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Code diplomatique de Strasbourg, p

CHARTE DES HUSGENOSSEN.

les chevaliers de Malthe, à Schlettstadt, « prouvant par cette précaution, qu'ils sentaient combien elle nous était préjudiciable. >

Voici la teneur de cette charte. Après avoir dit, dans un long préambule , que privés de leur lettre de franchise , les Husgenossen l'ont prié de leur renouveler les privilèges dont ils ont joui de toute antiquité , l'évèque Guillaume de Diest les confirme et les énumère en ces termes :

« La susdite Monnaie doit être franche , et quiconque y vient sera franc , corps et biens , et y sera à l'abri de toute poursuite, comme d'antiquité.

< Le tribunal de la Monnaie doit être maintenu dans ses droits, et rester comme d'ancienneté.

< Le Mtint\meister et les Husgenossen doivent avoir le droit de juger les fausses monnaies d'or et d'argent, de poursuivre les faussaires dans le diocèse et dans la ville de Strasbourg, et de les condamner régulièrement,s'ils paraissent coupables, comme d'ancienneté.

€ Personne ne doit exercer le Change à Strasbourg, sauf les Husgenossen, et cela à la Monnaie.

« Les Husgenossen de la Monnaie peuvent et doivent frapper les deniers, si cela leur convient, selon le titre qui aura été fixé.

« Le MUnt:[meister nommera un huter avec notre agrément, ou avec l'agrément de nos successeurs. Il choisira un homme qui lui paraîtra apte et propre à cet office. Le hiiter jurera par les Saints de garder de son mieux la monnaie qu'on frappe , en sorte qu'elle soit au titre marqué par les règlements, le tout sans fraude, comme d'ancienneté.

€ Il était aussi de droit traditionnel , que, si un père ne se faisait pas recevoir Husgenossen par le MUnt^meister et par les membres de la corporation, ses fils et leurs descendants perdaient pour toujours leur droit. Cependant, vu que par là beaucoup de familles ont été écartées de la Monnaie et dépouillées de leurs droits , et que la Monnaie elle-même en a souffert gravement, » cette règle sera désormais abolie. Pour devenir Husgenossen , il suffira de compter des monnayeurs parmi ses ancêtres.

La charte se termine par la promesse de protéger les Husgenossen, dans la défense de leurs privilèges (1" février 1437).

Charte

DES HUSGE- NOSSEN.

146 CH. III. — s. I. — LES HUSGENOSSEN.

De pareils droits, reprend notre rapporteur, seraient odieux aux négociants et aux étrangers, funestes à la juridiction de la ville. Les Husgenossen prétendent au droit exclusif de frapper les deniers ; mais il a été statué à Spire , que la ville aurait sa Monnaie aussi bien que Tévêque. Le huter dépend d'elle. Le MUnt:{meister n'a qu'un ofBce (ampt) et non un fief (lehen) ; sans cela ses fonctions seraient héréditaires. Par leurs règlements abusifs, les Husgenossen excluent une foule de familles honorables.

Et dire que ces articles ont été sollicités en secret et frauduleusement par Adam Bock, qui est stettmeister et Tun des III du Pfennigthurm ! Il a eu pour complices , Walther Spiegel , Ellehart , Wolffhelm Bock et Claus Lentzelin , qui, eux aussi, ont été et sont encore stettmeisters , membres de la chambre des XIII , de la chambre des XV, de la commission des III du Pfennigthurm ; qui ont souvent rempli des missions importantes et défendu au dehors les intérêts secrets de la ville , surtout Claus Lentzelin ! Maintenant ils se mettent contre nous et acceptent , pour protecteurs , TÉvêque et le Chapitre.

Malgré les précautions prises, le magistrat avait donc appris , non seulement l'existence de la charte épiscopale, mais encore la nature des plus importantes de ses clauses. Ce dernier point n'exigeait du reste que fort peu de perspicacité. Les adversaires des Husgenossen ne pouvaient ignorer quels étaient les droits, dont ceux-ci avaient été dépouillés, et qu'ils pouvaient réclamer.

Leur Le procès ne tarda pas à commencer. L'évêque intervint à

CONDAMNA- plusîeurs reprises, pour protester contre les arrêts du sénat TioN. en matière de monnaie, justifier la conduite des Husgenossen et les encourager dans leur résistance. Mais cette intervention ne pouvait que hâter leur condamnation.

Le mardi 20 août , fut décidée la punition de tous ceux qui n'étaient pas en état de jurer, qu'ils étaient étrangers à l'obtention de la charte. L'arrêt définitif fut rendu huit jours après. Adam Bock dut payer 100 il. d'amende et rester jusqu'à la fin de ses jours dans le quartier de la Krutenau. Jean Ellehart, son principal complice, fut condamné à 50 /?, et à dix ans d'internement au Marais vert et au faubourg de Pierre, « pour avoir mis en péril les droits de la commune et forfait

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