ENÈSB JOSEPH DEVANT PHARAON
XLl lui parut que nul n'était plus digne de recevoir le gouvernement de son royaume que cet aimable interprète des conseils du Tout-Puissant.
37-40 § 540. Pharaon revêtit donc Joseph de rautorité royale. Dans le palais jmêrae du monarque, tous, hors le roi, devraient lui obéir; le peuple le baiserait sur la bouche , c'est-à-dire Taimerait et l'adorerait ; Pharaon lui remit le cachet avec lequel il scellait ses commandements ; il le fit mener en triomphe sur son chariot, et tout le monde s'agenouilla devant Joseph. Enfin , le voilà heureux, dira quelqu'un. Ehl non; Joseph eût bien préféré qu'on le renvoyât auprès de son père et d'ïsaac , son respectable aïeul , mort depuis environ deux années , mais que Joseph pouvait croire encore vivant. Et puis son cher Benjamin et même ses méchants frères , qu'il n'avait cessé d'aimer , combien n'eût-il pas donné pour les revoir après treize ans de séparation! Ce fut donc une nouvelle épreuve de sa foi que ces honneurs qui le retenaient pour longtemps en Egypte.
§ 541 . Cependant , il avait trop de perspicacité pour ne pas prévoir , en partie du moins , ce qui allait arriver. S'il avait pu oublier les songes de sa jeunesse , lorsqu'il avait plu à Dieu de l'humilier, il s'en était sûrement ressouvenu à l'occasion des rêves de Téchanson el du panetier , surtout quand il expliquait ceux de Pharaon. Et maintenant qu'ils commencent à se réaliser par son élévation, il lui est aisé de comprendre que la disette lui amènera sa chère famille, car le pays de Canaan ne manquerait pas d'être , sous ce rapport , plus misérable encore que l'Egypte. Mais il fallait attendre sept années au moins , et pour tout autre que pour Joseph il y avait bien là de quoi perdre patience.
LES FRÈRES DK JOSEPH EN tftTPTB. GSHÊSl
1542. Du reste , notre ami ne manqua pas d'occupa- Xtf p» KoQS l'avons toujours vu se porter tout entier aux ^^^q rairsque lui imposait la situation où Dieu l'avait plcicé; Il fois il en fut de même. Pharaon avait changé son H hébreu contre un nom égyptien qui voulait dire moK DU MONDE. Par là il avait eu Tintention de faire lier à ses sujets Vorigine étrangère de leur gouverir, tout en leur annonçant les bienfaits dont ils lui éesA redevables. Puis Joseph se mit à parcourir jyple afin de préparer Texécution de ses grands îets. 11 avait trente ans lorsqu'il fut présenté à Pha- •. Il épousa la fille d'un des gouverneurs de l'Egypte , Mialh, fille de Potiphérah, et c'est ainsi qu'il s'unit joars plus étroitement au pays que Dieu lui faisait un voir d'envisager comme sa patrie adoptive.
nui. Premier voyage des frères de Joseph en Egypte.
\ 543. Ce fut donc avec le plus partait dévouement à 47-49 nouveaux devoirs , que Joseph prit les mesures nénires pour que l'Egypte pût traverser les sept années bmine dont Dieu la menaçait. .Outre la cinquième rtie des abondantes récoltes qui précédèrent la dite, il recueillit tout ce qui dépassait les besoins de la Kommatîon courante ; et, serrant en de nombreux sniers le superflu , il évita par là même que le peuple ^ prit des habitudes de prodigalité.
% 544. Joseph eut à cette époque une grande joie. 50-59 M lui donna successivement deux fils qu'il appela , llné Manassé et le cadet Ephraïm , noms par lesquels ' avait à cœur de consacrer sa reconnaissance , car
iEMÊSB LES FRÈRES DE JOSEPH EN ÉGTPTB
XLI le premier signifie oti6/t et le second fructifia/iU, 5^1^^ qu'alors , il ne s'éUiit vu entouré que d'étrangers; tenant il lui naît une famille et il voit sortir deux rameaux de Tarbre que l'Etemel avait pi Abraham. 11 apprit même plus tard qu'ils étaient tinés à former deux branches principales de cet illustre.
53 57 § 545. Les sept années d'abondance étant
plies , là disette arriva comme Dieu Tavait annonoA la bouche de Joseph. Celui-ci après avoir tenu un oeil temps ses greniers clos , pour que les Egyptiens s'îm sassent quelques privations et que ses approvisiod ments fussent moins vite épuisés, vendit du blé, É seulement aux sujets de Pharaon, mais encore! peuples du voisinage , qui n'avaient pas les mêmes l| sources que l'Egypte. ^1
XLII § 546. Jacob et sa famille ne tardèrent pasàselll 1,2 sentir du fléau. Isaac, ce pieux fils d'Abraham, | homme qui ne fut pas sans péché , mais dont les moà eurent de la pureté dans un temps où cette pureté n'él pas commune , ce patriarche dont la vie ne fut pasrtl quée par beaucoup d'événements , mais qui ne laissa^ d'être- fortement éprouvé dans sa foi et dans ses afl tiens , Isaac était mort que Joseph était encore en prii (§ 499) . Il avait vu plus qu'Abraham l'accomplisseineoÉ la promesse, car il laissait Jacob âgé de 120 ans, |ll d'une nombreuse famille, de fils , de filles et de pelf enfants , sans compter sans doute une foule de servit^ Tout ce monde souffrait de la faim depuis asseï M temps, et les fils de Jacob hésitaient à descendre! Egypte pour y chercher du pain , ce qu'avaient déjàl bien des Cananéens. Ce voyage en Egypte ne poui^ leur sourire. N'était-ce pas là que vingt et un ansaïf