aideront à le rectifier.
La ville avait chargé une commission de treize membres de rédiger une constitution nouvelle. Ceux-ci voulurent réformer les Husgenossen et les sommèrent de comparaître devant eux. Walter Spiegel , Jean Ellehart et Adam Bock se présentèrent, au nom de leurs confrères, apportèrent un projet de règlement sur la Monnaie et un parchemin sans sceau. « Ils n'avaient pas autre chose , ajoutaient-ils , parceque la ville leur avait enlevé leurs chartes. »
Les XIII firent donc une constitution que les Husgenossen devaient accepter. Alors Wolfhelm Bock et les autres Husgenossen, qui appartenaient au sénat et à la chambre des XXI. se levèrent en disant : « Nous sommes des gens d'honneur et avons toujours agi loyalement ; la ville de Strasbourg nous a dépouillés de hos chartes et de notre héritage paternel ; nous défendrons notre patrimoine, dussions nous y perdre toute la fortune que Dieu nous a départie. La ville a falsifié la monnaie; lorsque nous frappions les deniers, la monnaie était toujours bonne. » Ils ajoutaient encore beaucoup de paroles dures et coupables, dit notre rapporteur, qui portaient atteinte à l'honneur de Strasbourg.
Après cette séance orageuse, les Husgenossen s'adressèrent à l'évoque et en obtinrent une charte qu'ils déposèrent chez